L’anti-Arabisme ou les effets collatéraux d’un butin en absence de prémunitions

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Les guerres procurent toujours des butins aux vainqueurs, y compris une langue et des connaissances, mais parler de butin culturel, c’est se tromper de vainqueur.

« Le peuple d’Algérie est Musulman, et à l’Arabité il est affilié ». C’est ainsi que définissait Ben Badis l’Amazigh, il y a près d’un siècle, l’identité civilisationnelle de sa société, en pesant soigneusement ses mots, et en étant rassuré de ne heurter aucun compatriote. Même si ce poème continue d’être récité, force est de reconnaitre que le slogan n’est plus consensuel. Qu’est-ce qui a donc bien changé ? Réveil identitaire salvateur ? Ou effet postcolonial dévastateur ?

L’Arabité de Ben Badis, scellée par nos ancêtres berbères qui ont ensuite porté et déployé davantage sa bannière, est inaliénable. Que les arabes s’unissent dans la vassalité ou les courbettes, notre prophète demeure arabe, et la langue du Coran reste inchangée.

La haine de l’Arabité doit normalement être perçue comme un symptôme inquiétant, et à la limite, le dégoût que peuvent provoquer les échecs et humiliations des arabes ne doit pas affecter l’objectivité et l’impartialité des amazighs épris de liberté et d’équité. Les pays arabes ont sans doute besoin d’être mieux conseillés, mais les critiques constructives demeurent tributaires de la noblesse des sentiments et intentions. Examinons le traitement d’une certaine actualité.

L’Iran et les arabes

Les différentes analyses des derniers évènements survenus au Moyen Orient illustrent le gouffre culturel séparant les postures irréconciliables des francophones et arabophones. A chaque tiraillement ou conflit entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, les élites algériennes francophones dégainent avec aisance et adresse, et ne se trompent jamais de cible. La célébration de l’héroïsme perse permet à certains de défouler et dérouler, même hors propos, l’anti-Arabisme et les sentiments débordants envers des bédouins injustement favorisés par la nature, et dont l’avenir apocalyptique prédit par des visionnaires « attentionnés », et les condamnant à un retour aux tentes et chameaux, tarde désespérément à arriver. Le soi-disant anti-impérialisme iranien est toujours mis en exergue, en opposition au rapprochement douteux et incompréhensible de l’Occident avec des pays arabes très conservateurs, au grand dam de ceux qui fournissent plus d’efforts culturels et se sentant donc plus méritants. L’affluence complice grandissante du « Tourisme religieux », pourtant limité et circonscrit par le pays hôte, semble tout aussi incompréhensible.

La dernière indignation orientée a trait à la condamnation à mort d’un dignitaire chiite saoudien. Il s’agit d’un non universitaire ayant suivi des études religieuses en Iran, où il appris à prêcher la virulence et la discorde en s’attaquant ouvertement aux symboles sacrés du Sunnisme en terre des Lieux Saints de l’Islam. Ne contrariant pas l’Iran, les 46 autres condamnations à mort prononcées par la même justice sont passées sous silence. En fait, même les massacres sectaires des sunnites en Irak ne reçoivent pas autant d’attention.

Se sentant bien protégé par l’hégémonie grandissante et menaçante de l’Iran, et abusant de l’indulgence, interprétée comme une faiblesse, de son pays envers sa minorité confessionnelle, Nimr Baker Al-Nimr, s’est mis à défier les autorités avec des prêches incendiaires et provocateurs. En plus d’une popularité sectaire fulgurante, il en tire d’autres dividendes. Sa femme malade est prise en charge totale, en compagnie de son frère, pour des soins intensifs en Amérique, et leurs trois enfants l’y rejoignent en bénéficiant de bourses d’études. Il ira ensuite jusqu’à demander le renversement des régimes en Arabie et au Bahrein, et plus tard réclamer la sécession de sa région pour former un Etat chiite. C’est sans surprise que cette partie de l’Arabie a connu une période d’instabilité avec des attaques armées et des émeutes ayant provoqué la mort de dizaines de personnes et agents de l’ordre.

Fort de ses relais officiels tel Nasr-Allah du Liban, et des soutiens gratuits de divers intellectuels se nourrissant de l’anti-Arabisme, l’Iran n’hésite pas à s’immiscer en héros dans les affaires des pays arabes. Après le contrôle de l’Irak, où la responsabilité collective arabe et internationale est également indéniable, c’est au tour de la Syrie et du Yémen d’être dominés par des minorités chiites grâce à l’appui militaire iranien, comme au Liban. La condamnation à mort d’une personne chiite dans n’importe quel pays arabe peut ainsi provoquer des réactions virulentes, voire des menaces. Pourquoi pas, puisque l’Iran n’a jamais été pointé du doigt en exécutant régulièrement des sunnites, tel le prédicateur Ahmady Shahram, exécuté en Octobre 2015, trois ans après son frère Bahram. Plusieurs personnes sunnites sont ainsi exécutées chaque année pour délit de « religion polluée et combat contre Allah ». La minorité arabe Ahwaz, forte de huit millions, vit dans la région la plus polluée du monde et la plus riche d’Iran en ressources naturelles (1). Cette population sunnite est la plus pauvre du pays, et est victime de ségrégation, expropriation des terres, et diverses contraintes politiques et culturelles.

L’anti-Arabisme au service du Chiisme

Le Chiisme est un courant de l’Islam né bien après la mort du Prophète, et ses partisans croient que la succession aurait dû revenir à Ali, et ensuite à sa descendance. Les imams sont considérés infaillibles et dotés de pouvoirs quasi-divins, même si le douzième, porté disparu depuis douze siècles, n’est pas encore arrivé à se libérer de sa détention dans une grotte inconnue. Non contents de vénérer Ali et sa descendance, une haine démesurée est déversée sur les plus proches compagnons du prophète et sa femme Aicha, accusés de trahison, alors qu’ils sont glorifiés dans le Coran. Lequel Coran est remis en cause par certains qui évoquent une révélation ultérieure (Coran de Fatima). Pour couronner le tout, il est recommandé au besoin, de se rapprocher de Dieu par des mensonges (Takiyya) pour cacher les desseins réels ou éviter l’embarras. L’histoire des révélations divines montre qu’aucun prophète n’a autant bouleversé la religion de son prédécesseur, comme le fait le Chiisme avec la dernière révélation, quelques années après la mort du Prophète, Prière et Salut sur Lui. Dans la vidéo de la référence (2), on peut entendre un érudit chiite affirmer que les mécréants et les juifs, tel Ariel Sharon, sont mille fois préférables aux deux premiers califes de l’Islam ; et que le chien de Sharon est meilleur qu’Abou Bakr et Omar Ibn Al-Khattab. Cette terrible déviation sectaire est une grande épreuve, fitna, que l’Islam trainera sans doute jusqu’au jugement dernier.

En vilipendant avec mépris les pays arabes tout en louant abusivement la politique de l’Iran, certaines élites, sans doute négligentes ou indifférentes vis-à-vis de la portée religieuse, ne font que prêcher inconsciemment le Chiisme rampant, qui menace désormais notre pays, pourtant longtemps épargné par cette fitna.

L’anti-Arabisme alimente aussi et se nourrit du Berbérisme, racisme qui ne dit pas son nom, et qu’il est, dans l’air du temps, hasardeux de critiquer. Mais la sagesse devient d’autant plus prééminente à professer qu’elle est répudiée et souillée, avec peu de chance de figurer dans les agendas des campagnes électorales.

Le Berbérisme, et son frère ennemi et non moins raciste et puant, le panarabisme ou Baâthisme, fleurissent et s’épanouissent ensemble à travers la sale guerre qu’ils se livrent, au détriment des valeurs de la nation, la cohésion sociale, et l’unité territoriale. La fraternité arabo-islamique ? C’est désormais un délit.

Loin de se limiter aux ségrégations de couleur ou d’ethnie, le racisme est avant tout d’origine satanique. En refusant d’obéir au Créateur et de se prosterner devant Adam, sous prétexte d’être meilleur, Satan fit acte de vanité raciale. C’est aussi par pur racisme que les Juifs ont rejeté l’Islam, le Messager annoncé et tant attendu ne fut pas des leurs. La faiblesse raciale coule dans les veines humaines, et même des compagnons du Prophète ont été rappelés à l’ordre : « Laissez-la, elle pue ». Ou encore : « Vous êtes tous issus de Adam, et Adam a été créé de poussière »,  (Hadiths).

Constitution, la ruse et la compromission auxiliaire

La ferveur et la passion des débats suscités par l’avant-projet de Constitution pourraient déjà suffire comme victoire aux promoteurs. Il serait peut-être utile de rappeler que la résistance d’une chaine ne peut jamais excéder celle du maillon le plus faible ; et que l’équité et la probité d’une loi restent avant tout tributaires de celles des personnes veillant sur son application. N’a-t-il pas été déjà magistralement prouvé que la Constitution algérienne n’est ni inviolable, ni irréversiblement verrouillée ? Qui pourra donc empêcher les générations futures de tout changer, dans le cadre d’une adhésion populaire ou d’une dictature héritière plus inventive, soit en optant pour un régime impérial qui verra sans doute l’actuel record de quatre mandats battu, ou bien en fondant la république tant rêvée depuis Novembre 1954, et peut être même accuser rétrospectivement de haute trahison ceux qui auront joué avec les lois, responsabilités, élections, valeurs, sacrifices, et richesses du pays ? A méditer pour ceux qui pensent pouvoir réserver autoritairement une place dans un carré spécial de l’Histoire.

En concentrant autant de pouvoirs entre les mains du Président, les sauveurs de la nation visent à simplifier la tâche de leurs dignes successeurs. Ces derniers se contenteront de contrôler une seule élection, car il leur sera manifestement impossible de rassembler de nouveaux Janviéristes en nombre suffisant.
Mais c’est en fait le point considéré par beaucoup comme une avancée significative qui est la source d’inquiétude pour l’amazigh chaoui que je suis. Le pays affronte déjà suffisamment de sinistres difficilement recouvrables, telles la décennie noire et la débâcle du système éducatif, pour se permettre un autre aventurisme aux conséquences insuffisamment anticipées.

