La campagne 2019 de Bouteflika, comme si vous y étiez

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Jusque dans la années 1990, on avait la dictature pure et dure, tempérée cependant par des coups d’état ou des assassinats. Ce n’était pas le meilleur des régimes, soit, mais les peuples avaient le luxe d’assister à des changements à la tête de l’état, comme en Suède, en Suisse ou en Norvège. On pouvait prétendre donc à une certaine “alternance sanglante”. Depuis l’avènement de la « démocratie », nous avons désormais des “élections” qui condamnent les peuples à de longues peines incompressibles : Benali 24 ans, El-Bachir 30 ans, Moubarak 30 ans, Saleh 30 ans,  et maintenant Bouteflika 20 ans et plus si affinités.

Ouyahia vient d’annoncer l’heureuse nouvelle que les millions de jeunes attendent comme le visa: «Bouteflika se présentera et ne va pas faire campagne». Imaginons que Bouteflika se représente et faisons-lui une campagne virtuelle d’une semaine:

Journée 1 : Bouteflika se rend à la Zaouia de Sidi Khelil Essonatraki. Ce dernier l’enlace chaleureusement et lui glisse la main dans la poche prétendument pour y mettre un « hirz » contre le mauvais œil et les envieux. Il en profite pour le soulager de son portefeuille, mais tout en douceur et sans laisser de trace.

Journée 2 : Bouteflika est l’invité de Tliba à Annaba. Tliba fait monter le président et son fauteuil sur le porte-char qui lui sert de véhicule de service, et les deux parcourent les rues de Annaba dans une liesse indescriptible. Le président bouge péniblement sa main pour couper court aux rumeurs sur sa paralysie,  tandis que Tliba gratifie le président d’une dance du ventre qui, à plusieurs reprises, faillit faire basculer le porte-char…

Journée 3 : Bouteflika est à Tlemcen à l’invitation de Ould Abbas, le dernier survivant des « Six » qui déclenchèrent la révolution. Ould Abbas, qui a étudié avec Merkel l’électrodynamique quantique et la cosmologie, a dû interrompre ses recherches pour venir accueillir son président.  Il lui fit visiter les sommets des Aurès de Tlemcen, là où justement il prit de revers les bataillions de Bigeard. Le président s’étonna quand même que les Aurès se trouvent à Tlemcen, mais Ould Abbas changea brusquement de sujet et aborda son compagnonnage avec Mousaylima al-Kadhab…

Journée 4 : Bouteflika est l’invité de Ouyahia dans les montagnes de Tizi Ouzou. Ouyahia poussa le fauteuil de son président pendant des kilomètres pour atteindre le plus haut village d’Algérie. De part et d’autre de la route une foule en délire scanda « Ulac l’vote Ulac, Bouteflika Atika ». Bouteflika demanda une traduction fidèle de ce slogan, et Ouyahia répondit: ils veulent dire : « Pourquoi le vote ? Nous sommes tous avec notre président».  Comme les slogans furent de plus en plus agressifs, Ouyahia changea aussi brusquement de sujet et aborda ses années d’études sous la direction de Mousaylima al-Kadhab…

Journée 5 : Bouteflika est l’invité d’honneur de Amar Ghoul à Ain Defla. Fatigué,  il fit une apparition par Skype et fut ovationné  à tout rompre par tout ce que Ain Defla compte comme abrutigentia, à savoir Amar Ghoul, son ami du lycée, et l’ami d’enfance de ce dernier…

Bon, vous comprenez maintenant pourquoi Bouteflika se représentera, mais ne fera certainement pas campagne…

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