KARIM TABBOU : un homme, une Nation.

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Le 7 mars 2019 en refusant énergiquement de vous asseoir, selon vos propres mots « avec ceux qui ont massacré l’Algérie » vous avez définitivement scellé votre destin avec celui du Peuple. Dans la salle, avec d’autres, se trouvait Ghozali qui a apporté son soutien à Khaled Nezzar à Paris en 1999 dans son procès contre Habib Souadia, l’auteur de La Sale Guerre. Ce jour-là, Ghozali s’est auto-proclamé le porte-parole d’une société civile ayant soutenu l’arrêt du processus électoral en janvier 1992. Lors de ce procès, Souadia a démonté l’argumentation de cette fausse élite en s’exclamant : ici (en Algérie), tout est faux, faux président, faux députés, fausse presse indépendante, fausse opposition, il n’y a que le DRS qui est réel. Dans ce même procès, Hocine Aït Ahmed s’insurgea contre Nezzar : « entre toi et moi, il y a un fleuve de sang ». Ce 7 mars 2019, avec ce refus catégorique, vous tracez une frontière en attestant que l’histoire future de l’Algérie ne sera plus confectionnée par le système benaknounien et vous signez ainsi le retour du Peuple sur la scène historique. Le 11mars, dans le même esprit, votre geste politique a trouvé toute sa dimension populaire dans cette intervention sublime du jeune Sofiane Yetnahaw ga3 ! (Qu’ils dégagent tous).Elle fut un séisme politique : elle a ébranlé Le pouvoir de la junte militaire car ce crédo populaire atteste et signe que le problème des Algériens n’est pas dans la personne du Président mais dans le départ de tout le système. Ces deux moments marquent à jamais le retour du Peuple comme véritable acteur alors qu’il n’avait été jusqu’à cette date d’aucun poids politique, considéré comme une propriété du gouvernement (chaab taa Al houkouma) qu’on instrumentalisait au service des calculs politiques des clans au pouvoir. Ces deux moments ont libéré le génie populaire et ont métamorphosé le « Hirak » centré dès sa naissance sur le NON au 5ème mandat en une Révolution Populaire en marche.

Le 21 mars 2019, dans l’enceinte universitaire de Tizi-Ouzou, vous avez brandi le drapeau algérien en précisant qu’il était le drapeau des algériens et qu’il est inondé par le sang des martyrs. Vous avez dit juste car l’Algérie moderne est née avec ce drapeau. Notre maison Algérie est concomitante avec la lutte de libération nationale. Le 8 mai1945 à Sétif, à la vue du drapeau algérien brandi par un jeune scout musulman Bouzid Saâl, les balles retentirent et la terreur coloniale s’abattit sur la population. Le 14 juillet 1953, à Paris, lors d’une manifestation organisée par la gauche française et à laquelle participait les indépendantistes Algériens membre du PPA-MTLD, à la vue du drapeau algérien, la Police parisienne a chargé tuant six Algériens et un français. La naissance de l’Algérie moderne et le drapeau algérien conçu à Paris et confectionné par Emilie Busquant[i] sont les deux faces d’une seule monnaie. L’Algérianité est notre identité politique et c’est le drapeau national qui l’habille. Cette mise au point s’inscrit dans la continuité d’une lutte qui trouve ses origines dans la naissance de l’opposition au régime qui s’imposait par la logique de la force armée quand Hocine Ait-Ahmed a mis pour la première fois une tenue militaire pour affronter l’Armée des Frontières car elle se comportait comme une Armée d’occupation. Il scandait avec force que cette lutte n’est pas sécessionniste mais libératrice. Vous vous inscrivez dans cette fidélité à cet esprit qui s’est insurgé contre l’Armée des Frontières à l’aube de l’indépendance et qui s’est donné comme unique programme politique la libération de l’Algérie de cette junte militaire qui l’opprime et la terrorise.

Ce 26 avril 2021, en chassant l’Imposteur venu s’afficher à l’enterrement de Maître Ali Yahia Abdenour, vous avez été fidèle à vous-même, en cohérence à votre éthique et votre acte s’inscrit dans une logique révolutionnaire qui donne tout son sens au combat du défunt Ali Yahia Abdenour. Maître Ali-Yahia est une figure nationale. Son combat porte toutes les souffrances et les espoirs du Peuple Algérien. Homme de dialogue et de Paix, défenseur des opprimés contre l’injustice, il fut réprimé par le pouvoir et calomnié par la fausse presse indépendante. La seule présence de l’Imposteur était une insulte à la mémoire de l’homme, aux détenus politiques et à l’Algérie du Peuple. Le style c’est l’homme. Votre réaction, ce 26 avril prouve que vous êtes habité par la cause du Peuple. Gloire et grandeur à ceux qui défendent les grandes causes avec passion. Déshonneur et mépris pour ceux qui défendent leur mesquine personne et ne sont que dans le calcul politicien.