Que peut signifier la co-officialité de deux langues dans un pays où la première est déjà boycottée alors que pour la deuxième, même le préalable de l’alphabet n’est pas encore réglé ?

Le projet d’une académie est indéniablement utile et pertinent pour le développement de la langue berbère, mais que résout l’officialité, au stade actuel, pour un militant sincère de la cause amazighe ?

Ne créerait-t-elle pas plutôt de nouveaux problèmes au lieu d’en résoudre ?

N’ouvrirait-on pas ainsi la porte à la discorde en renforçant un dialogue de sourds, déjà suffisamment préjudiciable ?

Même les pays développés, avec une stabilité républicaine centenaire, demeurent prudents sur ce sujet sensible. La politique linguistique de la France est basée sur le monolinguisme d’Etat (3), avec le Français comme unique langue officielle. Les nombreuses langues régionales sont dotées d’outils de développement et peuvent être choisies comme langues vivantes ou matières optionnelles. Ecoutons J.P. Chevènement, un des politiciens français opposés à la co-officialité linguistique, s’exprimer à propos de la langue corse, officialisée par le parlement local (4,5) :

« Aujourd’hui, la co-officialité de la langue corse, que réclament les nationalistes, d’autres la réclament ailleurs. Et si on votait cette charte des langues régionales et minoritaires, il faudrait que les actes de mariage, de décès, les successions, les contrats puissent être rédigés non seulement en Français, mais dans une soixantaine d’idiomes. Ce serait l’éclatement de l’espace national. » . « Notre pays reste panaché. Simplement – et heureusement ! – il y a des éléments d’unité. Comment ferais-je pour dialoguer avec M. Raffarin si nous ne disposions pas d’une langue commune ? ». « Sur l’île de Beauté, la connaissance du corse est devenue nécessaire pour recruter des professeurs d’école. Cette “corsisation” des emplois est antirépublicaine ».

N’y a-t-il pas là matière à méditer ?

La conciliation entre les deux dimensions identitaires que sont l’Amazighité et l’Arabité, ne sera jamais aboutie sans la troisième et la plus importante, l’Islamité, que nos aïeux ont choisie librement et non par héritage. Loin de s’opposer à la diversité linguistique, la religion l’assiste et facilite son acceptation, permettant ainsi de préserver et renforcer la cohésion sociale. Les berbéristes et les baâthistes le nieront sans doute, mais la radicalisation de la revendication identitaire est une des nombreuses conséquences collatérales de l’aventurisme de 1992. Les Janviéristes et leurs suppôts continueront de se débattre vainement avec leurs théories de la justification et ses souffre-douleurs, même si de récentes évidences et révélations réfutent et démolissent leurs assertions ainsi que les intentions farfelues prêtées à leurs victimes, et même si la Turquie de Tayeb Erdoghan leur exhibe l’autre alternative de sauvegarde d’une nation.

L’actuel projet de Constitution va sans doute passer par les deux chambres du parlement comme une lettre à la poste. L’Amazighité est un héritage culturel et une fierté nationale pour tous. Ce projet de co-officialité linguistique doit mobiliser tous les algériens avec sagesse et responsabilité, afin d’éviter qu’il soit manipulé par une minorité de séparatistes menaçant la cohésion sociale et l’unité territoriale, et dont la stratégie linguistique finale serait peut-être de déclarer l’impotence des deux langues nationales, afin de sortir ensuite le joker du butin culturel.

Abdelhamid Charif
14 janvier 2016

Références :

(1) http://gulfnews.com/opinion/thinkers/al-ahwaz-will-always-be-arab-1.786524
(2) https://www.youtube.com/watch?v=l7JEop3onRs
(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France
(4) http://www.chevenement.fr/Je-souhaite-que-le-gouvernement-s-oppose-a-la-co-officialite-de-la-langue-corse_a1791.html
(5) http://www.languesregionales.org/-Jean-Pierre-Chevenement,241-?lang=fr

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44 commentaires

  1. Abdelhamid Charif on

    Précisions
    Chers amis,

    Je souhaiterais apporter quelques précisions concernant cette contribution.
    Il s’agit en fait d’une compilation de réactions longtemps refoulées et que j’ai finalement décidé de partager. Je laisse de côté de nombreux écrits virulents à l’égard des pays arabes, et je me contenterai d’évoquer les analyses plus pertinentes d’un frère et collègue ainé de Polytechnique, que j’estime et respecte beaucoup. J’ai évité de citer le Professeur Chitour, mais bien évidemment, il ne manquera pas de sentir quelque chose en prenant connaissance de mon article.
    Ci-après, se trouve le lien à une de ses chroniques sur le journal L’Expression, qui ont inspiré ma contribution.
    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_chitour/232755-le-peuple-saoudien-en-otage.html
    Que le professeur Chitour sache que mon estime et mes sentiments envers lui sont aussi forts qu’avant, sinon plus ; car je sais d’une part qu’il tolérera les éventuels excès d’un jeune frère, et que d’autre part si ma réflexion contient une quelconque pertinence, il sera le premier à la saisir.

  2. Référendum
    Le pouvoir politique algérien est illégal car issu de fraudes électorales massives et illégitime car il ne représente pas les aspirations et convictions profondes du peuple algérien.
    Il a voulu ruser avec la démocratie en 1989-1991 et nous avons eu comme résultat une guerre civile dont il porte l’entière responsabilité.
    Il s’est moqué de la constitution de 1989 en la bafouant et en montrant comment la manipuler: une institution simplement consultative qui ne pouvait se réunir que sur convocation du président de la république s’est auto-saisie (il est sûr qu’elle ne s’est pas réunie et que les généraux félons ont tout édicté)pour créer ce monstre constitutionnel que fut le Haut Conseil d’Etat.
    Le résultat fut l’assassinat en direct de celui qui accepta leur mascarade.
    Un nouveau danger guette l’Algérie avec une nouvelle constitution qui va jouer avec le sacré d’un pays.
    Il ne s’agit pas de mettre à égalité une langue choisie librement par le Maghreb depuis Sidi Okba. Par amour pour la langue arabe, langue du Coran, les Maghrébins ont abandonné leurs parlers et l’arabisation presque totale du Maghreb fut le fait des Maghrébins.
    Ils ont compris aussi que leur intégration à l’espace arabe ne connaissait aucune barrière ethnique et que le fait arabe n’est pas racial comme pour d’autres langues
    La revendication berbériste est nouvelle et a débuté avec ceux passés par les Pères blancs et l’école française.
    Si ceux qui estiment que c’est une nouvelle donne et ce sont justement ceux-là qui crient le plus à la démocratie, il faut qu’ils exigent un référendum pour déterminer la volonté générale des Algériens.
    Comme le dit, à juste titre Abdelhamid Charif, le véritable objectif est la francisation du pays et depuis l’arrivée de Bouteflika, l’environnement s’est complètement francisé et la volonté de promouvoir le plus la langue de Voltaire s’est accentuée.
    Ce nouveau mauvais coup du régime pourra vider le pays de sa substance, de ses ressorts et risque d’hypothéquer sérieusement son avenir.

  3. référendum
    Un référendum sur la question linguistique va se solder par une revendication massive de l’indépendance de la Kabylie. Finalement, mr dib, vous allez convaincre de la scission ceux qui ne le sont pas par le MAK.

  4. Chantage
    Cher monsieur Ywaali, le chantage n’a jamais été un bon moyen du vivre ensemble. Ceux qui sont tentés de céder au chantage doivent savoir qu’il ne s’arrêtera pas et ne pourra que fragiliser le pays. Ceux qui ont peur de connaître les véritables intentions des Algériens ne sont que ceux qui veulent enterrer l’Algérie.Le drame est que le pouvoir actuel algérien est non seulement un pouvoir prédateur et ignare mais aussi très faible et prêt à toutes les compromissions sur le dos du pays pour perdurer.

  5. Référendum
    Tout à fait d’accord avec vous, monsieur Dib, le chantage n’est pas un bon moyen de vivre ensemble. Ni l’injustice, ni l’exclusion, ni le mépris d’ailleurs.
    Quand on évoque le référendum sur la question amazigh, c’est du chantage car on connaît le résultat d’avance sachant que le peuple algérien dans sa majorité ignore la réalité de son histoire réduite à la période post islamique par le discours dominant. Ce discours n’a pas beaucoup évolué de Ben Badis à Djaballah en passant par Messali et Ben Bella.
    Citer Okba et oublier Massinissa, parler de la langue arabe et ignorer la langue des origines pratiquée par des millions d’Algériens c’est de l’exclusion.
    Déclarer la langue arabe « sacrée » donc intouchable et soumettre la langue amazigh à discussion c’est de l’injustice.
    Accuser de complot au services du français ceux qui luttent contre l’injustice subie par l’identité amazigh c’est du mépris et de la grande ruse.
    Sachez, monsieur, que des millions d’Algériens se reconnaissent dans l’humanité toute entière et se sentent très mal à l’aise dans le moule arabo musulman dans lequel veulent nous enfermer les islamo-conservateurs. Ni la langue arabe,ni la langue amazigh, ni la langue française ne doit être considérée comme un tabou ou comme une obsession. Rien n’est sacré, tout se discute et tout se construit ensemble pour vivre ensemble loin des barrières idéologiques et obsessionnelles.
    POUR UNE ALGERIE UNIE DANS SA DIVERSITE ET NON DANS L’UNICISME

  6. commentaire
    [quote name=”ywaali”]Un référendum sur la question linguistique va se solder par une revendication massive de l’indépendance de la Kabylie. Finalement, mr dib, vous allez convaincre de la scission ceux qui ne le sont pas par le MAK.[/quote]
    je ne pense pas que ce soit le cas.les kabyles sont implantés partout en algerie ou beaucoup ont une situation economique enviable et sont dissous dans la communauté d’adoption.en plus sur le plan economique la kabylie n’est pas viable et la separation va entainer le sevrage de la rente petroliére qui la fait vivre.les separatistes comme le mak ont en arriére plan ‘l’aide massive putative de la france ;mais ils oublient que cette derniére est en situation de declin tangible ce qui éxplique la ressurgeance ces velleités imperialiste au mali; niger ;lybie etc.je pense qu’une infime partie de kabyles victime d’un lavage de cerveaux soutenu soutiendront une telle demarche que la majorité considere comme suicidaire. la solution est l’instautration d’un etat democratique issue de suffrages libres

  7. séparatistes
    Les séparatistes n’émargent pas uniquement au MAK mais aussi dans les milieux conservateurs. Ceux ci mènent une campagne de haine et de dénigrement contre tout ce leur rappelle les origines de l’Afrique du Nord. A l’annonce de l’officialisation de Tamazight, ces séparatistes indirects paniquent et déversent leur venin. Ils apportent de l’eau au moulin du MAK tout en chantant l’unité.

