« Avec la Palestine du berceau au tombeau ! »

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La question de la terre Sainte entre passé et présent :

Le lieu où se produisit le voyage nocturne du prophète Mohammad (SAWS), et le point de départ de son ascension céleste (Mi’ Raj)

Mohamed Mustapha HABES, Genève (Suisse)

Pour Gaza, rétrospective et crimes de guerre

Aujourd’hui la Palestine saigne et Al-Quds appelle au secours, l’enclave palestinienne de Gaza qui compte près de 2 millions d’habitants (dont 80% de réfugiés) voit sa population vivre une situation terrible au niveau socioéconomique. On dit que Gaza est la plus grande prison à ciel ouvert. Le tissu sanitaire, social et économique se détériore irrémédiablement. Par exemple, seuls 10% des foyers sont accordés au réseau de distribution d’eau potable et 3% de l’eau disponible est potable. 69% des ménages souffrent d’insécurité alimentaire et le taux de chômage est de 47%. Les coupures d’électricité sont fréquentes et il n’y a environ que 4 heures d’électricité par jour. Le journaliste israélien Gideon Levy affirme qu’Israël expérimente sur des êtres humains des situations de stress et de privations en provoquant notamment des coupures d’électricité à n’importe quel moment.

Depuis le retrait unilatéral décidé par Ariel Sharon de la bande de Gaza, la situation ne s’est pas améliorée. D’une part à cause de l’embargo israélien imposé depuis 2007 et d’autre part à cause des nombreux raids de l’armée israélienne. Ainsi, depuis 2008 plus de 4 interventions militaires majeures ont causé d’importants dommages dans cette enclave palestinienne ainsi que de nombreuses victimes. 

Les dernières violences qui ont éclaté le 10 mai suite à des heurts à Jérusalem. Très vite, la contestation s’est ensuite propagée en Cisjordanie, à Gaza où le Hamas a procédé à des tirs de roquettes en solidarité avec les manifestants palestiniens et dans les villes. Le bilan de cette intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza est de 219 mort dont 63 enfants (12 du côté israélien) et 1440 ont été blessés. Ce décompte macabre démontre que le conflit est très asymétrique et que le bilan est digne des guerres coloniales qui opposent un peuple à une armée de type occidentale fortement mécanisée et équipée. On observe aussi qu’il y a toujours plus de victimes civiles chez les Palestiniens que chez les Israéliens.

 La question de la Terre Sainte entre passé et présent 

Sous ce titre « Le lieu où se produisit le voyage nocturne du prophète Mohammad (SAWS), et le point de départ de son ascension céleste (Mi’ Raj) : la question de la terre Sainte entre passé et présent » a été écrit cet article, par la rédaction de l’éminente revue : Al-Muslimoon. C’est probablement l’un de nos illustres Cheikhs comme le Cheikh Mahmoud Bouzouzou, le cheikh Saïd Ramadan, qui ont l’ont rédigé dans le 1er numéro, du mois de juin 1964 de cette revue diffusée par le Centre Islamique de Genève. N’oublions pas que cette revue est ancienne et se caractérise par une mobilité constante. Elle est selon un de nos Chouyoukhs « une revue voyageuse » car à chaque fois qu’elle rencontre des difficultés dans tel ou tel endroit, elle apparaît dans un autre coin de la vaste terre d’Allah.

Rappelons que la revue Al-Muslimoon vit le jour en novembre 1951, à Menil Arrawda au Caire, et continuât ainsi pendant 3 années consécutives. Puis elle a changé de lieu, pour être éditée à Damas durant 3 autres années, et se trouver enfin à Genève en terre helvétique, et ce jusqu’aux années 1970. 

Suite aux évènements récents d’Al-Quds, me voilà consultant son archive pour trouver maints articles sur la PALESTINE, que les anciens érudits ont légué pour la présente génération. C’est alors que j’y ai puisé dans ce que la jeunesse musulmane palestinienne a envoyé à la rédaction de la revue en question, en expliquant la vraie nature du complot ourdi par les sionistes et leurs sbires, son histoire, ses visées proches et lointaines. Car la question de la Palestine et d’Al-Quds représente pour les Musulmans du monde une question profondément enracinée au cœur de leur credo et leur foi et jouissant d’un lien très solide avec leur religion, à un point qu’il devient d’une difficulté énorme pour leurs ennemis de les éloigner de leurs croyances malgré leurs grands efforts de sape.