Par l’ensemble de ces actions, nous pouvons dire que nous vivons une situation révolutionnaire, mûre pour un mouvement de libération du peuple Algérien. Le retour des grandes figures historiques qui ont fait la gloire de la résistance algérienne face à l’occupant colonial prouve que le peuple est en marche pour prendre son destin en main et faire l’histoire. Aucun Peuple dans l’histoire moderne n’a clamé à deux moments de son histoire l’idée de l’Indépendance : la première le 26 février 1927 à Bruxelles par la voix de Messali et la seconde le 5 juillet 2019 à Alger.

Le peuple algérien manifeste contre l’occupation de son pays. Un soulèvement du Peuple pour qu’il soit libérateur doit s’organiser autour d’une figure symbolique dont la personnalité traduit la lutte du Peuple algérien contre ce pouvoir illégitime depuis 1962. Karim Tabbou se présente comme l’homme de la situation historique. C’est elle qui l’exige. La Révolution populaire et pacifique du Peuple Algérien porte en elle l’idéal de l’unité et de la cohésion sociale. Un soulèvement populaire redevient révolutionnaire lorsqu’il se donne un horizon politique. L’horizon politique incarnée par le slogan de Dawla Madania Machi Askaria (Etat Civil et non militaire) doit prendre corps et se matérialiser dans le réel. Fils du Peuple, par son combat politique depuis des décennies, Tabbou porte les souffrances et les espoirs du Peuple. En lui, se conjugue le combat de trois hommes intègres qui ont combattu cette junte depuis 1962 : Hocine Aït-Ahmed, Lakhdar Bouregaa et Ali Yahia Abdenour. A eux trois, ils représentent l’Ecole de la bravoure, de la dignité et de la grandeur humaine : la quintessence de la personnalité algérienne.

N’oublions pas que le regretté Maître Ali Yahia Abdenour fût l’architecte et la colonne vertébrale du Contrat de Rome. Un contrat qui respirait et chantait la paix et la prospérité pour le Peuple Algérien alors que les Eradicateurs et leurs complices, héritiers de l’esprit de l’Armée des Frontière (un Armée de conquête dont la seule obsession fut et reste le pouvoir, tout le pouvoir, rien que le pouvoir) nous avait entraîné dans la terreur et la paupérisation. Nous avons donc dans notre histoire récente, l’exemple d’une figure consensuelle qui a prouvé par son charisme et sa bienveillance que les Algériens quand ils dialoguent en bonne intelligence trouvent une solution.

 A ceux qui réclament aujourd’hui, l’Indépendance du Peuple Algérien, de faire corps autour de l’héritier spirituel de cette figure consensuelle du Contrat de Rome pour élaborer un nouveau contrat pour l’Algérie qui portera son nom : Contrat Maître Ali Yahia.

L’heure est grave. Nous sommes dans l’urgence car l’impasse politique actuelle ouvre sur toutes les radicalités. Les élections sont un non-sens politique. Les Elections ont –elles apporté un changement significatif aux Algériens sous l’occupation coloniale ? Toujours sous occupation, que peuvent alors apporter des élections organisées par une junte mafieuse et prédatrice ? Uniquement le pire.  S’organiser autour de la figure politique de Karim Tabou est une question vitale pour notre devenir en tant que Peuple et Nation. Car, cette junte militaire représente une menace réelle pour la cohésion sociale et l’intégrité territoriale.

                                 Mahmoud SENADJI (Vigilance Populaire de Strasbourg)


[i] Emilie Busquant, la Lorraine Algérienne fut la compagne du leader indépendantiste Messali Haj.  Cette rencontre entre un enfant du peuple, fervent partisan de l’indépendance et une fille d’ouvrier, une passionnée de justice et de liberté jeta les prémisses de la naissance de la nation algérienne moderne. Notre drapeau est le fruit de cette rencontre. Cette grande dame est morte sans avoir vu son rêve de l’Indépendance de l’Algérie se réaliser. Mais elle savait que cela était inéluctable. Elle est l’auteur de cette citation célèbre qui résume l’esprit de tous les Algériens français et les français qui ont épousé la cause du Peuple algérien en lutte pour son indépendance : dans mon cœur de française, il n’y a pas de frontière dans la lutte pour la liberté.    

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