  8. abdelkader lizimmigr on

    RE: L’anti-Arabisme ou les effets collatéraux d’un butin en absence de prémunitions
    le mouvement extrémistes MAK est une carte qui sera utilisée le moment voulu, et quand cet atout ne sera pas, ou ne servira pas plus ou que son utilité sera moindre importante, il sera liquidé comme autres bougnouls de service du néo-colonialisme, et m’heni l’ennemi de la patrie ne sait pas qu’il y a des spécialistes du poisson dans l’eau comme le régime choc et la main rouge organisation terroriste de l’état français Durant la glorieuse révolution algérienne. qui manipulent les cartes comme lui l’est actuellement.
    et en plus ces militants du mouvement raciste et xénophobe MAK tournent le dos a l’hymne national (Qassamen) et le drapeau national algérien vert blanc saignant l’étoile et l croissant rouge, symbole de la patrie et du peuple algérien sans aucun respect a nos glorieux chouhadas de un million cinq cents milles de valeureux moudjahidin hommes et femmes sont morts pour ce pays.

    que Dieu le tout-puissant nous préservent de la race des odieux racistes, des traitres, des hypocrites, des sept visages et nous laisser dans notre pitié et notre loyauté.

  9. Histoire
    Que nous dit Ywaali? Que le peuple algérien ne connait pas son histoire et que lui et ses amis berbéristes sont heureusement là pour nous le rappeler. Le problème est que cette tendance est relativement récente et peut être datée approximativement de la fin de la seconde guerre mondiale. Il est pour le moins curieux et risible que des gens soucieux d’aller chercher si loin l’origine du peuple algérien n’arrivent pas à dépasser l’horizon de l’Algérie sous occupation française et encore vers la dernière phase de cette occupation.
    Si nous nous penchons sur la genèse de cette tendance, nous observons qu’elle est le fait de jeunes gens instruits par l’école française et influencés par l’action des Pères Blancs actifs surtout dans l’actuelle wilaya de Tizi Ouzou.
    Finalement c’est l’histoire écrite par le colonialisme français qui a exhumé cette fameuse histoire des origines dont se réclament les berbéristes. Je lance le défi à Ywaali de nous donner dans sa région une seule personne portant le prénom de Massinissa et autres curiosités patronymiques.
    Le vrai problème que veulent occulter les berbéristes est que ce sont les habitants de ce pays y compris ceux de la région de Tizi Ouzou qui ont voulu s’intégrer dans la vaste communauté arabo-islamique qui n’avait aucun critère ethnique pour accueillir avec sincérité et force tous ceux qui veulent en partage la langue arabe, sacrée par le Coran.
    C’est pour cette raison qu’ils ne ne crient à l’oppression qu’à partir de Ben Badis, le représentant de l’identité de l’Algérie contemporaine.
    Il est aussi incongru que des gens se réclamant du régionalisme et du tribalisme donnent des leçons d’universalité à des musulmans taxés pour les besoins de la cause de conservateurs.
    Un point d’histoire contemporaine qu’ont voulu occulter et manipuler les escrocs berbéristes: c’est le chef de la wilaya III historique le chahid moudjahid Amirouche qui a fait exécuter en 1957 Bennai Ouali pour avoir été l’un des fondateurs du Parti Populaire Kabyle après avoir été chassé du PPA MTLD pour son implication dans le complot berbériste de 1949. Ce dernier, à l’inverse de la plupart des comploteurs qui ont rejoint le Parti communiste algérien, à préféré mettre en avant son tribalisme. Mais devant l’échec cuisant dans sa région natale, il a quitté dégouté toute activité politique bien avant le déclenchement de la guerre de libération et ne représentait aucun danger pour le mouvement national et cela n’a pas suffi aux yeux d’Amirouche qui a tenu à lui faire payer son action passée.

  10. Histoire
    « Atlubu el 3ilm walaw kana fi ssin » , « Eruju3 ila el asl fadila » voilà des citations du Coran qui n’ont pas de sens chez monsieur Dib qui se revendique de l’Islam mais incapable d’en tirer de bons enseignements. Pour lui, la religion est un moyen de se distinguer des autres, de s’opposer aux autres, de se méfier des autres, de stigmatiser et de rejeter les autres, …il tire à boulets rouges sur tout ce qui n’est pas arabe ou musulman. Pour lui, le retour aux origines devient une escroquerie. Qu’il se revendique Arabe, descendant de Qureychs c’est son droit et je le respecte mais je m’oppose à ce que cette identité me soit imposée. Il en est de même pour beaucoup d’Algériens qu’ils soient berbéristes ou non. Le danger n’est pas la pluralité acceptée mais la singularité exclusive et stérile.
    Je tiens à rappeler que la première organisation nationaliste (Etoile Nord-africaine) est fondée principalement par des émigrés qui ont fréquenté l’école des pères blancs et les syndicats français où ils ont forgé un esprit de lutte politique. Les principaux acteurs de la révolution de novembre ont fréquenté l’école française. Peut-on les accuser de servir la France?
    La revendication berbère est récente. Oui mais est-ce un problème ? La république algérienne est récente. L’arabisation de l’école est récente. Le nouvel ordre mondial est récent. L’informatique est récente. L’internet est récent. Mais où est le problème ?
    Si les arabisants ne se sont pas intéressés à la question berbère ils n’ont pas à dénier aux francisants le droit d’occuper le terrain de la recherche, de la promotion et du développement de la langue de Yugurten. Si la terre de Massinissa offrait la liberté, l’académie berbère ne serait pas née à Paris. Et si la communauté émigrée est installée principalement sur la terre non musulmane, c’est qu’ils ne sont pas séduits par les pays arabes.
    Pour revenir au défi, je déclare que je connais au moins une vingtaine de gens portant le nom de Massinissa sans parler d’autres prénoms comme Yuba, Jugurten, Takafarinas, Syfax….et ils en sont fiers.
    Pour les patronymes je cite au moins un et non des moindres: TEMLALI qui est le nom de Yacine, l’auteur du livre « La genèse de la Kabylie. Aux origines de l’affirmation berbère en Algérie (1830-1962) » paru aux éditions Barzakh en octobre 2015.
    Je termine par un écrit de Mohamed Arkoun à ce sujet:

    « Si l’on part d’une définition ethnographique de la culture, on sera fondé à parler d’un fonds culturel méditerranéen au nord du Maghreb, c’est-à-dire la bande appelée Tell et délimitée autrefois par le limes romain (lignes Tebessa, Djemila, Volubilis…).
    L’architecture des villages kabyles, les rites agraires, le code d’honneur, les systèmes de parenté, le statut des hommes et des femmes, les stratégies matrimoniales, les arts et traditions populaires, les contes populaires…permettent d’identifier un socle anthropologique commun à l’espace méditerranéen. Ici encore, l’idéologie nationaliste a voulu annuler cette donnée irréfutable sous la pression des militants pour la seule « personnalité arabo-islamique ». Evoquer l’importance de l’Eglise d’Afrique et de ses penseurs, la richesse de la littérature, de l’architecture latines, notamment dans la partie géographique appelée Ifriqiya par les Arabes (du latin Africa), c’est immédiatement déclencher la protestation indignée de tous ceux pour qui le « Maghreb romain » est devenu un impensable. » http://www.fondation-arkoun.org

  11. Histoires..
    [quote name=”Ywaali”]« Atlubu el 3ilm walaw kana fi ssin » , « Eruju3 ila el asl fadila » voilà des citations du Coran qui n’ont pas de sens chez monsieur Dib …[/quote]
    Sans trop rentrer dans le détail du reste des élucubrations je dirais que ce qui fait défaut aux tenants du berbérisme c’est ce décalage qu’ils affichent avec les valeurs authentiques et réelles des berbères eux-mêmes. Un décalage qui les trahit dès qu’ils tentent le terrain des idées… comme par exemple citer des versets du Coran qui n’en sont pas.

    Puis venir donner des leçons d’histoire et d’anthropologie sur un ton victimaire pour nous faire découvrir Massinissa et Jugurta comme si les dizaines de générations de berbères qui ont façonnés l’histoire de toutes ces contrées d’Afrique du nord et d’Europe étaient aliénées, ignorantes ou masochistes pour s’auto-mutiler culturellement.