Ces derniers, n’ont jamais pu dissuader les musulmans d’œuvrer pour l’affranchissement de la Terre Sainte de l’emprise des sionistes car la terre de Palestine est une terre bénie d’Allah et Al-Quds est un lieu saint et purifié. C’est la seconde grande mosquée pour l’adoration du Dieu Unique, après la grande mosquée de la Mecque. Les prophètes se sont succédé pour appeler à l’adoration et l’unification d’Allah.

Al-Quds Terre Sainte des prophètes, du Voyage nocturne et de l’ascension céleste :

Dans la Terre Sainte de Palestine, sont enterrés les élus d’Allah (les prophètes). C’est là-bas aussi que fut bâti le Royaume des prophètes Dâwûd (David) et Sulaymân (Salomon), qui ont mis en pratique la loi révélée par Dieu tout-puissant. Nul ne peut prétendre qu’il en est leur héritier s’il ne suit pas leur voie et leur éthique ainsi que leur adoration pour le Dieu Unique.

C’est surtout le lieu du « Voyage nocturne » (Isrâ’) du prophète (SAWAS), et son ascension céleste où il a reçu le l’obligation de la prière, que les musulmans accomplissent cinq fois par jour.

C’est pour cela que la Terre Sainte, et surtout Al-Quds, est toujours présente dans la mémoire collective des croyants, malgré un travail énorme de sape et de falsification des vérités, tout comme les agissements des hypocrites de tous bords qui travaillent en vue de normaliser les relations israélo-arabes et banaliser l’occupation sioniste, et les pseudo-Oulémas de façade dans le Golfe qui justifient les crimes sionistes.

Chaque fois qu’une génération se trouve dans l’incapacité d’accomplir le devoir vis-à-vis de cette place bénie pour la libérer du joug des usurpateurs, elle lègue cette noble mission à la génération qui suit, pour poursuivre la même mission libératrice jusqu’à ce que le très haut enverra des serviteurs voués à lui seul « doués d’une force terrible, qui pénétreront à l’intérieur des demeures, et la prédiction sera accomplie » (sourate Al-Isrâ’, Le voyage nocturne, verset 5).

“فَإِذَا جَاءَ وَعْدُ أُولَاهُمَا بَعَثْنَا عَلَيْكُمْ عِبَادًا لَّنَا أُولِي بَأْسٍ شَدِيدٍ فَجَاسُوا خِلَالَ الدِّيَارِ”

Le rendez-vous avec la terre bénie s’accomplira toujours avec l’aide de gens véridiques qui prépareront le grand combat de la civilisation entre « les adorateurs du veau d’or » et les descendants du Calife bien-guidé Omar, et les neveux de Salah al-Dîn Al-Ayyoubî (Saladin). Avec les pieux croyants ils attendront avec ferveur le retour de la Qibla d’origine (orientation pour la prière), la 3e Mosquée après les 2 premières la Mecque et Médine, au « foyer de l’Islam » et aspirent au vrai drapeau de la paix qui flottera sur la « Cité de la paix », à donner l’huile aux lanternes de la Mosquée d’Al-Aqsa et allumer des cierges de la victoire pour le dôme du Rocher, et tous les coins, les arcades, et les rues de la ville bénie.

  Le rôle missionnaire de l’intellectuel musulman, et la question palestinienne :

J’avais écrit par le passé, et donné plusieurs conférences, à diverses occasions, sur le thème : « le rôle missionnaire de l’intellectuel musulman et la question palestinienne », du point de vue maghrébin en général, et dans les écrits de l’Association des Oulémas Musulmans d’Algérie en particulier avec à leur tête le grand Imam, le Cheikh Al-Bachir Al-Ibrahimi, ainsi que plusieurs poètes, et beaucoup de membres des élites algériennes à travers les générations. 

Le décès du « poète de la Palestine », Samih Al-Kasim en 2014 a aiguisé mon attention, c’est pourquoi j’avais écrit un long article, avec comme titre : La question palestinienne entre l’Imam Al-Ibrahimi, et le poète (Samih Al-Kasim). J’avais dit ce jour-là : « le décès de Samih Al-Kasim (le chrétien), est considéré comme une Calamité ! Une grande Calamité pour la Palestine et les Arabes. Car il est l’homme qui a défendu avec son talent poétique révolutionnaire, et les moyens qu’il possédait, sa terre et son honneur, en total harmonie avec les écrits du Cheikh Al-Bachir Al-Ibrahimi, sur la Palestine, malgré les divergences (sur le temps, la religion, les patries) surtout les éditoriaux de la revue d’El-Bassair à travers ses premiers numéros.

