CONTRE L’OUBLI 14 Juillet 1953 : Un Massacre colonial

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Une histoire occultée en France et en Algérie

Notre fidélité au combat élogieux de ceux qui sont morts pour faire triompher les Libertés démocratiques, la Justice et l’Egalité c’est avant tout d’honorer leur Mémoire. Les faire vivre historiquement. Porter leur mémoire comme un honneur et une dette. Qui lui parle encore ce 14 juillet 1953 ? Les proches des victimes sûrement. Et ceux qui ont enquêté, cherché et écrit pour graver l’événement, l’arracher à l’oubli afin qu’il témoigne et nous oblige.
Ce jour-là, à Paris, place de la Nation, à partir de 17h, au moment où le défilé du 14 juillet (organisé par la CGT et le PC depuis 1936 pour célébrer les idéaux de la Prise de la Bastille et les valeurs de la Résistance ainsi que les Militants Algériens présents sous le sigle de l’Etoile Nord- africaine puis le PPA-MTLD ( Parti du Peuple Algérien- Parti pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) touchait à sa fin, les balles ont parlé. La répression coloniale s’est déchaînée contre le cortège des Algériens indépendantistes.
En fin du cortège qui se dirigeait vers Place de la Nation, des milliers d’Algériens défilaient dignement, impeccablement habillés, donnant l’exemple de l’organisation et de la discipline, forçant le respect et l’admiration des Parisiens, une volonté de reconnaissance qui rompt avec le discours de la doxa coloniale sur les colonisés. Le contenu des pancartes et des banderoles des Indépendantistes Algériens, la vue du drapeau Algérien ainsi que le portrait de Messali Hadj, figure du nationalisme et de l’idée d’indépendance, incarcéré à cette date, ont fini par pousser la Police parisienne à réagir et à charger pour les leur arracher.
Face à la détermination des Algériens, la répression coloniale, fidèle à son image, a montré son visage hideux celui de la haine et la terreur. « On tire à balles réelles! » « Halte au feu! » Hurlait Maurice LUROT. Aveuglée par la haine, la Police tirait à l’« Horizontale ». Il fût tué avec 6 Algériens :Mouhoub ILLOUL, Abdelkader DRARIS, Amar TADJADIT, Larbi Daoui, Abdelkader Bacha et Tahar Madgène.
Presque 70 ans nous séparent de cet événement. Terrible et cruel à la fois. Qu’est-ce qui a changé pour les enfants de ces indépendantistes et du Syndicaliste en France ? On continue toujours à manifester avec cette fois-ci, la peur de perdre un oeil, un bras…. Ou sa vie.
La culture coloniale ainsi que les injustices raciales perdurent. La mort de George Floyd les expose au grand jour.
Que dire pour les enfants de ces indépendantistes en Algérie ? Les pancartes brandies en 1953 sont toujours d’actualité. « A Bas la Répression Coloniale », « Non au truquage des Elections », « Nous voulons l’indépendance ». Le présent mime le passé.
Notre devoir de mémoire est d’honorer leur combat. Notre dette est d’imposer aux ordonnateurs et aux exécuteurs de ce massacre le respect de ce que nous sommes et en Algérie, accompagner cette SIIMIYA (Révolution pacifique) jusqu’à son terme : la naissance d’une nouvelle Algérie, d’une Nouvelle indépendance. L’indépendance du Peuple Algérien.

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