  12. Confusion
    Ywaali nage en pleine confusion et lis mal ce que j’écris. Loin de moi d’imposer quoique ce soit à qui que ce soit. Je parle d’une identité collective et libre à quiconque de vouloir en sortir.
    Il nous montre aussi qu’il ne connait en rien le Coran et les deux citations ne sont nullement des versets du Livre. Le premier passe pour un hadith mais les spécialistes le récusent mais admettent qu’il reflète l’esprit de la civilisation arabo-islamique, islamique par sa foi et arabe par son expression et non par un quelconque tribalisme ou “ethnisme” auquel sont attachés les berbéristes.
    Je n’ai pas dit qu’une revendication récente est à ignorer, je dis simplement que ses adeptes doivent le dire. Les berbéristes au lieu de vivre dans l’escroquerie, les fumisteries et autres mystifications comme le calendrier berbère (voir l’excellent article d’Abderrahman Benamara sur Yennayer paru dans ce site)doivent avouer aux Algériens qu’ils récusent le choix de leurs ancêtres d’avoir choisi pour leur très grande majorité de s’arabiser et pour tous de n’utiliser que la langue arabe comme langue de communication écrite et de gouvernement et de science.
    Ywaali nous fait un tour de passe-passe sur les prénoms antiques qui pour certains ont actuellement un doux parfum d’authenticité car je lui ai demandé d’en citer dans l’ancienne génération (celle d’avant la seconde guerre mondiale) et je n’ai pas parlé de patronymes.
    Au lieu de citer un livre récent, Ywaali aurait dû nous donner des arguments tirés de ce livre que nous aurions pu discuter.
    D’ailleurs, il m’a toujours paru bizarre que la revendication berbériste soit portée presque uniquement par des kabyles et surtout par les kabyles de la région de Tizi Ouzou alors que les chaouias dans leur immense majorité n’en en cure. Est-ce le résultat de la politique coloniale française qui a tressé dans la région de Tizi Ouzou un maillage solide d’écoles françaises et de lieux tenus par les Pères Blancs?
    Nos frères émigrés de la première heure et qui ont porté la revendication indépendantiste à l’instar du plus prestigieux d’entre eux Messali Hadj n’ont eu que des rudiments d’instruction à l’école française et n’ont pas été contaminés par la propagande de l’historiographie coloniale. C’est ainsi qu’ils furent le fer de lance du nationalisme musulman et malgré leur grand respect de l’Association des Oulama, leur ont donné des leçons d’Islam.
    Si Ywaali a bien lu la citation de Mohamed Arkoun, il aurait vu qu’il commence par situer son contexte de “définition ethnographique de la culture”. Or cette démarche ne relève que du folklore alors que mon propos touche à l’âme d’un peuple, d’une communauté.
    Un historien allemand du XIX ème siècle a déclaré que plus que les peuples ne créent d’évènements, ce sont les évènements qui créent les peuples.
    Loin des élucubrations raciales, ethniques ou d’origine et le Coran justement fustige tous ses relents.
    La chevauchée de Sidi Okba a été justement cet évènement fondateur d’un peuple maghrébin dont nous avons tous intérêt à ressouder lesliens au lieu de vouloir diviser ce qui est encore uni.

  13. Messali
    Il est tout de même curieux qu’un “grand” homme comme Messali aille chercher la définition de l’identité algérienne chez Chakib Arslan, le libanais,au lieu de la définir avec ses camarades du parti. Visiblement,le colonialisme n’a pas une seule forme ni une seule langue. Plus curieux encore, celui qui a tué ses frères du FLN avec des armes fournies par la France est considéré comme un héros alors que Ferhat, le fils de chahid qui a longtemps lutté pour un état national de droit (membre fondateur de 1 ere ligue des droits de l’homme)sans tuer une mouche, pendant que ses pourfendeurs d’aujourd’hui léchaient les bottes du régime dictatorial, est traité comme un renégat.
    En parlant du drapeau et de l’hymne national, il faut reconnaitre que si les valeurs qu’ils représentent sont défendues par au moins 1/2 des Algériens notre pays ne serait pas dans cet état lamentable et l’idée de l’autonomie n’aurait m^me pas effleuré un esprit ni séduit autant de monde y compris des cadres. la première fois que les algériens votent librement ils ont opté pour une dictature théocratique.Quand on ignore les valeurs du drapeau, que vaut le tissu? Un drapeau nord-africain est de plus en plus brandi aussi bien à Benghazi, à Tizi, à Bizerte, à Ouarzazat qu’aux Canaries. “EKKER A MMI-S UMAZIGH, ITTIJ NNEGH YULI….” sera le nouvel hymne pour tout le grand Maghreb.
    Je tiens à avertir ceux qui empruntent les insultes coloniales pour nous attaquer qu’il vont lire des plus humiliantes dans le même registre.

  14. Agraw
    [quote name=”ADZAYRI”]Il est tout de même curieux ..[/quote]
    L’identité algérienne pose uniquement problème à ceux qui ont été la chercher chez Jacques Bénnet le français et qui vont se ressourcer à Tel-Aviv.

  15. abdelkader lizimigri on

    alger 2 aout 1936, Messali Hadj, cette ne se vendait pas!!!
    dans les années 1930, pendant le mois du ramadan (ramadan el Moubarak), le cœur n’y était pas. Dans les cafés algériens, tunisiens, marocains laissaient percer le même regret. Celui du pays, ou le ramadan était aussi une fête avec les réjouissances de l’Aïd. Pour Messali Hadj, ce n’est qu’une occasion (une de plus), de mesurer la grande solitude des travailleurs immigrés.

    Cette conférence a l’Islam étroitement liée a l’objectif politique avait émergé de manière nette dans sa démarche politique au cours des années 1930-1933. Parlant devant l’assemblée générale des militants de mai 1933. Massali y insista a plusieurs reprises.

    La France a laissé les algériens dans l’ignorance de leur propre religion. Elle a infesté l’Afrique du nord de milliers de missionnaires qui ont essayé de christianiser son peuple. Heureusement, le peuple Arabo-berbère, inspiré par une foi ardente, possède une force morale indestructible, il ne pliera jamais devant la force matérielle.

    Les mots humanité et civilisation ne sont aux yeux des colonialistes français qu’un prétexte. Si une grande partie du monde se trouve sous la domination étrangère, c’est en raison de son défaut total d’organisation. Pour se libérer du joug, les musulmans doivent donc s’organiser. L’étoile-nord-africaine est la pour les guider et les conduire a la victoire.

    Messali avait été un témoin attentif aux transformations politiques du proche orient consécutives a l’effondrement de l’empire Ottoman et a la révolution kémaliste.

    En correspondance épistolaire avec cheikh Arslan, l’utilisation de la nation d’unité islamique, pour résister aux fractionnement et a la domination étrangère, était empruntée aux théories apparaissant en 1930, sur la conscience nationale arabe. En 1932, dans le périodique Al Arabie, patronné par cheikh Arslan et Abdel Er Rahman Azzam, les nord africains se rapprochent au monde arabe. Les arabes occupent en propre la moitié du cercle méditerranéen. Ils jettent leurs regards dans l’océan Atlantique d’un côté et dans l’océan Indien de l’autre. L’unité arabe est donc une réalité actuelle et une réalité historique.

    En décembre 1933, le comité directeur décida d’organiser des cours d’Arabes pour militants, tous les mercredi, au siège de l’ENA, en même temps, il fut décidé que ces cours seraient précédés, toutes les semaines, par une discutions faite par Messali pour enseigner aux adhérents la force de l’Islam.

    Le 6 janvier 1934, Messali inaugura le cycle de conférences sur l’Islam, par un causerie sur le culte musulman qu’il acheva par un appel a la révolte. Dans le même ordre d’idée, Messali préconisa l’organisation de soirées avec musique de recréer un univers culturel au même titre que la religion. Cadre de référence, l’Islam imprégnait le langage politique de Messali et traitait les ennemis et les amis de l’ENA en termes religieux. Ainsi au cours de son intervention a l’assemblée générale de l’ENA tenue le 4 février 1934, expliquant la nécessité pour l’Algérie d’une constituante, Messali hadj dénonça la représentation des algériens au parlement français demandée par les renégats.

  16. Telaviv
    Content d’apprendre qu’il n’y a pas de problème de l’identité algérienne et du coup je trouve du plaisir à annoncer qu’il n’y a point de problème en Palestine et donc point ade tabou à visiter Telaviv

  17. inhumation/exhumation
    Puisque les pères blancs ont exhumé, alors qui a tué quoi? qui a inhumé ? pourquoi ? à qui profite le crime?
    Tout les peuples parlent de leurs passés sans complexe (Pharaons, Gaulois, Perses, Aztèques,..)sauf chez nous où l’idéologie dominante nous trace la limite;Okba. si on fait un pas plus loin c’est de la préhistoire ou de l’historiographie coloniale. Cet ordre (désordre) établi sur la négation et le mensonge s’effrite chaque jour. C’est ainsi que ce qui était tabou à prononcer chez Benbadis, proscrit chez Messali, interdit chez Boumedienne, se dit actuellement sans complexe ni peur aussi bien par des officiels, des intellos que par des petites gens. le mérite revient à ceux qui ont lutté contre ce désordre et non à ceux qui l’ont consolidé. je préfère accompagner des pères blancs pour la vérité que des frères bruns pour le mensonge. C’est par la vérité qu’on se rapproche de Dieu et non par l’exploitation de la religion à des fins de domination. Si on s’entend pas sur la même vérité, que chacun garde la sienne et des modèles d’organisation politiques gérant ces situation existent de par le monde moderne.
    Mr Benamara qui s’est intéressé à Yannayer pourrait peut-être nous parler de ce mythe géant qui fait de l’Arabe langue sacrée. ce qui se dit uniquement chez les vrais arabes et leurs sous-traitants. Elle n’est sacrée ni en Turquie, ni en Iran, ni en Indonésie pourtant peuplés de musulmans.

  18. Crime
    Le fin limier Ywaali se pose des questions policières sur un éventuel crime commis dans nos contrées. Mais ya Ywaali, la réponse est simple, ce sont les habitants de ce vaste ensemble qui se situe à l’ouest de l’Egypte qui dans un seul élan ont décidé de mettre aux oubliettes un parler limité pour épouser la langue arabe, langue du Coran et de la Civilisation d’alors. Seuls les populations isolées par leurs montagnes ou par le désert n’ont pu bénéficier de ce bienfait de Dieu et de la Civilisation.Mais malgré cela ils participaient de toute leur âme à cet élan. Nous savons qu’en Algérie, par exemple, les meilleurs arabisants venaient de la région de Tizi-Ouzou.
    La seule vérité qui vaille est le travail de sape de l’administration coloniale et de l’Église catholique à travers les pères Blancs qui a enfanté des personnes ignares sur le véritable passé de leurs ancêtres.
    Je note la difficulté de Ywaali à aller avant Ben Badis et c’est tout dire.
    Par contre si crime il y a, il est entrain d’être commis par ces nervis du tribalisme qu’on appelle les berbéristes, crime contre l’unité du Maghreb arabo-musulman.