Les paroles d’Al-Ibrahimi étaient de feu et de lumière car écrits au tout début de l’occupation sioniste de la Palestine en 1948 sous le titre : « la Palestine est le dépôt du prophète Mohammad chez nous »

“إن فلسطين وديعة محمد عندنا”

L’occupation sioniste de la Palestine  est une CALAMITÉ !:

C’est alors qu’Al-Ibrahimi a décrit l’occupation sioniste de la Palestine comme une CALAMITÉ alors que l’Algérie gémissait encore sous le joug du colonialisme français exécrable.

Il a écrit dans le numéro 5 de la revue d’El-Bassair, sous le titre : « Description de cette Calamité » ces paroles sincères et porteuses d’espoir, où il adresse des confidences à la Palestine : « Dans le cœur de chaque musulman algérien se trouve une blessure qui saigne, et dans ses paupières des larmes d’affliction intarissables, et sur leurs langues, pour ton droit à être protégée, une parole qui se répète : « la Palestine est une partie de ma vaste patrie musulmane avant qu’elle soit une partie de ma petite Nation Arabe ! Une dette et un droit à rendre envers toi chère Palestine, une promesse qu’on est obligé de tenir et d’y être fidèle ! Et si jamais le musulman algérien faiblit, ce n’est nullement sa faute mais bien la faute des colonisateurs usurpateurs qui font tout pour diviser en éloignant le frère de son frère, l’homme de sa demeure, et l’humain de son cœur ! »

Et de poursuivre: « Chère Palestine! L’Islam t’a possédée par “l’épée”, mais ne t’a jamais gouvernée par l’injustice et le déni ! » – pour montrer l’équité de la religion musulmane, sa coexistence pacifique avec les autres peuples, malgré les divergences de foi.

Il a aussi écrit dans le numéro 22 d’El-Bassair, mettant en garde et motivant les musulmans en s’adressant à eux, avec ces mots pleins de sens : « Arabes! Musulmans! La Palestine est un « dépôt » du prophète Mohammad, entre nos mains, un précieux legs du Calife bien guidé (Omar), un Pacte de l’Islam qu’il faut assumer et protéger, si les juifs s’en accaparent « Alors que nous sommes nombreux, nous serons vraiment les perdants » (sourate Yûsuf, Joseph, verset 14]

  فلئن أخذها اليهود منا ونحن عصبة إنا إذا لخاسرون.

 Au « Comité pour la Libération de la Palestine » :

Il est intéressant de remarquer que, malgré les contraintes coloniales, la pauvreté matérielle qui s’est abattue sur lui et le peuple algérien, le grand Cheikh Al-Ibrahimi (Rahimahou Allah), a promis de faire don au « Comité pour la Libération de la Palestine », de ce qu’il a de plus cher dans la vie, à savoir ses livres et sa précieuse Bibliothèque. Voici ce qu’il en dit dans la préface du no 30 de la revue El-Bassair : « Pour ma part, je jure par Celui qui détient mon âme entre ses mains! Si je possèdes ce que possède (Al-Amoudi) comme chèvres, ou ce que possède « le Biskri » comme (palmiers dattiers), ou ce que possède le paysan comme terres, ou le riche comme argent, alors je le donnerai entièrement dans le but que la Palestine demeurera entre les mains de ses ayants-droit (les Arabes). Mais hélas ! Tout ce que je possède c’est une modeste bibliothèque et je la mets volontiers à la disposition du Comité qui s’organisera pour fournir de l’aide à la Palestine ! » 

Cheikh Al-Ibrahimi, s’élève pour atteindre la sommité de la chasteté et la générosité, et son don habituel tout comme le mentionne le Saint Coran dans la sourate Al-Imrân (verset 92) :

« Vous ne parviendrez jamais au « Birr » (qui fera des hommes dignes du Paradis) si vous ne dépensez pas de ce que vous aimez »

“لَن تَنَالُوا البِرَّ حَتَّى تُنفِقُواْ مِمَّا تُحِبُّونَ”!

Notre Imam respecté a écrit plusieurs passages d’une importance extrême, et d’un style puissant et très haut pour décrire la profonde blessure de la Palestine et les maladies qui gangrènent « la question palestinienne » à travers les temps, ainsi que les protocoles des Nations Unies pour diviser injustement la Terre Sainte.

Ces articles ont étés rassemblés dans le 2e tome de ses œuvres, à savoir « Ouyoun Al-Bassair», auquel le cher lecteur pourra se référer et consulter au cours des pages 490-526 (Edition ANEP 1970). 

