De l’utilité des chasse-neige à In Salah

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Mettez-vous à la place du pouvoir algérien. Il est devant une rébellion subversive dans Sud. Une rébellion fomentée par la main de l’étranger comme l’a justement souligné un communiqué commun de Charlouisa Boloun, Haliburton et Total. Et devant une rébellion, il n’y a que trois façons d’agir : Un : on coupe l’Algérie en deux et on abandonne le Sud à une entité renégate qui laissera survoler son territoire “sans conditions” par des avions de guerre français. Inimaginable, hein ? Deux : on envoie la gendarmerie avec des chasse-neige ; Trois : on envoie les brigades anti-émeutes avec une quantité nécessaire et suffisante de balles réelles. Souvenons-nous qu’il est interdit d’utiliser des balles en caoutchouc en Algérie, car elles sont très chères et pas assez fiables comme le confirme volontiers Nezzar El-Djezzar.

Il va de soi que l’on peut critiquer l’envoi de chasse-neige dans le fin fond du désert, à ses risques et périls bien sûr, mais il faut reconnaitre la bonne foi des dirigeants. Jugez vous-mêmes : D’après le manuel d’utilisation conçu spécialement pour les stratèges de l’Abrutistan algérois, les chasse-neige sont équipés pour servir dans les régions où il neige en abondance. Or, Bouteflika et ses services de sécurité ont pensé en toute bonne foi qu’il allait très probablement neiger cette année à In Salah, vu les dérèglements politico-climatiques dans la monde. C’est ainsi que tous les chasse-neige du pays se sont retrouvés là-bas plutôt qu’à Médéa ou dans le Djurdjura.

Cependant, contrairement aux attentes, il n’a pas neigé cet hiver à In Salah. Vous avez donc une rébellion féroce et des chasse-neige à portée de main. Que faites-vous si vous êtes un dirigeant d’un état de droit ? Renvoyer les chasse-neige dans le Nord pour dégager les innombrables villages cernés par la neige, ou bien utiliser les chasse-neige pour dégager les rebelles de In Salah de leur forteresse place Soumoud ? A dilemme cornélien, réponse Nezzarienne : on ferme les yeux, et on ordonne d’utiliser ce que l’on a sous la main pour mater les rebelles…

Bilan provisoire de l’opération : des milliers de rebelles chassés au chasse-neige, des blessés par balles réelles, et une grandiose démonstration de fermeté des maitres du pays. Le problème est pratiquement réglé, et nos diplomates ont maintenant le temps et l’aura nécessaires pour aller imposer la paix entre belligérants dans le monde, d’abord au Mali et en Lybie, et ensuite en Irak et en Syrie. Tout cela n’aurait pas été possible sans ces chasse-neige… répétez : sans-ces-chasse-neige…

Mounir Sahraoui
7 mars 2015

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