  19. RE: L’anti-Arabisme ou les effets collatéraux d’un butin en absence de prémunitions
    Ywaali m’a demandé de l’éclairer sur la sacralité de la langue arabe et je l’en remercie. Je m’empresse tout d’abord de le désillusionner : cette sacralité n’est pas un mythe mais une réalité et elle provient du choix qu’a fait Dieu pour envoyer son ultime message à l’humanité. Et cette sacralité s’impose à tout musulman. Ywaali confond la sacralité de la langue arabe avec son adoption par de nombreux peuples qui ont en fait leur langue. Il faut cependant dire que cette sacralité n’a pas empêché la langue arabe d’évoluer selon son génie propre pour devenir pendant plusieurs siècles la langue des sciences et de communication du monde connu.
    Ywaali s’interroge naïvement sur la non adoption par de nombreux peuples de la langue arabe comme leur propre langue. Ce processus est induit par l’intégration à une civilisation dans son ascension matérielle c’est-à-dire pour la civilisation arabo-islamique jusqu’aux environs de l’an mil de l’ère chrétienne.
    Les Turcs et les Indonésiens que cite notre ami Ywaali sont entrés en masse dans l’Islam après cette période. Le cas du monde iranien est différent puisqu’il a bénéficié du « fath » (l’ouverture des cœurs et des territoires au message coranique) des Ahl al-Ayyam dont la chevauchée a eu lieu durant le califat du Grand Omar Ibn al-Khattab. Des esprits chagrins ont profité des luttes entre Abbassides et Omeyyades pour insuffler le mauvais vent de la « chou3oubiya », autre avatar du tribalisme, sous prétexte qu’ils appartenaient à une grande civilisation passée. Mais la force intégratrice de l’Islam n’a pas permis son expression et ce sont les intellectuels du crû comme le fameux Thaalibi et les peuples de la région qui ont fait barrage à cette fracture. Il faut attendre l’arrivée des peuplades turques d’Asie centrale, leur conversion à l’islam et leur submergement de toute la partie orientale du califat musulman pour que les choses évoluent lentement mais sûrement dans le sens voulu par les tenants de la « chou3oubiya ». La première grande œuvre en persan, revivifié par les caractères arabes, est le Chah Namé (le Livre des Rois) de Firdoussi s’est faite sous l’auspice et à la cour de Mahmoud de Ghazna, issu d’une peuplade turque, vers l’an mil. En 1055, c’est le déferlement Seldjoukide, autre peuplade turque, fraîchement convertie qui va adopter le persan comme langue de gouvernement, l’arabe restant la langue de la science et de la religion. Le terme de cette évolution viendra avec les Safavides vers l’an 1500 qui, non seulement imposeront le chiisme comme religion d’Etat alors que le chiisme était minoritaire mais aussi la suprématie du persan mais cette fois contre leur propre idiome turc. Cette politique avait pour but de différencier la Perse qu’ils avaient soumise de l’Empire ottoman, leur grand rival.

    Abderrahman Benamara

  20. abdelkader lizimigri on

    l’anti-arabisme ou la haine de l’arabe!!!
    l’anti-arabisme ou la haine de l’arabisme!!!

    il n’est pire que la haine de soi, car elle vous interdit d’aimer les autres!!!
    le diable ne vient pas vers un cœur déjà en ruine, mais il va vers un cœur rempli de foi afin de le détruire.

    que Dieu le tout-puissant, Dieu le très haut, (sobhanah rabi el adim) nous préserver des haineux, des racistes des extrémistes et nous laisser dans notre loyauté et notre pitié.

    amin Ya rabi el alamin.

  21. langues sacrées
    Je remercie Mr Benamara d’avoir eu l’amabilité de me répondre et je décide de profiter encore de son savoir puisque je ne trouve pas de réponse aux questions suivantes:
    En quoi consiste la sacralité d’une langue? la parler, l’écrire, l’admirer, l’aimer? ou bien l’utiliser seulement pour la pratique religieuse ?
    Combien de langues sacrées y a-t-il ?
    Y en a-t-il qui ont disparu ?
    Une langue peut-elle perdre sa sacralité en évoluant ?
    L’Arabe dialectal est-il sacré ?
    N’y a-t-il pas de contradiction qu’une langue sacrée véhicule du non sacré ?
    Sur la plan religieux, qu’a t-on à gagner ou à perdre dans l’utilisation ou non d’une langue sacrée?

  22. L’arvia
    La sacralité de la langue arabe réside dans le fait qu’elle véhicule le dernier message Divin; il va de soit qu’un message dans une langue incomprise perd toute pertinence. La sacralité de la langue va de la sacralité du texte.

    La sacralité consiste à tout mettre en œuvre pour conserver sa maîtrise par l’homme sujet du message, par son apprentissage, sa pratique et la promotion de ses experts.

    Les peuples musulmans non arabophones qui n’ont pas réussi à terme d’apprivoiser la langue de leur sacré (non pas faute d’essayer, la majorité de ces peuple adoptèrent l’alphabet arabe pour leur propre langue) ont conscience de la difficulté à entretenir le savoir Coranique et la tradition Prophétique sans la maîtrise des masses de l’outil principal qu’est la langue arabe. Ils restent pour cela tributaires des érudits et savants dans lesquels ils investissent tant bien que mal en fonctions des aléas de leur histoire.

    La situation de ses peuples vis-à-vis de la langue étant telle que le sacré dépasse la langue elle même pour être attribué au Cheikh, Khodja, Hodja, Molla qui la maîtrise et leur distille le savoir.

    Il n’est point utile de préciser que cette sacralité est relative aux croyants qui porte sacré le texte Coranique. De même que les tentatives de désacralisation de l’arabe ont toujours eu un background de dé-islamisation, ce qui montre en même temps que les initiateurs de ces tentatives comprennent et admettent de facto le statut sacré de cette langue.

    Nos ancêtres Amazighs n’ont pas tournés longtemps autour du pot, ils ont tout de suite compris le rapport et l’apport civilisationnel de cette langue, l’ont adopté, chéri et en sont devenu maîtres en la répandant outre contrées et générations.

  23. Sacralité
    Cher Monsieur Ywaali, la sacralité ne peut venir que de Dieu. Quand j’ai lu votre commentaire, notre ami Mohand avait déjà répondu à votre principale interrogation et je ne peux que le louer pour sa perspicacité et son érudition.
    La fonction première d’une langue est la communication, qu’elle soit de la vie courante, relevant de la philosophie ou de la pratique religieuse. L’homme est un tout, certes avec divers centres d’intérêts mais homogène dans son être, et sa vie ne peut se compartimenter. Sa langue doit être la même pour toutes ses activités. Cela ne veut pas dire, bien entendu, qu’il ne pratique pas d’autres langues.
    Pour le Musulman, seule la langue arabe est sacrée car, comme je l’ai écrit plus haut, elle tient son statut de Dieu. Les autres langues n’ont été sacralisées que par les hommes comme le latin par exemple qui a fini par devenir une langue morte.
    Dieu nous a choisi une langue forte, capable de tant de prouesses, passant d’un parler de tribus à une langue de civilisation permettant à l’humanité d’atteindre des sommets spirituels, scientifiques, philosophiques tout en exprimant les divers moments de la vie d’une communauté.

    Abderrahman Benamara

  24. Omar BENAISSA on

    sacralité du contenu pas de la langue
    Dire que la langue arabe est une langue sacrée ne doit pas servir de conclusion au débat. Bien au contraire, il faut maintenant dire ce qu’implique pratiquement dans l’ordre intellectuel, cette affirmation qui est en fait une expression métonymique.
    Car ce n’est pas la langue qui est sacrée, mais bien le contenu qu’elle exprime. C’est en tant qu’elle colporte des significations des paroles divines qu’elle est sacrée. Autrement la langue des Arabes, ne vaut guère plus de nos jours, que ce que valent les arabes, c’est-à-dire pas grand chose.
    Elle reste belle et forte dans les cœurs des croyants sincères. Cela suffit largement, car ce sera pour eux toujours le cas.
    Lorsqu’elle a été ”défendue’’ et imposée, sans grande conviction, par les régimes politiques qui voulaient par là faire plaisir aux baathistes qui dominaient alors la scène idéologique du ‘’monde arabe’’, cette langue-là ne me plaisait pas. Elle était loin d’être sacrée, elle était violentée par la démagogie de nos dirigeants. Elle servait même à attrister et jeter l’effroi dans les cœurs des ‘’minorités’’ qui réclamaient un peu de respect pour leurs langues.
    Si la langue arabe avait des pouvoirs miraculeux du seul fait de ce qu’on la parle ça et là, cela se saurait.
    Or ce que l’on sait, c’est que les arabes sont loin d’être à la pointe de quoi que ce soit dans le domaine du savoir, sinon de la bêtise et de la félonie, dans certains cas.
    Dieu a envoyé des prophètes chacun avec la langue de son peuple (bi-lisân qawmihi). Toute langue est sacrée en tant qu’elle véhicule la vérité divine. Appliquons-nous plutôt à méditer sur les mystères de la création, dans la langue de la science et cessons de nous encenser. Dieu ne mentionne la langue ‘’arabe’’, dans le sens de langue claire que comme argument contre ceux qui pouvaient arguer de ce qu’ils ne comprennent pas le contenu du message de leur prophète.
    Il met au défi les arabes d’apporter une sourate semblable à celles du Coran.
    Le Coran fut un miracle pour les arabes qui l’entendaient au début de sa révélation au Prophète. Aujourd’hui, plus aucun arabe ne peut voir cette force rhétorique du Coran. C’est pourquoi, les commentateurs du Coran devraient s’occuper des véritables arguments du Coran, de ceux qui sont accessibles à tous les croyants, dans le langage de la science universelle.
    Dire que le latin n’est pas une langue sacrée, c’est aussi être irrespectueux envers nos frères chrétiens. C’est à eux de juger de la sacralité par rapport à leurs propres critères. Si le latin a servi à exprimer la religion de Seyyiduna ‘Isa, elle devient forcément sacrée du fait même qu’elle véhicule désormais une partie de la baraka du Prophète de l’Evangile. La traduction d’un texte sacré dans une autre langue rend cette dernière sacrée, en vertu du principe alchimique de transmutation. Toutes les langues de l’islam sont sacrées dès lors qu’elles participent à faire connaître l’enseignement du Coran. Le berbère, le persan, le turc, l’urdu, etc. en font partie, et désormais, même les langues occidentales l’anglais, le français, l’allemand et le russe, etc.