Parmi ses sagesses, « Aïd al-Adha et la Palestine » :

Les âmes sont tristes, et aujourd’hui c’est le jour de la beauté, alors que faire ?

Nos frères sont sans abri, alors sommes-nous dépouillés de miséricorde et de bonté ?

Il est de coutume pour nous de nous réjouir de la fête et d’être gais, d’échanger des salutations, de mettre de côté les soucis et de nous réjouir de la bonne nouvelle.

La Palestine exige que nous soyons affligés de son sort et que nous soyons sombres, et que nous nous soucions de notre cause et de notre souci.

Et nos frères sans-abri nous poursuivent dans les favelas, leurs corps pour les sauvages, et leurs membres pour les sauveurs, et que nous ne jouissons pas du plaisir tant qu’ils ne sont pas bénis, et que nous ne nourrissons pas tant qu’ils ne sont pas nourris.

Si j’avais su ! … Les adorateurs du sou (Fals) et de l’argile (tîn) sont-ils venus, qu’est-il arrivé aux fils de leur père en Palestine ?

Ô Arabes, il n’y a pas de fête jusqu’à ce que vous exécutiez la menace sur Sion et accomplissiez les promesses pour la Palestine, et il n’y a pas de sacrifice jusqu’à ce que vous jetiez Sion dans la mer. Et je ne sacrifierai pas jusqu’à ce que Sion ait soif sur la terre de Palestine et qu’il se sacrifie.

Ô Arabes : il vous est interdit de vivre dans le bien-être pendant que vos frères sont misérables, et il vous est interdit de vous nourrir pendant que vos frères ont faim, et il vous est interdit de vous reposer dans le confort du lit pendant que vos frères dorment dans la poussière.

Ô musulmans : comprenez les symboles de sacrifice et de souffrance en cette fête, non pas ce qu’elle contient des significations de parure, de douceur et de restaurants. C’est le droit de Dieu sur l’esprit et c’est le droit du corps sur vous.

Entre mes côtes, il y a une douleur qui s’échappe, et en mon cœur un feu qui flambe, et entre mes doigts une plume que je laisse agir à sa guise pour qu’elle coure et elle s’est réfractée, pour permettre et elle n’a pas permis. Dans mon esprit des sens que l’anxiété a attaqués et ils se sont effondrés, et sur ma langue des mots emprisonnés par le chagrin et ils ont été étouffés.

“عيد الأضحى و فلسطين” :

 النفوس حزينة، واليوم يوم الزينة، فماذا نصنع؟

إخواننا مشرّدون، فهل نحن من الرحمة والعطف مجرّدون؟

تتقاضانا العادة أن نفرح في العيد ونبتهج، وأن نتبادل التهاني، وأن نطرح الهموم، وأن نتهادى البشائر.

وتتقاضانا فلسطين أن نحزن لمحنتها ونغتمّ، ونُعنى بقضيتنا ونهتم.

ويتقاضانا إخواننا المشردون في الفيافي، أبدانهم للسوافي، وأشلاؤهم للعوافي، وألا ننعم حتى ينعموا، وألا نطعم حتى يطعموا.

ليت شعري! … هل أتى عبّاد الفلس والطين، ما حل ببني أبيهم في فلسطين؟

أيها العرب، لا عيد، حتى تنفذوا في صهيون الوعيد، وتنجزوا لفلسطين المواعيد، ولا نحر، حتى تقذفوا بصهيون في البحر. ولا أضحى، حتى يظمأ صهيون في أرض فلسطين ويضحى.

أيها العرب: حرام أن تنعموا وإخوانكم بؤساء، وحرام أن تطعموا وإخوانكم جياع، وحرام أن تطمئنّ بكم المضاجع وإخوانكم يفترشون الغبراء.

أيها المسلمون: افهموا ما في هذا العيد من رموز الفداء والتضحية والمعاناة، لا ما فيه من معاني الزينة والدعة والمطاعم، ذاك حق الله على الروح، وهذا حق الجسد عليكم.

إن بين جنبي ألما يتنزّى، وإن بين جوانحي نارا تتلظّى، وإن بين أناملي قلما سُمته أن يجري فجمح، وأن يسمح فما سمح، وإن في ذهني معاني أنحى عليها الهم فتهافتت، وإن على لساني كلمات حبسها الغم فتخافتت.

ولو أن قومي أنطقتني رماحهم *** نطقت ولكن الرماح أجرتِ

Cheikh Al-Ibrahimi a vécu en outre l’amertume des prisons et de la « résidence forcée » pour ses prises de position nationalistes juste après l’indépendance « inachevée » de l’Algérie. Sa merveilleuse plume s’est tue pour toujours, et son encre « desséchée ».

