Point de vue sur la “crise des caricatures”

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Il est évident que le journal danois Jyllands Post n’a pas publié les caricatures du Prophète poussé tout juste par un irrépressible besoin de vitaliser la liberté d’expression, qui, c’est vrai en a réellement besoin vu cette extraordinaire homogénéité de discours et de pensée des médias auto baptisés occidentaux ! Ce journal danois a bien servi de base à une opération pensée, construite, s’inscrivant dans le cadre d’une provocation visant à pousser les masses musulmanes à l’irréversible. Recourant à une vieille ficelle de l’art « provocatoire » – « je lui crache dessus et s’il se met à hurler et m’injurier, je hurle au fou ! » c’est bien sûr du côté de la popularité grandissante du Hamas en tant que force de résistance inébranlable à l’occupation israélienne qu’il faut chercher les raisons de la manipulation. La preuve : comme toute grande opération de propagande, l’affaire a mobilisé tous les grandes stars de la désinformation médiatique que sont par exemple en France les Vincent Hervouët (LCI), l’inusable Guillaume Durand (I télé), ou le patibulaire Yves Calvi et son inévitable et quasimodesque Sfeir, lesquelles stars dans une belle unanimité ont vu la main de la Syrie, de l’Iran et de l’Arabie saoudite, taisant le fait que les manifestations les plus violentes contre les caricatures ont touché aussi le Pakistan, l’Irak, où le pouvoir est à franchement la solde des Américains , la Jordanie où règne un roi tout ce qu’il y a de plus fidèle allié des « occidentaux », l’Afrique du Sud où l’on ne peut soupçonner décemment les gouvernements de sentiment antioccidentaux. On peut aussi relever leur approche tendancieuse du rôle des associations musulmanes danoises dans l’embrasement, faisant comme si ces associations ne pouvaient en aucun cas être manipulées par les mêmes milieux qui ont monté cette sordide affaire.

Tout homme averti sait aujourd’hui que l’information n’est plus dans le discours des stars du journalisme mais qu’elle est à chercher dans le non-dit de leur discours et dans leur talent à transformer en évidence un fait qui ne l’est pas du tout. C’est le savoir-faire pour lequel ils sont payés et honorés. Haro sur les associations islamiques danoises, haro dur la Syrie, haro sur l’Iran, haro sur le Hamas qui, malheureusement pour les commanditaires de l’opération n’est pas tombé dans le piège. Ainsi, provocation + provocation = effet boomerang !

Cependant, en décryptant bien le message, il faut bien se dire que les commanditaires de l’opération des caricatures ne s’arrêteront pas en si bon chemin et tant que la Syrie, l’Iran et l’Arabie Saoudite ne subiront pas le même sort que l’Irak – oh ! Confort d’Israël ! – des agissements pareils continueront sous plusieurs formes.

Attiser la haine contre les musulmans, coupables d’avoir au coeur Jérusalem, n’est pas nouveau. Il y a quelques temps Le Monde lui-même, quotidien honorable et averti publiait un opinion titrée « Je hais l'islam, entre autres », d’un certain Patrick Leclerck, un véritable appel au meurtre ! Encore une fois, l’article est passé inaperçu mais la direction du quotidien français a tout fait pour étouffer l’affaire. (l’article de Patrick Leclerck et la réponse de Hassen Bouabdellah sont accessibles en ligne : http://institut.hoggar.org/modules.php?name=News&file=article&sid=140).

L’Islam s’est substitué au communisme dans les impératifs idéologiques de se donner une bête noire qui serve de repoussoir au grand capitalisme, certes, mais l’explication serait incomplète si on n’ajoute pas que cet impératif se confond ici avec le principal enjeu politique d’Israël qui est de garder les territoires palestiniens annexés en 1967 et d’entériner définitivement Jérusalem comme capitale de l’Etat hébreu. Ce qui en d’autres termes veut dire obtenir une nouvelle résolution de l’ONU, annulant celle qui condamne l’occupation et entérinant ces deux objectifs considérés comme vitaux pour Israël. Bien sûr cela au nom de la paix et de la sécurité de tous.

En quoi l’Islam contrarie la vision israélienne ? L’Islam en tant que civilisation morte dont il ne reste que des vestiges ne constitue nullement un danger pour les stratèges israéliens. Un Islam détaché du réel et complètement apolitique ferait plutôt leur affaire et c’est pour cette raison même que le HAMAS, à l’origine mouvement avant tout religieux, fut encouragé par Israël afin de l’opposer à l’OLP alors leader incontesté de la cause politique palestinienne.

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