    Un trait de caractère des Arabes s’est plusieurs fois manifesté dans l’histoire, depuis la ruse imaginée par Muawiya faisant porter à ses soldats des pancartes sur lesquelles étaient inscrits des versets coraniques, au point que des partisans de l’imam Ali ont été conduits ”à réclamer le jugement de Dieu’’, jusqu’à notre époque où les Frères musulmans ont développé le slogan ”al-islâm huwa al-hall’’, l’islam est la solution.
    Toutes ces paroles jouissent d’une part de vérité en apparence, kalimat haqqin, mais elles sont trompeuses et mal intentionnées, yurâdu biha bâtil, comme a dit l’Imam Ali.
    Wa Allah a’lam

  25. Authenticité
    Omar Benaissa est rentré d’une manière fracassante dans le dialogue instauré par Ywaali. Ce dernier m’a fait l’amitié de me demander en quoi l’arabe est une langue sacrée. Je dis bien dialogue car de débat, il n’y en avait point et donc aucune conclusion ne pointait le bout de son nez.
    Mais s’il estime qu’il faille un débat, alors soit !
    Il commence par nous expliquer que la sacralité de la langue arabe n’a ce statut que par abus de langage (c’est ce qu’il appelle expression métonymique) et qu’en fait c’est la vérité divine véhiculée par la langue arabe qui est sacrée. Puis nous rappelle que “Dieu a envoyé des prophètes chacun avec la langue de son peuple” conférant ainsi une sacralité à chacune de ces langues. Enfin se ravisant, il nous assène qu’en fin de compte la sacralité de ces langues proviendrait de la traduction du Coran (c’est ce que je comprends même s’il ne cite pas le Coran) permettant ainsi que par une transmutation alchimique (sic) ces langues participent à la sacralité de la langue arabe.
    D’un coup, il affirme la sacralité de la langue arabe, de l’autre il la nie.
    D’un coup la langue arabe servirait à “brimer” ce qu’il appelle les minorités et de l’autre que cette même “langue reste belle et forte dans le cœur des croyants”.
    Je n’ai pris l’exemple du latin que pour montrer la différence avec l’arabe. Le premier choix par les hommes et le second par Dieu.
    D’une manière générale, il a mal assimilé la philosophie d’Ésope qui estimait que la langue (l’organe) n’est ni bonne ni mauvaise en soi mais que ce statut diffère selon que la langue exprime le bien ou profère des insanités.
    Puis comme s’il n’avait que cette tribune pour s’exprimer, il sort du débat qu’il instaure pour s’en prendre aux Arabes et à leur histoire, contemporaine ou lointaine. Le débat concerne la langue arabe, choisie par Dieu pour exprimer Sa Parole éternelle, et les Arabes n’ont rien à voir dans ce cas présent.

    D’ailleurs je suis étonné qu’un homme qui a écrit sur la pensée de Bennabi confonde à ce point l’authenticité et l’efficacité d’un concept, d’une idée. Ce n’est pas parce que les Arabes, et l’ensemble des musulmans sans restriction aucune, les post-almohadiens tant décriés par Bennabi sont dans un lamentable état civilisationnel que la langue du Coran va perdre son statut sacral.
    Il feint d’oublier que le peuple algérien dans son ensemble s’est battu pour que sa langue, sa seule langue, retrouve son statut en Algérie et ce contre l’oppression française. Ce combat s’est déroulé sous l’égide de l’Association des Oulama de Cheikh Ben Badis et avec des hommes qui lui ont tout sacrifié comme le Cheikh al-Qamqoum D’Aït Daoud, mort d’épuisement pour la création des médersas libres (libres de la main-mise de l’administration coloniale) afin d’enseigner la langue arabe, langue de tout le peuple algérien. C’est par amnésie voulue qu’Omar Benaissa fait semblant de croire à l’influence du baathisme à l’indépendance alors que la restauration de la langue arabe dans son pays, l’Algérie, était consubstantielle à la volonté d’Indépendance. C’est la trahison du régime et de ses différents chefs qui ont empêché à la langue arabe d’occuper tout l’espace sociétal. A part peut-être le Président Chadli qui avait décrété la généralisation de la langue arabe dans tous les domaines de la vie publique algérienne, généralisation qui devait être effective le 5 juillet 1992, à l’occasion du trentième anniversaire de l’Indépendance. Mais les félons du coup d’état du 11 janvier 1992 avec la complicité du pauvre Boudiaf ont reporté sine die cette mesure. L’actuel dirigeant du pays a aggravé la désarabisation de l’Algérie par des mesures relevant du complexe d’infériorité.
    Je ne vois pas non plus ce que vient faire dans ce débat la bataille de Siffin qui a opposé en 657 les musulmans entre eux et qui étaient dans leur totalité (à part quelque uns) des arabes. L’évocation des Frères musulmans vient aussi comme un cheveu sur la soupe confirmant ainsi plus une volonté polémique tout azimut qu’une analyse rationnelle.

    Abderrahman Benamara

  26. tribalisme berbèriste
    au sujet du tribalisme des Berbéristes, Adonis confirme sur le matindz.net :
    L’islam tribu. “Pour ce qui est de l’histoire, les Arabes n’arrivent pas à penser objectivement le premier état dit arabo-musulman qui a été fondé sur le pouvoir et l’appartenance à la tribu. Qui dit tribu, dit absence de l’idée de pluralité. Quraysh, la tribu de Mahomet qui a exercé, après le décès de ce dernier, le califat, est une famille qui a fondé un Etat. Depuis Saqîfa (Lieu se trouvant au nord-ouest de la mosquée de Médine où se réunirent les musulmans après le décès de Mohamed, afin de choisir le nouveau chef de la communauté musulmane, NDLR)… Le pouvoir est devenu une propriété de la tribu. Depuis, l’histoire est liée au pouvoir de la tribu”.
    c’est ce qui explique peut-être le rejet de la dimension berbère par les adeptes de l’arabité. même pour les plus cultivés d’entre eux, la pluralité culturelle est perçue comme un danger à combattre.

  27. un pet
    [quote name=”Ahmad”]… Adonis confirme sur le matindz.net …[/quote]
    Cela devrait suffire à qualifier le niveau de sérieux et d’objectivité des âneries que débite cet ignare sur ce torchon Ô combien académique … yakhi sog yakhi!

  28. Charité
    Qu’un berbériste comme Ahmad s’en prend au tribalisme des Arabes c’est l’hôpital qui se moque de la Charité.
    Quant au pauvre Adonis qui est resté en 632, il devrait se mettre à jour.
    L’islam est venu pour combattre tout tribalisme et appeler à l’universel. Or les berbèristes, nouvelle engeance apparu en Algérie après la seconde guerre mondiale veulent non seulement nous renvoyer au tribalisme mais faire le lit de la francité, du néo-colonialisme et du sionisme. Nous en voyons un exemple avec le tribalisme kurde en Irak qui ne survit que grâce aux Américains et à Israël (je renvoie à mon article paru dans Hoggar sur Israël et les séparatistes kurdes du clan Barzani).

    L.Dib

  29. BENAISSA Omar on

    Science et manipulation (1)
    Salam!
    Je ne pensais pas que mon entrée allait être ”fracassante”, parce que je ne voulais et ne veux encore que poursuivre le débat qui a commencé sans moi et qui m’a interpellé.
    Or il semble que je suis arrivé trop tard: les rôles ont été distribués, les vérités dites, le scénario bouclé. Je tenais de rôle de l’intrus.
    C’est le sentiment que donne mon contradicteur quand il écrit en réponse à Ywaal parce que “Ce dernier m’a fait l’amitié de me demander en quoi l’arabe est une langue sacrée”. appel à l’aide par l’ignorant sincère à un savant confirmé? ou bien tractation de charlatan? on le saura de suite.
    En tout cas, c’était donc en cela que mon intervention était jugée fracassante. J’avais marché imprudemment sur sa plate-bande, j’ai brisé une harmonie parfaite, violé l’intimité d’un dialogue à deux, plutôt à un, car ne fut qu’un monologue de sa part. J’en suis navré!
    Or l’honorable Ywaali a posé, comptons bien, plus de 10 questions relatives à un sujet effectivement appelé à demeurer sans réponse: En quoi consiste la sacralité d’une langue? la parler, l’écrire, l’admirer, l’aimer? ou bien l’utiliser seulement pour la pratique religieuse ?
    Combien de langues sacrées y a-t-il ?
    Y en a-t-il qui ont disparu ?
    Une langue peut-elle perdre sa sacralité en évoluant ?
    L’Arabe dialectal est-il sacré ?
    N’y a-t-il pas de contradiction qu’une langue sacrée véhicule du non sacré ?
    Sur le plan religieux, qu’a-t-on à gagner ou à perdre dans l’utilisation ou non d’une langue sacrée?

    Soit dit en passant, le questionnaire de Ywalli témoigne d’une intelligence beaucoup plus pénétrante du sujet que la réponse de celui dont il a sollicité les lumières. En répondant par la formule magique ”la sacralité vient de Dieu”, mon contradicteur a cru avoir fait oeuvre de science, en éludant les autres questions. Or de science il n’en est point. Il s’est complu à fonder sa khotba sur un raisonnement circulaire dans lequel il a, sur un ton paternel (ya bounayya!), écarté tout, en quelques lignes, par la magie d’un seul mot: le latin, le berbère, etc. vouant exécration à tout ce qui n’est pas arabe.

