Au conseil des ministres annuel, comme si vous y étiez

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En attendant l’arrivée de la brouette présidentielle, les nouveaux ministres étaient tout absorbés dans de profondes cogitations logistiques. Pour les néophytes, le mystère était en effet total : comment le général Gaïd Salah a-t-il  bien pu pénétrer dans la salle du Conseil alors que son corps est au moins trois fois plus large que la porte d’entrée ? Même en essayant de passer de profil serait vain à cause d’un ventre classé hors catégorie. Hélas, pas le temps de trouver une explication rationnelle au mystère, car la brouette présidentielle arrive. Allez, tout le monde debout pour saluer l’assis !

Bouteflika : ……

Sellal: Le micro ne marche pas, je répète ce que le président vient de dire : « le silence est d’or »…

Bouteflika : ……

Sellal : Général Gaïd, le président te dis que ça l’arrangerait vachement si tu t’arrêtais de bouffer quand il parle…

Gaïd: Je ne bouffais pas, je ne faisais que ruminer le repas d’hier soir. Deux méchouis bien gras, on a beau faire, mais ça remonte forcément…

Bouteflika : ……

Sellal: Oui monsieur le président, il y a un nouveau modèle de brouette présidentielle, on va tâcher de vous l’acheter.

Bouteflika : ……

Sellal : Non monsieur le président, ses pneus sont increvables…

Bouteflika : ……

Sellal: Quel humour monsieur le président ! Mesdames et  Messieurs les ministres, le président vous demande de venir la prochaine fois en brouette ministérielle, car c’est plus respectueux de l’environnement, hi hi ha hi… sauf le Général Gaïd qui est autorisé à venir comme d’habitude, sur son porte-char, hi hi ha ha…

Bouteflika : Menteur, ce n’est pas ce que j’ai dit !

Sellal: ma parole, mais il parle !?

Bouteflika : ……

Général Gaïd : OK, monsieur le président, c’est moi qui vais désormais amplifier votre parole présidentielle. Le président dit qu’il est midi, qu’il a faim, et qu’il a vu mon ventre se dégonfler dangereusement, mettant en péril la sécurité nationale et le sort des générations futures, allez, au resto…

Bouteflika (laborieusement) : Gaïd, tu ne mens jamais toi, mais ce n’est pas ce que j’ai dit… tu as dû mal entendre…

Général Gaïd : exactement monsieur le président, ventre affamé n’a point d’oreilles…

Bouteflika : ……

Saïd Boutef, intervenant in-extremis : Mon frère parle en latin, langue succincte, pour faire le moins d’effort. Il vous dit : « bandus d’abrutismus » c-a-d- « vous faites un excellent travail » et « digagius yan3al..» c-a-d « vous pouvez prendre congé de moi »…

Bouteflika (une fois seul avec Saïd) : t’fouuuuu…

Saïd Boutef : Sidi h’bibi, ce grand t’fou présidentiel était-il destiné aux ministres ou bien à moi ?

Bouteflika (s’appliquant péniblement): Aux ministres et… à toi… tu prends 10% de tout, comme d’hab…

Mounir Sahraoui
26 mai 2015

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