Chute du prix du baril : les remèdes du pouvoir

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Ces derniers temps, le prix du baril a chuté brutalement un peu partout sauf en Algérie. En effet, l’Algérie est miraculeusement insensible aux fluctuations du marché mondial car ses dirigeants ont pris des mesures sans précédents pour la protéger. Voici ce qu’ils proposent :

Boutef : Je vends le baril à 60 $ en haute mer. Je vais au Square Port Saïd, en fauteuil roulant s’il le faut, et vends les 60 $ à 8000 DA. Je vais ensuite à la BNA, je vends mes 8000 DA au taux officiel pour 100 $. C’est cela une politique prévoyante…

Sellal : Je vends le baril à 60 $ aux Tunisiens. Je me déguise en tenue de fakakir et descends au Square Port Saïd. Ayant pitié de moi, les cambistes me donnent 10000 DA pour mes 60 dollars. Je remets mon costume, et vais à la BNA, où je vends mes 10000 DA pour 120 $. Grâce au stratagème imparable de Boutef, le prix du baril a même un peu augmenté…

Toufik : Je vends le baril à 60 $ aux généraux égyptiens. J’envoie Tartag au Square Port Saïd, il tue tous les cambistes sauf un. Ce dernier, très reconnaissant, achète les 60 $ contre 20000 DA. Tartag va ensuite à la BNA, et vend mes 20000 DA pour 240 $. Comme vous le voyez, le prix du baril a même triplé ces derniers jours…

Gaïd-Salah : Je vends le baril à 120 $ aux Russes, contre facture pro-forma. L’argent est directement utilisé pour acheter de l’air comprimé russe pour faire fonctionner, avec un peu de chance, les avions Sukhoi de notre armée de « l’air »…
 
Ghoul : Je ne vais ni au Square ni à la BNA. Je me rends directement chez mes amis autoroutiers chinois. Je leur vends officieusement deux barils à 120 $. Les Chinois, adeptes de l’humour noir, m’envoient une facture « Taiwan » pour 1 baril. Devant le trésor public algérien, j’ai officiellement vendu un baril pour 120 dollars… ça s’apparente à un auto-Ghoul, mais c’est permis pour garder le moral des troupes…

Chakib : Je vends le baril à 60 $ aux Italiens, lesquels me le revendent le lendemain pour 120 $. N’ayant que faire de cette masse toxique et salissante, je le leur revends le surlendemain à 300 dollars. Je fais le circuit Square/BNA, et voilà le baril vendu à 480 $. Je donne 350 $ aux Italiens qui font un bénéfice gratos de 50 $, je remets 100 $ au trésor algérien qui est aux anges, et je vire 30 $ aux US pour mes vieux jours. Les Italiens me renvoient le baril, et on repart de plus belle…

Mounir Sahraoui
27 décembre 2014

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