    Pour que le sujet soit traité scientifiquement, il aurait fallu l’aborder sous l’angle de la sacralité pure, indépendamment des circonstances particulières historiques et régionales. Comme le fait le grand René Guénon (Abdelwahid Yahya) dans ses ouvrages où il concentre son esprit et son regard sur les principes sans jamais se référer aux points de vue individuels et politiques. Or ici, on voit bien que cette sacralité n’est là que pour l’opposer au berbère, que pour servir d’argument rhétorique contre le tamazight. C’est ce que l’on appelle chez nous un coup de hash-shay, discours causé par une sorte d’ivresse que Bennabi appelait la magie du verbe. On croit tout savoir par l’effet enivrante d’une seule phrase.
    Or cette ”réponse” n’a rien résolu du tout, car si ”la sacralité est voulue par Dieu” dans quelle sens faut-il comprendre cet énoncé. est-ce qu’il s’agit dun énoncé spécifique dans le Coran, la réponse est non. est-ce qu’il s’agit tout simplement d’un cas particulier de l’énoncé universel que ”tout vient de Dieu”, comme chacun le sait. Si le médecin répondait à ses malades que la maladie vient de Dieu, cela ne l’empêche pas de leur prescrire des médicaments car le médicament aussi vient de Dieu.. “Tout vient de Dieu” est dans le Coran, mais Dieu nous invite à comprendre comment et en quoi tout vient de Dieu, tadabbour, tafakkour, etc… C’est d’ailleurs un point sur lequel les musulmans ont divergé, dans l’interprétation.
    Même en admettant que la ”sacralité de la langue arabe soit voulue par Dieu”, qu’est-ce que cela implique?
    La vie humaine aussi est sacrée, et cela figure clairement dans le Coran, et pourtant les musulmans massacrent et détruisent à qui mieux mieux. Par conséquent cet énoncé ne protège pas la langue arabe. Ce sont des questions que je pose afin d’inviter le contradicteur à réfléchir avant d’écrire n’importe quoi, surtout au sujet de questions de ce genre.
    étant donné la longueur de mon commentaire, j’en publierai très prochainement la deuxième partie.inshaAllah

  30. abdelkader lizimigri on

    celui qui est contre la langue noble arabe est contre dieu! l’arabe langue du coran.
    la langue arabe est la langue de Dieu, langue du coran et l’Islam il est sa miséricorde pour toute l’humanité et il n’est nullement la parole ou le comportement de telle ou telle personne, exception faite au prophète sidna Mohamed (sala alih Allah sa Salem), les déviation morales, les comportement dévoyés et l’incompréhension du message divin, incombent aux humains, qui doivent les assumer et subir leurs conséquences. La religion n’est d’aucune manière responsable de ces méfaits.

    la langue noble arabe langue du coran.
    celui qui est contre la langue arabe est Allah soubhanou.

  31. Berbérisme
    Omar Benaissa nous avait habitué surtout dans ses articles sur le soufisme et sur la pensée de Bennabi à du sérieux et à une honorable intellectualité. Mais dès qu’il s’agit de berbérisme, il s’enflamme et perd les pédales. Tarabusté par un anti-arabisme que je vois mal accouplé à sa profession de foi et la pensée de Bennabi,il tombe dans des errements dignes des pires ignares.
    Dans une note de ses Carnets en date du 5 mai 1972 intitulé l’origine de l’Académie berbère: ” Yahiaoui [est] un frère qui fut l’un des piliers du mouvement nationaliste et que je n’ai pas revu depuis 1935. Nous remuons les souvenirs communs. Il m’apprend notamment que c’est un Père Blanc et un instituteur communiste, un certain Galant, qui avaient lancé en 1948 le mouvement dans un petit trou de Kabylie. Le prêtre avait notamment fondé un organe paraissant en kabyle sous le titre “le Berbère”.”
    Il serait intéressant d’étudier son cas symbolisant l’intellectuel fuyant le combat idéologique, un combat engageant le destin de la Oumma pour se consacrer à un parler et à un folklore élevés sans vergogne et dans le ridicule au rang de l’authenticité.

    L.Dib

  32. Fracassante
    Je pense queBenaissa ne connait pas les subtilités de la langue française. Il a cru naïvement que ce que j’ai appelé par dérision son entrée fracassante voulait dire intervention vigoureuse d’un intrus.Le débat est public et les «lumières» de tout un chacun sont les bienvenues.Il ne s’agit pas de disqualifier ce qu’il appelle«son contradicteur» ce que je ne suis pas et il n’a fait qu’obscurcir le débat et je l’ai démontré en reprenant ce qu’il pense être un raisonnement qui n’est qu’une suite décousue de poncifs.Il pense aussi qu’un débat consiste à amuser la galerie et à mettre les rieurs de son côté.Or il nous montre tout de suite qu’il ne s’est même pas donné la peine de lire les commentaires des uns et des autres avant de se jeter dans l’arène puisque ce n’est qu’après avoir lu ma réponse qu’ il s’est donné la peine d’aller lire le commentaire de Ywaali en reprenant ses questions. Maisle débat ne se résumait pas uniquement entre moi et Ywaali et il a lu d‘un œil distrait ma réponse à la «principale» question de Ywaali. Sinon il aurait vu que j’ai renvoyé Ywaal aussi au commentaire de Mohand
    Un conseil:je l’invite à sortir de sa bulle d’où il émet des sentences et d’analyser les propos des autres débatteurs afin d’en déconstruire rationnellement les arguments qu’ils soient solides ou fallacieux
    S’il a lu sérieusement Bennabi, il aurait su qu’il a écrit dans le journal Egalité du 6/6/48 une réponse à un orientaliste invité par l’Assemblée algérienne dans le cadre du débat sur l’opportunité de la langue arabe en son sein. S’adressant à cet orientaliste qui estimait que la langue française est «l’héritière de la civilisation gréco-latine», il lui rappelait que «c’est la pensée et la langue arabe qui ont recueilli l’héritage grec pour le transmettre, notablement développé, à l’Europe du Moyen Age» et qu’il « admettra sans doute, que pour recueillir, développer et transmettre cet héritage, il a fallu à la langue arabe être autre chose qu’une «langue religieuse».
    La langue arabe ne peut entrer en compétition avec aucun parler, qu’il s’agisse des différents parlers berbères ou des différentes variantes de l’arabe dialectal ni avec des langues qui se sont affermis dans l’aire islamique comme le turc ou le persan
    OmarBenaissa nous a laissé sur notre faim ou plutôt a voulu nous berner avec sa référence sur la science dont il dit savoir où la trouver. Lui qui a ponctué avec fausse modestie la fin de sa première intervention par un WaAllaha’lam et qui dans ce deuxième commentaire nous dit qu’il est possesseur de science.Mais où est cette science dont il dit être le connaisseur?
    Il commence par me poser la question sur la signification de «la sacralité vient de Dieu» si elle est un énoncé coranique ou si elle n’est qu’une affirmation triviale dans la mesure que tout provient de Dieu.
    Je lui demande d’élever le débat et ne pas poser des questions stupides pensant ridiculiser son débatteur.
    Quand je dis que la langue arabe tient sa sacralité de Dieu, je ne dis pas qu’il n’y a pas d’autres langues sacrées. Je dis simplement qu’à la différence de la langue arabe la sacralité des autres langues leur vient des hommes.Seule la langue arabe a transmis la Parole de Dieu. Elle est éternellement dans la Table Gardée. Le Coran est le souffle de Vie de toute la Communauté musulmane. Les Musulmans le méditent et le récitent pendant toute leur existence. Et Dieu a honoré la langue arabe et elle seule en en faisant le vecteur du Coran. Ceci en ce qui concerne la croyance.En ce qui concerne l’histoire, et si nous nous restreignons aux Gens du Livre, nous voyons que le judaïsme ne donne pas ce statut à la Torah qui est l’enseignement que Dieu a donné à Moussa (Moïse) et non exactement sa Parole et le mot Torah est tiré d’un verbe hébreu signifiant enseignement. En outre c’est le Talmud, commentaires de leurs plus grands rabbins qui est l’objet principal des études judaïques. Quant à l’Eglise chrétienne, elle a fini par admettre que la Bible n’est pas la Parole de Dieu mais inspirée par Dieu.
    La sacralité de la langue arabe doit pousser toute la communauté islamique à en faire sa langue, libre à eux, bien sûr de développer en parallèle leur propre langue ou de travailler durement pendant de très nombreuses décades pour donner le statut de langue à leurs parlers. Historiquement, quand les gouvernements rejettent explicitement l’islam comme celui d’Atatürk ou implicitement comme celui du dernier Shah d’Iran, la langue arabe est proscrite mais elle revient à l’honneur quand c’est l’inverse comme actuellement sous le gouvernement d’Erdogan ou de la République islamique d’Iran
    Un dernier point queBenaissa n’a pas l’air de comprendre : en islam, il n’y a pas de dichotomie entre le sacré et le profane. Ils sont totalement imbriqués et c’est cela aussi qui rend la vie sacrée.Etles musulmans ne se sont pas trompés, eux qui mettaient tous leurs écrits sousle Nom de Dieu

  33. droits
    Au risque d’être lynché comme d’hab je vais m’exprimer quand même. Je me demande si on peut exprimer un avis sans être traité d’ignorant. Si celui qui sait vraiment traite les autres d’ignares. Si on peut parler de civilisation tout en exprimant du racisme et du mépris. Si on peut apporter la contradiction sans s’ attaquer à la personne qui ne partage pas notre avis. Si on peut se solidariser avec la cause palestinienne tout en deniant des droits à ses compatriotes. S’il est juste de considérer tout savoir. Si on peut refuser toute critique tout en se réclamant de Bennabi

  34. Débat
    Je suis désolé pour notre frère Ywaali qui réclame le droit de s’exprimer,tout en craignant d’être traité d’ignorant. Je crois que le débat est ouvert à tous mais à condition que la personne qui s’y engage soit compétente c’est à dire qu’elle apporte une contribution utile. Sinon ce n’est plus un débat mais le café du commerce.
    Je ne crois pas qu’il y ait eu ce qu’il appelle improprement du racisme puisque tous les enfants de l’Algérie et du Maghreb sont de la même race si jamais ce mot a une signification. Je ne crois pas non plus qu’il y ait eu du mépris. Peut-être des paroles un peu dures mais la réalité et l’histoire le sont souvent. Des paroles dures qui secouent mais fraternellement. Les droits comme les libertés collectives ne sont pas conquis uniquement pour une partie du peuple car le peuple algérien est UN et le peuple maghrébin a vocation à l’être aussi et la comparaison avec le noble et juste combat du peuple palestinien n’a rien à voir dans cette joute.
    Bennabi nous a appris, entre autres, à être lucide. Mais encore une fois, cette lucidité naissant du débat et des critiques doit être suscitée par le savoir et la science.

