Entre diabolisation et victimisation de la femme, la masculinité se perd

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Ecoute-moi bien mon fils, si jamais des envies de polygamie te prennent, alors contente-toi de vouvoyer ta femme. Et si ça persiste, tu n’as qu’à lui donner plusieurs surnoms différents ; tu pourras les changer à ta guise, et en prime, tu n’auras pas à les traiter de manière équitable.

La polygamie est bel et bien permise en Islam. Aucune musulmane ne doit en rougir. Mais elle est seulement tolérée, et loin d’être recommandée. N’importe quelle personne sensée, homme ou femme, même analphabète, peut comprendre les raisons exceptionnelles de cette permission. Demandez donc l’avis de Françoise Hardy, vedette de la chanson française, qui partage harmonieusement depuis des années une villa avec son mari ; lequel mari, Jacques Dutronc, autre star de la chanson, occupe l’étage supérieur avec sa compagne de longue date (1). Les interprétations et appréciations de la polygamie sont variées et doivent être respectées, même si, comme dans le divorce, tout aussi exceptionnellement permis, l’homme peut abuser de ses prérogatives comptables. Ce n’est pas, pour autant, une raison pour renier ou tenter de tourner en dérision cette mesure divine. Même si dans une telle situation exceptionnelle, une partie importante peut se sentir lésée, il y a quand même deux autres qui ont des raisons de voir les choses autrement, en dépit des difficultés évidentes. L’introduction singulière de la présente contribution, pouvant heurter certains, est celle d’un musulman qui opte, fermement plutôt qu’ironiquement, pour la forte présomption de la règle générale, jusqu’à preuve sérieuse du contraire exceptionnel.

Entretemps, la polygamie est beaucoup plus répandue, passionnément et sauvagement, avec permissivité et plein d’égards, sous divers noms et patents flatteurs, là où elle est illégale, et notamment par ceux qui en font leur cheval de Troie pour attaquer l’Islam.

C’est connu, la femme inspire. Et pas seulement les poètes et les artistes. Sans surprise, c’est à travers la pauvre et vulnérable femme musulmane, si fragile et si défavorisée, qu’on s’arme, avec engouement et gravité, de tant d’humanisme pour s’attaquer diligemment à l’Islam. Peine perdue. Ce cirque attendrissant n’attire que ses propres clowns. Il semble même répugner ses invitées d’honneur. 75 % des personnes qui se convertissent à l’Islam sont des femmes ! Quand des avocats, forcément mauvais, s’acharnent contre une cause juste, ils finissent par lui rendre plus de services que ses défenseurs et prédicateurs.

N’est-il pas étrange que ceux qui renient leurs repères, jugent tolérables et même civilisés des comportements humains pervers, tout en se liguant pour s’insurger contre la codification morale de ces mêmes aspects sociaux chez les autres ?

C’est cette absence d’ancrages référentiels solides qui libère et pousse l’instinct humain au-delà des limites. Les avidités et les passions deviennent alors des facteurs décisionnels majeurs, la mécanique du consentement responsable se retrouve grippée et la conscience humaine, censée s’opposer au mal, à l’injustice, et à la perversion, est désamorcée. Que de personnes passent ainsi aisément pour ce qu’elles ne sont pas, succombant à l’appât de l’illicite, et que d’autres rallient le mal sans gêne, prétextant éviter un plus grand malheur, et pourquoi pas, faire radicalement du bien à leurs victimes.

Hollywood et les paliers du consentement dopé

Il peut bien sûr être directement instruit et arraché de force, mais le consentement assisté et mal acquis est souvent cultivé par la tentation, et est typiquement creusé par paliers successifs. Mais si la carotte ne suffit pas pour mener à terme la mission, elle est alors immédiatement répudiée, et c’est le bâton qui prend autoritairement le relais. Les premières marches de ce consentement, enjambées avec entrain, sont souvent décisives, le chemin restant pouvant être franchi avec moins d’enthousiasme, avec hésitation et réticence, sinon carrément sous contrainte.

Hollywood vient de nous gratifier d’un film-réalité, spectaculaire et truffé de méga-stars, illustrant le phasage et engrenage du déshonneur par consentement dopé. Cela commence par un accord avide, prompt et ouvert à interprétation, suivi d’une obéissance circonstanciée, moins docile, plus ou moins abusivement arrachée, sinon juste discourtoisement brusquée. Plusieurs actrices célèbres ont subitement et bravement décidé d’accuser un puissant producteur de films oscarisés, faiseur de stars et néanmoins prédateur sexuel, de viol ou de harcèlement, des dizaines d’années après avoir allègrement consenti de se rendre, ambitieusement parées, dans sa chambre pour, semble-t-il, discuter business et oscars.

Les ambitions et avidités extravagantes sont tôt ou tard ignominieusement payées ; et qu’elles soient assouvies ou contrariées, elles finissent souvent, telles des illusions furtives, par virer amères, submergées par de terribles regrets et durables remords.

A l’exception de cet intrus de prédateur mâle, dont le rôle a fini par devenir secondaire, cette bataille hollywoodienne, initialement diligentée comme un procès contre la domination masculine abusive, est en train de virer comme une rivalité féminine féroce. Une centaine d’autres femmes, non moins célèbres, viennent de signer une pétition faisant part de leur crainte de voir cette campagne aboutir à la criminalisation du harcèlement. Elles défendent généreusement le droit des hommes de céder à leurs charmes et de l’exprimer gestuellement, chacun à sa manière. Leur droit d’être importunées et pelotées est ainsi corollairement préservé, et les suites à réserver aux avances demeurent discrétionnaires. Sinon, à quoi cela sert-il d’être belle ? On ne se sait pas si ces dames ont eu affaire à ce faiseur de stars, et ont mieux négocié, ou qu’elles défendent leur liberté de disposer de leurs atouts et bienveillance, afin de continuer à apprécier les grâces de la séduction et de la galanterie. Et bien plus encore. Mais seulement si affinités intimes et consentement total.

A Hollywood et dans sa sphère d’influence, la polygamie c’est animal, et l’adultère est d’autant plus glamour qu’il s’affiche en associant pouvoir, beauté, argent, et célébrité. Et davantage encore s’il n’est pas codifié et masqué par le concubinage. L’infidèle est vite compris et disculpé. Trop sollicité, c’est un cœur généreux. Trop importun, c’est un être foncièrement fidèle, mais juste exigeant et persévérant dans la recherche de son autre moitié. L’infidèle n’éprouve presque jamais de culpabilité. Produit des probabilités infimes oblige. Il faut d’abord que le partenaire accepte de s’en rendre compte, qu’il soit ensuite de ceux qui veulent et peuvent s’en offusquer sérieusement, et qu’il soit enfin considéré particulièrement irremplaçable. Tout le vaste reste n’est qu’aventure, par consentement mutuel, total ou partiel.

“Aujourd’hui l’adultère est à la mode, et la débauche marche le front levé.” C’est Sénèque qui a signé cela, il y a plus de vingt siècles. Même si elle parait plus glamour et plus en vogue qu’avant, la dépravation contemporaine n’est ni plus originale, ni plus artistique. Elle est juste plus obscène, plus indécente, plus débaucheuse, et plus abjecte.

Abdelhamid Charif
1er février 2017

Référence :
(1) http://www.purepeople.com/article/francoise-hardy-evoque-la-compagne-de-jacques-dutronc_a264352/1

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