Révolution algérienne. Quand la petite politique ruse avec l’histoire

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« L’histoire de la guerre d’Algérie » est devenue un sujet pressant et important pour le pouvoir en France.

C’est en France qu’il a émergé comme une question opportune et d’en traiter avec diligence.

Les Algériens ne sont pas demandeurs.

Ne vous ai-je pas recommandé mes chers compatriotes de ne pas nous en mêler ?

Laissons donc nos voisins s’empêtrer dans leurs histoires et surtout que le gouvernement algérien ne s’immisce pas dans ce piège où la symétrie, aussi bien à propos de faits historiques, des « monstruosités à reconnaître mutuellement » (les uns effaçant les autres) que de la relation des faits historiques, est un énorme attrape-nigaud, un piège à c…

Certains font mine d’attendre la réplique algérienne. La rédaction d’un rapport « symétrique » de notre part pour faire écho à celui de notre « ami » Stora.

Il est absolument indispensable que le chef de ce qui nous tient lieu de gouvernement se tienne à distance d’une telle escroquerie intellectuelle qui fait injure à ceux qui sont morts pour qu’on use de la liberté qui nous a été confiée.

La France tient à ce que cette histoire soit écrite pour la contrôler, pour la réécrire, pour gommer ce qu’elle peut des abominations commises par son armée et ses coloniaux et évidemment pas de 1954 à 1962, mais depuis 1830.

L’Algérie à d’autres chats à fouetter. D’autres problèmes à résoudre, un autre avenir à offrir à une jeunesse oubliée et trahie.

Naturellement l’écriture de l’histoire est un combat et il a commencé dès 1962 et s’est encore enflammé après 1990.

Elle est devenue un instrument politique pour arriver et occuper par effraction le pouvoir.

De l’histoire écrite par des fonctionnaires aux ordres à l’histoire rédigée par des bricoleurs en mal de maroquins, nous n’avons pas manqué de professionnels de l’entourloupe.

Ce ne seront ni ceux-ci, ni ceux-là et encore moins un pouvoir politique en perdition à Lutèce qui s’occupera de la relation de ce qui nous permis d’advenir.

N’inversons l’ordre des priorités. Seule la mise en place d’un ordre politique dans lequel le peuple algérien se reconnaîtra créera les conditions, l’environnement à même de permettre à nos historiens de travailler sereinement, d’organiser des débats contradictoires utiles à l’intelligibilité des faits historiques. Il y a des historiens français, européens, américains, africains ou proche-orientaux qui pourraient accompagner l’Algérie dans cette entreprise.

C’est le peuple algérien, démocratiquement représenté qui décidera quand, comment, par qui et dans quelles conditions l’histoire algérienne devra être débattue. Au reste, si on laisse de côté les falsificateurs que je pointais du doigt plus haut, cette entreprise a déjà commencé dans les universités et via toutes sortes de publications avec des auteurs sérieux et académiquement référencés.

«L’avenir, on peut encore imaginer ce qu’il peut être, mais le passé est totalement imprévisible

Jean-Paul Sartre.

Djeha, dimanche 31 janvier 2021.

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