Traité signé entre un âne et son maître.

Pinterest LinkedIn Tumblr +

Annoncé en grandes pompes, l’accord de paix entre les Emirats et l’Etat sioniste est une gigantesque fumisterie médiatique. Cet accord n’a qu’une valeur : permettre à Netanyahu et à D. Trump, en grande difficulté auprès de leur propre électorat, d’espérer rester au pouvoir. Alors que tout le monde sait qu’en réalité c’est pour consolider le crédit d’une démocratie représentative bourgeoise donnant aux peuples illuminés l’illusion qu’ils déterminent sur leur destin.  Démocrates comme Républicains, Travaillistes comme Conservateurs, c’est « bonnet-blanc/blanc-bonnet ». Eté comme hiver, c’est toujours l’hiver. Même avec l’hypothèse Bernie Sanders, proprement éliminé du jeu, pour éviter tout amalgame et tout risque.

L’Amérique ne va tout de même pas jouer réellement le jeu de la démocratie… Pour le reste, l’accord israélo-émirati pèse le poids du vide. Trump et son compère sioniste le savent bien eux qui ne croient qu’à la loi de la force. Ils ont trouvé des pieds nickelés en gandoura pour signer un papier formel qui n’a aucune valeur. Comment peut-il en avoir ? Un esclave consentant qui reconnaît au bas d’une page sa servilité et qui en est fier. Les tamtams médiatiques « embarqués » ont fêté l’événement pour les ignares qui consomment les « nouvelles » entre deux McDo !

Il en a d’autant moins de valeur que beaucoup de dirigeants arabes (ou pas peu importe) ont des liens (de dépendance et de subordination) très étroits à l’égard des Etats-Unis et d’Israël (certains, via une France domestiquée qui joue les missi dominici) : le Maroc, l’Arabie Saoudite, la Tunisie… et même chez nous des agités du bocal qui se bercent d’une infantile berbérité indépendante…

Un jour une « ami très haut placé », « pragmatique » à la mode des carpettes diplômées, m’explique combien ma position n’était pas tenable, « loin des réalités » : « Même les Palestiniens ont reconnu Israël » me disait-il. « Pourquoi être plus royaliste que le roi ? » « Cela nous ouvrirait beaucoup de portes et aiderait à notre développement, nous qui avons un fort potentiel humain et des ressources naturelles sous-exploitées »…Vous connaissez ces arguments de lombrics, bardés de rationalité factice, qui s’étalent sur tous les sites et vous noient de leurs messages qui promettent beaucoup et tiennent peu, le tout pour un seul but : nous dessaisir de fait des leviers de commande de notre destin. Les lombrics israélo-marocaines, ou plus généralement franco-israélo-arabes se contentent de rencontres discrètes, de « collaborations » subreptices entre chiens et loups… les passeports multi-usages permutent dans l’espace, en vol au-dessus de la Méditerranée ou de l’Atlantique. Et pourtant ces gouvernants arabes ne franchissent pas le seuil de l’ignominie. Pourquoi ?

Parce que leurs peuples ne consentent pas à la subordination. Ces dirigeants sont des pantins en équilibre instable et se maintiennent comme ils peuvent à coups d’ajustement au coup par coup : tantôt une petite carotte, tantôt un petit coup de baston. Juste ce qu’il faut pour ne basculer ni d’un côté, ni de l’autre, tout en administrant honteusement dans l’ombre leur reddition. Honteusement ? Tous les jours les Charlie Hebdo se paient leur tête (serviettes de table comprises qui couvrent leurs cervelles d’oiseau). Les humoristes de service, les historiens à la Zemmour ridiculisent leur foi, leur culture, leur histoire, leur sens de la distinction et de l’urbanité… même les peuples et les « intellectuels » arabes (ou pas, ou peu, aucune importance) prennent le relais et s’étalent en toute « liberté » sur tous les écrans et plateaux : une autoflagellation de masochistes patentés. N’ai-je pas rappelé à plusieurs reprises que ce sont toujours les esclaves qui font les maîtres. Jamais l’inverse !

Vous voulez des noms de ces descendants de Salman Rushdie ? Le service le plus grand que des imbéciles puissent leur rendre serait de les menacer. Soyons charitable, ignorons-les. Tant qu’il s’agit d’une poignée d’Emiratis gâtés, hydro-carburo-dépendants, ça marche. Ça ne marche pas quand il s’agit de dizaines de millions d’habitants pour lesquels il n’y a pas assez de cacahuètes pour leur faire avaler les couleuvres que viennent d’ingurgiter les milliers de parasites émiratis qui profitent des royalties que leur refilent les transnationales du pétrole et de la multitude de domestiques venus de l’Océan indien (Seychelles, Pakistan, Sri Lanka, Maldives…) exploités comme au Moyen Âge.

A l’horizon, c’est en Egypte que se jouera l’essentiel du sort de cette caserne éphémère que l’Occident a placé là pour contrôler tout à la fois une ressource énergétique cardinale pour les industries du monde, les routes commerciales majeures pour irriguer les économies asiatiques et européennes et pour soumettre les Etats indociles qui refusent de capituler. La centaine de millions d’Egyptiens ne restera pas longtemps sous la botte d’une caste militaire hors sol sous commandement étranger. Un jour ou l’autre le pacte scellé par Sadate volera en éclats. Et le petit roitelet de Jordanie – s’il ne subir pas le sort du grand père dont il porte le nom- sera obligé de retourner de là où il vient, un petit baise-en-ville sous le bras emportant les souvenirs qui lui restent de sa maman.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

Tout cela aura une fin. 

Celle du pétrole approche (à la fois parce qu’il y en aura de moins en moins mais aussi grâce aux énergies alternatives et aux nouveaux matériaux). Les routes commerciales sont détournées et échappent de plus en plus aux Vème et VIème flottes qui encadrent la région (Nouvelles routes de la soie et arctique…). Et toutes les tentatives pour réduire la liberté et la résistance des peuples de la région ont échoué : en Afghanistan, en Irak, en Syrie, au Yémen… Ailleurs, ce n’est pas mieux. Maduro est toujours là, comme Cuba, la Russie ou la Chine.

Rien n’y fait. La manipulation des monnaies et des flux financiers cachent mal les déficits et les endettements abyssaux pour financer une machine militaire ruineuse qui n’arrive pas à compenser par sa créativité les coûts gigantesques qui enrichissent des milliardaires par centaines qui ne savent plus quoi faire de leurs sous. Le Japon et l’Allemagne ne cèdent pas un pouce de leurs ressources. L’exploitation des avantages issus de la dernière guerre ne marche plus. C’est fini « l’industrie de la culpabilité ». La France voit bien que le « couple » franco-allemand est un mythe usé jusqu’à la corde.

Bientôt nos voisins gaulois découvriront à quel point le roi est nu…

Les « victoires formelles » israélo-américaines reposent sur du vide.

Les Emirats se sont déculottés il y a longtemps.

La médiatisation de cet événement montre à quel point les rapaces n’ont plus grand’ chose à se mettre sous la dent.

Bien sûr, ces crapules peuvent toujours essayer d’exterminer le peuple palestinien…

Djeha, S. 15 août 2020

Share.

About Author

Avatar

Comments are closed.