Al-Ibrahimi succomba, frustré et chagriné par l’état douloureux de l’Algérie, mais aussi par la perte amère de la sainte Palestine.

 C’est avec la même ardeur d’âme, et la même chaleur que les poètes algériens ont vécu le drame de la Palestine :

La poésie algérienne marchait de pair avec la question de la Palestine, depuis son apparition sur la scène mondiale au cours des années 20 du siècle passé. Les poètes algériens profitaient de chaque occasion pour afficher leur soutien sans faille à la question palestinienne. Et l’ont suivie dans toutes ses différentes étapes, depuis la déclaration Balfour, en 1917, en passant par les révolutions du peuple palestinien, dans les années 30, puis son refus du plan des Nations Unies du morcellement de la terre de la Palestine.

Les poètes algériens se sont rangés aux côtés de la Palestine et des Arabes pendant la guerre de 1948, et la défaite des soldats arabes, puis ont répondu à l’appel suite aux victoires des Palestiniens et des héros de la Résistance, les « enfants des pierres », et ce jusqu’à nos jours.

Un poète algérien qui a gardé l’anonymat, par peur des représailles, du colonialisme français, honni et sioniste, a écrit un poème paru dans la revue algérienne, Al-Chihab (الشِّهاب) dans les années 1930, dirigée alors par l’éminent érudit, le Cheikh Abdelhamid Ibn Badis, président de l’Association des Oulémas Algériens. Ce poète a décrit ses sentiments vibrants envers Al-Quds, et ses habitants, en exprimant la sympathie de tout le peuple algérien avec le peuple palestinien frère.

ناشـَدْتُكَ اللهَ ياقُـدْسَ العُروبَةِ لا تُقمْ حِسابًا، لِمَنْ قَـدْ رَامَ تَمْوِيَها

فَمَا طُموحُ يَهُـودِ الشَّرْقِ يَنْفَعُهُم وَلاَ يَنَالُـونَ إلاَّ الْمَقْتَ تَشْوِيهَا

يا أُمّةَ الْقُدْسِ، لا يُحْزِنْكَ مَطْمَحُهُم فَإنَّ لِلْقـُدْسِ رَبًّـا، هُوَ يَحْمِيهَا

أمَّا الْجَـزائِرُ، فَهي مِنْ مُصـابِكُم في حَر ِنارِ الأسَى، تَشْكُو لِبَارِيهَا

آهٍ عَلَى أُمَّـةِ الْقُدْسِ التي بَسَطَتْ لِلْجارِ إحْسَانَها، وأسأَلْ مُجِيِريهَا

آهٍ، عَلَى كـَأْسِ ذُلٍّ، وَهيَ تَرْشُفُها وعَنْ صِغَارِ كـآباتٍ تُقـاسِيهَا

 Je t’en supplie, ô Jérusalem arabe, ne fais pas de comptes à ceux qui ont cherché à le camoufler.

Alors, quelle est l’ambition des Juifs d’Orient qui leur profite, et ils n’ont que l’horreur de la pervertir ?

Ô Oumma de Jérusalem, ne sois pas attristée par leur ambition, car Jérusalem a un Dieu qui la protège

Quant à l’Algérie, c’est une de vos afflictions dans le feu de la douleur, et elle se plaint à ses rivaux.

Ah, Oumma de Jérusalem, qui a étendu sa bonté au voisin, et j’interroge ses gardiens

Ah, sur la coupe de l’humiliation, pendant qu’elle la sirote, et sur le plus petit des chagrins dont elle souffre

 Les poètes algériens, ont vécu l’amertume et le malheur de la Palestine :

De par son sentiment du danger de l’occupation sioniste du Quds de l’Islam et du monde arabe. D’un autre côté, et sur une même vibration et la même chaleur, les poètes algériens, ont vécu l’amertume et le malheur de la Palestine., notamment Mohammad Al Aid Al Khalifa, Moufdi Zakaria (poète de la révolution algérienne), Cheikh Ahmad Sahnoun.

Quelques-uns des poètes Algériens ont lié la « question de la Palestine », avec la révolution algérienne, car la victoire de l’Algérie est considérée comme une victoire pour la Palestine et le monde arabe en même temps, et la défaite de l’Algérie est porteuse de défaite partout ailleurs. Car le fils de l’Algérie indépendante se tournera de facto vers la libération de la terre bénie de Palestine pour répondre à l’appel de Haïfa et Yaffa, c’est ce qu’ont dit les poète Salah Kharfi, Mohammad Jaridi, Ahmad Tayyab Maache, Abdelkrim Al-Agoun, Aboul Kassim Khammar, Omar Al-Barnaoui, et bien d’autres.

