Bouteflika répond aux 19

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Allô, c’est le 19 ? Les dérangements ? Franchement, avouez que vous êtes des dérangés. Une lettre signée par 19 personnes, 19 et pas un de plus. Men entoum !? Qui vous a mandatés ? Parmi les signataires, on trouve des retraités, des dentistes, des anciens ministres, et puis quoi encore ? On dirait un vide-grenier automnal. Questions : ai-je jamais répondu favorablement aux lettres ouvertes ? Non. Suis-je sensible aux malheurs d’anciens ministres souffrant d’oisiveté aigue? Non.  Fis-je jamais grand cas des tourments d’êtres autres que ceux de ma propre famille? Non. Je ne peux donc qu’être dégouté devant tant de futilité de votre part…

Vous avez donc  « peur pour l’Algérie » !? Ya wakhdi  ya wakhdi ! Et vous voulez me voir ? Pas moi tiens ! Aucune envie même. Au cas où vous pensiez à ma santé, sachez que je vais bien, merci. Je gouverne avec la tête, mais de temps en temps avec le pied aussi, Khalida et Benyounes peuvent confirmer.

Vous dites qui vous voulez vous assurer que je suis au courant des décisions sensibles qui se prennent dans notre royaume. Mais où sommes-nous ? Imaginez-vous 19 citoyens Suédois demander à leur premier ministre de venir contrôler s’il gouverne vraiment ? Je confirme que c’est bien moi qui ai ordonné à ma cuisinière de sœur de ne pas mettre trop de h’rissa dans ma h’rira. C’est également moi qui ai demandé à Toufik de rester jusqu’au terme de mon septennat et il a accepté. C’est toujours moi qui ai demandé à l’ambassadeur de l’URSS d’informer le camarade Brejnev que je l’invite pour une visite d’état…Voilà, êtes-vous rassurés maintenant ?

Pourquoi veux-tu me revoir Khalida ? Tu veux savoir si mon cerveau est bien en place ? Tu sais, il y a seize ans tu m’avais dit que tu avais lu pas moins de trois livres dans ta vie : un Pif, un Félix le Chat, et un Popeye. En raison de ce CV fulgurant, je t’avais confié le ministère de la Culture. Si j’ai bonne mémoire, tu avais trouvé ta nomination amplement méritée. Si je suis cinglé aujourd’hui, je l’étais tout autant à l’époque. Et l’inverse est vrai. Choisis donc l’hypothèse qui te convient et tu verras que tu as tout intérêt à te faire oublier des algériens…

Et toi Louisa, qu’est-ce qui te prend ? Je t’ai donné du fric anti-trotskyste, des limousines impérialistes, les 1% de charité démocratique lors de  l’élection présidentielle, que veux-tu de plus ? Mon jet présidentiel ? Mon fauteuil roulant? Alors écrase et ne mord pas la main qui te donne à bouffer…

Vous concluez votre lettre pathétique en parlant de « partager un patriotisme désintéressé ». Vous mentez effrontément, car je n’ai jamais dit que j’étais patriote. Mais mensonge contre mensonge, je conclus en vous invitant à venir à mon palais dès que vous le voulez. Je suis disponible. Juste une précision cependant : je n’ai pas ordonné aux gardes de ne pas vous tabasser avec leurs lourds gourdins antisubversifs…

Mounir Sahraoui
9 novembre 2015

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