Au Mundial des despotes

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Météo-junte :
Vent de suspicion: Ouyahia se retrouve sans portefeuille. Belkheir fortement suspecté. Prévisions pour l’été: pas d’eau, pas de pluie. Des émeutes, des émeutes.Baril à $ 23.86.

Le Onze Anti-National (OAN) est au pays de Nezzar-El-Djezzar, en Kouri exactement, pour disputer le Mundial des despotes. L’OAN est naturellement qualifiée. De bande d’assassins, de genocideurs, de corrompus, de tyrans, et l’on en passe des gentils euphémismes. Pour en arriver là, l’OAN a dû éliminer une partie du peuple algérien, sa richesse et toute lueur d’espoir…

Dés le coup d’envoi du match contre l’équipe du reste du monde (RM), Nezzar asséna un coup de poignard au malheureux Pinochet. L’arbitre arrêta la partie et infligea un carton jaune à Pinochet pour «manque de combativité». Il voulait même sortir le carton rouge, mais n’arrivait pas à le trouver. Le ralenti montrera plus tard que Belkheir le lui a discrètement subtilisé dans les vestiaires.

Après la reprise du jeu, Toufik, profitant du laxisme des supporters adverses, monta dans les gradins et élimina un millier d’individus grâce à ses légendaires « râteaux ». Le coup de sifflet de la mi-temps sauva le reste des spectateurs…

A la mi-temps, le score était de 1005 morts et des centaines de blessés en faveur de l’OAN. Smail, qui avait peur de « perdre la main » en Kouri, profita de l’intermède pour organiser à la hâte un faux barrage dans les couloirs menant aux vestiaires. Les 2 arbitres de touche en firent les frais…

A la reprise, les 6 survivants de l’équipe adverse – rebaptisée entre-temps « restes du reste du monde » (RRM)- se présentèrent sur le terrain, qui avec bandages, qui avec béquilles, qui sur une civière, et suppléèrent le capitaine de l’OAN, Lamari en l’occurrence, de reporter la partie à cause de….l’obscurité. « Pas question », répondit Lamari, « nous venons d’acquérir du matériel de vision nocturne, et nous comptons bien en faire bon usage…».

Pendant ces pourparlers fiévreux, Fodil Cherif répondait aux questions qu’il avait demandé aux journalistes de lui poser.

– Comment sont-ils tombés, général ? demanda Salima Tlembouchou.
– Eh ben, ils sont tombés comme des patates…répondit le général.
Au même moment, sur la touche, Gheziel reprenait des forces en dévorant un « petit amuse-gueule » de 3 gigots et un nombre indéterminé de poulets rôtis….les morts et blessés gisant à ses pieds ne firent qu’aiguiser son monstrueux appétit…

Au sifflet final, le RRM était totalement décimé. Toufik déclara que le lieu du match était passé du statut de stade à celui de prison pour terroristes endurcis, ce qui permit la détention légale de dizaines de milliers de supporters adverses qui ont survécu à la « partie ».

Lors de la cérémonie de clôture, Bouteflika remit à son chef l’harki Belkheir une coupe pleine de sang, et l’embrassa plusieurs centaines de fois. Aux membres de l’équipe perdante, il remit des médailles de consolation. A titre posthume.

26 juin 2002

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