 Les Fondements de la Vision Islamique, pour la question enflammée entre nous et les usurpateurs de notre terre :

Ces écrivains et poètes ont fondé leur vision sur le fait que la « Question de la Palestine » est une question religieuse, qui a une référence religieuse, ses textes sont authentiques, dont les sources sont religieuses (Coran et Sunna) et constituent les fondements de la position islamique pour la question « brûlante » entre nous et les usurpateurs sionistes, et derrière eux, ceux qui leur apportent un secours duquel ces derniers puisent leur force et puissance.

Cependant, la puissance d’Allah qui s’étend sur l’axe «Tanger-Jakarta », aboutira à leur disgrâce, quand les Musulmans se réveilleront de leur léthargie qui a tant duré !

Pour éclairer la question, un texte en 10 points que le frère professeur Dr Walid Achawich a mis à ma disposition. Le professeur est spécialiste en la matière, il est le recteur de la faculté de jurisprudence malékite à l’Université internationale d’Islamologie à Amman en Jordanie.

 1- Le sens de la Supériorité des pervers    معنى عُلُوِّ المفسدين 

Les savants ont expliqué la supériorité du pharaon par la division de la communauté, les massacres à grande échelle, et le rejet de la vérité.

Allah a dit : « Pharaon était hautain sur terre. Il répartit en clans ses habitants, afin d’abuser de la faiblesse de l’un d’eux. Il égorgeait leurs fils, laissait leurs femmes vivantes. Il est vraiment parmi les fauteurs de désordre. » (Sourate Al-Qasas, Le récit, verset 4)

Il a dit aussi : « Ils les ont niés par iniquité et par orgueil, alors qu’en eux-mêmes ils étaient certains de leur vérité. Vois-donc comment ont fini les semeurs de corruption ! » (sourate Al-Naml, Les fourmis, verset 14)

“إِنَّ فِرْعَوْنَ عَلَا فِي الْأَرْضِ وَجَعَلَ أَهْلَهَا شِيَعًا يَسْتَضْعِفُ طَائِفَةً مِنْهُمْ يُذَبِّحُ أَبْنَاءَهُمْ وَيَسْتَحْيِي نِسَاءَهُمْ إِنَّهُ كَانَ مِنَ الْمُفْسِدِينَ” (4)، وقال في جحوده الحق: (وَجَحَدُوا بِهَا وَاسْتَيْقَنَتْهَا أَنْفُسُهُمْ ظُلْمًا وَعُلُوًّا فَانْظُرْ كَيْفَ كَانَ عَاقِبَةُ الْمُفْسِدِينَ (14)، وهذا معنى العلو في العادة الغلبة في المادة وقوة السلاح.

C’est cela le sens de la supériorité matérielle, et la force des armes !

 2- L’entité sioniste n’a pour fondement que la division des musulmans  

علو بني إسرائيل لا يختلف

L’entité sioniste n’a pour fondement que la division des musulmans en groupes belliqueux et partis dissidents, depuis les accords de Sykes-Picot qui ont transformé la communauté en « cages » ! Le boucher se charge chaque jour de démolir une « cage » !

Sa philosophie de dénigrement du message prophétique, et sa falsification, comme jadis le pharaon, avec son entêtement, son orgueil, son arrogance, pour contrer le message de leur prophète Mohammad (SAWS). Quelle ressemblance donc entre le présent et le passé ! En effet « le serpent n’enfante qu’un serpent » !

 3- « Et la parole d’Allah eut le dessus » (Sourate Al-Tawba, Le Repentir)

 وكلمة الله هي العليا

Il se peut que le « grand pharaon » s’élèvera , et les « petits pharaons » le suivront, dans l’orgueil de la force et le dénigrement de la vérité, et tout comme Allah a fait que sa parole soit la plus haute, avec Moise, dans sa victoire de l’évidence et des preuves, la prosternation des sorciers qui se repentirent en croyant à l’unique, la parole d’Allah est toujours victorieuse, par l’évidence des preuves, et ne s’est jamais abaissée, sans tenir compte de la force ou de la faiblesse matérielle des musulmans, car la parole de Dieu ne sera jamais abaissée ! La « mondialisation », (et ses pairs) reculera toujours si jamais elle osera faire face aux « preuves » de la loi divine !

 4- Les hypocrites n’auront jamais le dessus sur la communauté des croyants de cette OUMMA

المنافقون لا يظهرون على مؤمني هذه الأمة 

Aussi grand que soit le nombre des hypocrites, aussi élevée soit leur force matérielle, comme « Banou Isrâ’îl », ou le pharaon, cette supériorité matérielle n’aura jamais le dernier mot face à la force éternelle de la Vérité dont les croyants sont dotés. Et « Pharaon » n’a jamais gagné, mais plutôt reculé devant les Bayyinât (preuves irréfutables), malgré la férocité de son pouvoir !

Mais le pouvoir moral des croyants, leur fermeté, leur patience, leur engagement, leur fidélité à la vérité, sont les piliers d’un critère de leur victoire permanente.

Le critère de « la supériorité de la parole Divine », ce n’est jamais la force des armes, ni « les feux » des médias mais bien l’empire des preuves irréfutables, même si les hypocrites détiennent la supériorité physique et matérielle !

Par contre, les cœurs des croyants, sont toujours liés à leur Créateur, tout comme ce fut le cas avec les « sorciers » du pharaon, qui avait une emprise sur le côté matériel et non moral de leurs cœurs.

 5– Le croyant regarde toutes les créatures (musulmans ou non), comme étant des « serviteurs » d’Allah, car son cœur est affranchi et libre, et nul ne peut l’apprivoiser !

المؤمنون ظاهرون على الحق

C’est pourquoi l’engagement des croyants vis-à-vis de leur religion, la responsabilité et le devoir dont Allah les a chargés, les rend supérieurs et présents, dotés de cette force morale qui est la vraie supériorité avec laquelle Allah vaincra leur ennemi usurpateur et injuste, assassin des prophètes !

Les combats décisifs et tranchants, ne durent que très peu de temps! La bataille de Badr, Al-Yarmouk, Hittin, Ain Jalout n’ont duré que quelques mois, au milieu de beaucoup de siècles, tandis que la communauté des croyants dure, renforcée par sa fermeté, sa patience, son obstination, son engagement à la vérité, dans les temps douloureux. Ce n’est un secret pour personne !

 6- Le Hadith (dans le Sahih Muslim, 1920 et 1925), mentionne clairement qu’ils sont « supérieurs par la vérité » الحديث يبين أنهم (ظاهرين على الحق

Dans le recueil de Hadith Sahih d’Al-Boukhari (qu’Allah lui accorde sa miséricorde), un Hadith rapporté par Al-Moughira Ibn Chou’ba (qu’Allah le bénisse) dit que le prophète (SAWS) a dit : « une partie de ma OUMMA, demeurera supérieure et victorieuse, jusqu’à ce qu’Allah décidera… ». L’Imam Al-Boukhari a commenté le Hadith en disant : « Ce sont les savants en sciences religieuses. »

Donc le Dhouhour est une victoire morale réalisée par la détention de preuves irréfutables (Al-Bayyinât), qui est la caractéristique des gens qui possèdent le Savoir (en théorie comme en pratique), surtout ceux armés de solides preuves (par les paroles et les actes), aux environs de Bayt Al-Maqdis (Al-Quds) !

 7- La supériorité morale diffère de la victoire militaire الظهور يختلف عن الحسم العسكري 

Le Dhouhour diffère de la victoire militaire, dans le sens qu’il est un engagement et une fermeté dans le chemin d’Allah, avec une mise en pratique de la loi divine, et la défense des lieux saints et du patrimoine sacré. C’est les Oulémas qui sont à la base de ce savoir et ces preuves ! 

C’est bien eux qui sont engagés dans la voie de la vérité, la mettant en pratique, comme l’a mentionné le grand Imam Al-Boukhari, et que ce verset confirme : « Allah affermit les Croyants, avec une parole ferme, dans la vie présente et dans l’au-delà, tandis qu’il égare les injustes et Allah fait ce qu’il veut » (sourate Ibrahim, verset 27). 

“يُثَبِّتُ اللَّهُ الَّذِينَ آمَنُوا بِالْقَوْلِ الثَّابِتِ فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا وَفِي الْآخِرَةِ وَيُضِلُّ اللَّهُ الظَّالِمِينَ وَيَفْعَلُ اللَّهُ مَا يَشَاءُ”

L’engagement sur la voie de l’Islam, sa défense en redoublant d’efforts, malgré les revers et vicissitudes, c’est bien le vrai sens de la Supériorité morale, même si le nombre est dérisoire, et les moyens militaires limités, voir l’exemple actuel des brigades de Gaza et leurs ennemis.

 8- La victoire, c’est la récompense de « la fin de service » النصر مكافأة نهاية الخدمة

La communauté des croyants victorieux, sur le plan moral, c’est bien les défenseurs de la loi divine. La clarification de cette loi divine est une condition pour défendre les lieux saints, et l’héritage du sacré partout dans le monde, et en priorité, le lieu où le prophète Mohammad (SAWS) a fait son voyage nocturne!

Le critère du Dhouhour se fait par le biais de l’engagement envers la loi divine, la présence avec le sentiment de fierté, même si la victoire militaire manque, car le but de la loi divine, c’est la mise à l’épreuve (ibtilâ’) (الإبْتِلاء).

Pour les humains par le discernement (tamhîs) (تمحيص).

Mais la victoire complète, c’est une récompense de fin de service. 

Donc il ne faut pas s’attarder à attendre la récompense et négliger les devoirs (Service).

 9- On ne doit jamais désespérer si on comprend ce qu’est la vraie supériorité et la victoire authentique. لا يأس مع فقه الظهور والنصر

A- Les bases d’une évaluation erronée : أساس التقييم الخطأ 

L’évaluation erronée des musulmans pour la victoire militaire, sans tenir compte de la victoire de la supériorité morale, et le sentiment de fierté du musulman, des enseignements de la prophétie, le lien avec le Sacré, détruit leur auto-confiance, et pousse au doute dans la promesse d’Allah, puis conduit au désespoir à cause de la mauvaise appréciation, des critères de la Victoire et la négligence de la victoire morale, dans les périodes difficiles, c’est le sens de la mise à l’épreuve

B- Les fondements d’une évaluation juste : أساس التقييم الصواب

C’est pourquoi il faut évaluer la victoire permanente selon la supériorité morale, la fermeté et l’engagement, ainsi que la patience dans les temps de revers, c’est alors que le musulman comprendra qu’il est victorieux, à chaque instant de sa vie, chose qui lui donnera encore plus de force et de bonne volonté, dans sa marche vers la grande victoire qui est une récompense de fin de service perpétuel. 

Allah a dit dans le Saint Coran : « Il est parmi les croyants des hommes qui ont étés sincères dans leur engagement envers Allah, certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres, attendent encore, et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement)». (sourate Al-Ahzâb, Les Coalisés, verset 23). Ou bien tu tiendras à ta promesse, et ton engagement, ou bien tu attendras ta fin, en restant fidèle à ton engagement. Attache-toi à ton pacte, avec ton Créateur, et « ils ne sauront jamais vous causer un grand mal, seulement une nuisance (par la langue) » (sourate Âl-Imrân, La Famille d’Imrân, verset 111).

“مِنَ الْمُؤْمِنِينَ رِجَالٌ صَدَقُوا مَا عَاهَدُوا اللَّهَ عَلَيْهِ فَمِنْهُمْ مَنْ قَضَى نَحْبَهُ وَمِنْهُمْ مَنْ يَنْتَظِرُ وَمَا بَدَّلُوا تَبْدِيلًا) (23)، فإما أن تَفِي بِنَحْبِك وهو العهد، وإما أن تنتظر الوفاة على ذلك العهد، فاستمسك بعقدك مع الله، ولن يضروكم إلا أذى”.

 10- « Ne t’affliges pas au sujet de ceux dont Allah a détesté leur départ pour le combat » (sourate Al-Tawba, Le Repentir, verset 46) لا يحزنك الذين كِرِهَ الله انبِعاثهم

Tu remarqueras que ceux qui ont refusé de défendre la Mosquée d’Al-Aqsa, sont des gens éloignés du droit chemin, et ont négligé la loi divine, depuis longtemps ! Sache que ces paresseux sont des faibles, de mauvaise volonté !

Allah a détesté leur départ pour la bataille à cause de leurs actes odieux, et les a rendus paresseux, il ne leur a pas donné l’honneur de remplir leur devoir envers la loi divine.

Ce que cette loi tient pour sacré (comme les lieux saints et les mosquées), ne pense pas que quelqu’un qui n’accorde pas d’importance à la loi divine, sacralise une mosquée ! Car la sacralisation de la mosquée est un principe que la prophétie nous a légué, et non une apparence d’un pseudo- nationalisme de façade éphémère, ou une « épopée » du vaillant chevalier (Antar) !

Nous reviendrons sur ce sujet si Allah nous prête vie. « Allah dit la Vérité, et c’est lui qui met (l’homme) dans la bonne direction. » (Sourate Al-Ahzâb, Les Coalisés, verset 4)

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