  35. BENAISSA Omar on

    Cognition démagogique
    Mon contradicteur a pris la fuite? il a quitté le domaine strict de mon intervention pour nous débiter ses mille et une contradictions. En d’autres termes, il a décidé de déplacer le débat, pour avoir raison à tout prix, sur un autre domaine sur lequel je ne me suis pas exprimé du tout.Comme d’ailleurs L. Dib qui est allé exhumer des preuves… sur les Pères Blancs. Comme si j’avais défendu quelque chose…
    Maintenant, mon contradicteur se rappelle qu’il y a d’autres langues de l’islam que l’arabe. Il cite le persan et le turc, il peut aussi citer l’ourdou et l’indonésien, etc. Il a le réflexe quand même d’ajouter que le berbère n’est pas à la hauteur de ces langues… apparemment, il ne reste plus qu’à le convaincre que la taille ne compte pas.

    D’ailleurs, cette fois il a abandonné la linguistique. Il a plus parlé d’islam que de langue arabe. Ce qui me laisse espérer un mieux prochain.

    Et puis cette phrase qu’il m’assène comme conseil que l’on devrait graver en lettres d’or: “Un dernier point que Benaissa n’a pas l’air de comprendre : en islam, il n’y a pas de dichotomie entre le sacré et le profane. Ils sont totalement imbriqués et c’est cela aussi qui rend la vie sacrée.”
    Soutenir qu’il n’existe pas de dichotomie sacré-profane, doit aussi être prouvé et pas seulement clamé comme toutes les ”vérités” qu’il prône.
    Ce qui rend la vie sacrée en islam, ce n’est pas ce qu’il dit, c’est tout simplement le verset: ”Celui qui tue un homme sans droit, c’est comme s’il a tué l’humanité entière”. Il n’y a pas matière à ijtihâd.
    En somme, il a noyé le poisson. Il a signé sa propre contradiction. Parce que c’est moi-même qui lui ai rappelé que : c’est la vie qui est sacré…
    Maintenant, c’est vraiment devenu du n’importe quoi. Quel plaisir y a-t-il à gesticuler ainsi dans un sac de jute?
    C’est lui qui avait pratiqué la dichotomie dangereuse, en voulant affirmer une sacralité de l’Arabe sans l’islam. Les lecteurs sont témoins: je lui ai rappelé qu’affirmer la sacralité de la langue arabe sans la lier à l’islam est une affirmation vaine. Et qu’en plus, cela ne doit pas être affirmé dans un contexte où on l’oppose au berbère ou à toute autre langue. Ce n’est pas un sujet de polémique.
    Pardon, mais je n’ai pas le temps de suivre les zigzags de la cognition démagogique.

  36. BENAISSA Omar on

    science et manipulation (2)
    Par conséquent ”la sacralité de la langue arabe” est une simple formulation normative, qu’il voudrait imposer à l’esprit de ses lecteurs. C’est encore un mufti salafiste ou ex-baathiste, qui se cache derrière un bien mince voile de science. Il se sert de la phrase pour mobiliser les esprits faibles contre le tamazight. Or cela contredit l’esprit de l’islam, qui reconnaît toutes les langues, ikhtilâf al-alsun…
    Bien sûr, comme toute pensée ”atomiste” qui conçoit les choses à moitié, qui a peur d’avancer comme quelqu’un qui redoute le moment où il va perdre pied en avançant dans l’eau, le salafiste aime bien les ”vérités” qui vont de soi, les définitions qui le rendent prompt à l’accusation. Car, à court d’argument, il a hâte de prononcer l’excommunication contre celui qui nie la ”grandeur de la langue arabe”.
    Or l’auteur de ces lignes et les autres intervenants dans ce site n’ont nullement manqué de respect à l’islam ni à la langue arabe. al-hamdulillâh. je dénonçais seulement la paresse intellectuelle qui ”pense peu” tout en agressant et menaçant.
    On ne connait ni dans le Coran ni dans la tradition aucune notion disant que la langue arabe est sacrée. D’ailleurs je mets au défi mon contradicteur de me donner une traduction arabe de l’expression : langue sacrée. Il constatera que ce n’est pas de cette façon sèche et abrupte que s’exprime le Noble Coran, ni la tradition prophétique. C’est éloigner les gens de la foi que de proclamer au peuple que leur langue ne vaut rien!!!
    Comme mon contradicteur ne comprend rien au couple efficacité et authenticité, il se permet même de l’insérer dans un dialogue ou débat mal formulé au départ, puisque je le répète, le sujet de la sacralité de la langue arabe n’existe pas. Dieu parle aux peuples dans les langues des prophètes qu’Il leur envoie. La langue arabe a d’ailleurs subi un recul avec la décadence, sujette comme toutes les langues aux cycles de civilisation. Ce qui confirme que toute langue dépend de ceux qui la parlent, et ne vaut que ce qu’ils valent, arabes et musulmans compris. Aujourd’hui, on sait ce que valent les pays arabophones. Ce n’est pas la sacralité qui me dérange, Dieu m’en garde! J’ai fait l’effort suffisant d’apprendre cette langue au point de pouvoir lire directement les auteurs de classiques de la civilisation musulmane. Et j’en remercie Dieu!
    Et si la langue arabe se maintient, ce n’est certainement pas grâce aux Arabes, mais à l’ardente quête de savoir qui anime tous les humains qui en viennent à vouloir connaitre l’islam, et n’apprennent cette langue que pour le Coran. comme on entend dire parfois: apprend l’anglais pour ce monde et l’arabe pour l’au-delà!
    Les gens ne recherchent pas la langue arabe pour ce monde, mais pour le Coran et le hadith. Quand j’étais au lycée d’Alger, je ne comprenais pas qu’en cours de langue arabe, on ne parlait presque jamais d’islam. C’était quelque chose de frustrant pour moi! C’est l’islam qui conduit à l’amour de la langue arabe, pas l’inverse. C’était un langue profane que l’on feignait de vouloir promouvoir. L’hypocrisie me dégoûtait. Mais dans notre famille, comme dans toutes les familles algériennes on lisait le Coran et le hadith pour la beauté du Prophète (S).
    Nous dégageons donc deux aspects de la langue: un aspect relevant de la science appelée linguistique, aux yeux de qui le berbère, le français, le zoulou ou l’arabe ne sont que des langues, des systèmes de signes que l’on peut étudier en synchronie ou en diachronie.
    Et un aspect relevant de la métaphysique; la langue arabe en tant qu’elle a été accaparée par le Coran et le hadith, et de ce point de vue on peut affirmer qu’elle est effectivement sacrée, pas par elle-même, pour faire plaisir aux arabophones, mais parce que c’est le Coran qui lui confère ce rang.
    On sait que le latin est une langue morte, mais nous savons aussi que les chrétiens s’en servent comme langue liturgique, et que les cardinaux et le pape la parlent entre eux.

  37. BENAISSA Omar on

    science et manipulation (3)
    Méditons un peu sur ces millions de gens dans le monde qui ignorent l’arabe, et qui n’ont connu l’islam que par les textes en français, anglais, allemand ou autre. Cela devrait leur faire admettre que ces langues aussi sont devenues des ”langues sacrées” en ce sens qu’elles les ont conduits à ce qui est sacré, à savoir le Coran et la tradition prophétique. C’est cela qui importe. Dieu ne nous a pas ordonné d’arabiser le monde, mais d’universaliser le Coran.
    La langue arabe du Coran a été confisquée à ses locuteurs premiers. Elle a tant servi exclusivement à la pensée religieuse de la part des savants musulmans, majoritairement non-arabes, qu’elle s’est détachée de son contexte géographique historique, pour se sublimer, servir de langue religieuse. En ce sens, elle est devenue une langue sacrée, parce qu’elle ne sert plus que pour une seule cause. C’est extraordinaire! J’ai entendu en Turquie et En Iran des musulmans s’exprimer avec une langue si pure que je ne crois pas que les Arabes de la péninsule puissent rivaliser avec eux. Je ne serais pas étonné qu’un jour on décide de la réserver aux études religieuses. Ce serait pour la grandir!
    Le passage où mon contradicteur se fait le négationniste de la persécution du tamazight, me parait du n’importe quoi, de sa part. Soit il ne se trouvait pas en Algérie ces années-là, soit il a la mémoire courte, soit…
    La presse officielle de langue arabe était tenue par les baathistes, pour qui c’est ”le génie arabe qui a produit le Prophète”, et celle de langue française par les communistes. Les deux s’étaient ligués contre le peuple musulman algérien pour le faire dégoûter et de l’arabe (sans islam) et du français. On bouchait le passage à l’islam, en entretenant l’illusion que l’arabisation baathiste allait servir l’islam. Les quelques revues qui défendaient l’islam en arabe ou en français étaient rapidement interdites ou entravées par des problèmes de rareté du papier, dans les imprimeries.
    Mais mon contradicteur est libre de penser ce qu’il veut à ce sujet, avec tous ses préjugés regrettables. D’ailleurs il se contredit sur toute la ligne quand il parle des régimes traîtres (envers l’arabe, bien sûr, mais pour lui, s’en prendre aux berbérophones, nier leurs droits, ce n’est pas trahir). Ce sont ces régimes qui ont trahi entre autres, le tamazight, en l’interdisant. Ils ont ainsi indirectement donné raison aux Pères Blancs qui ont essayé de ”christianiser” quelques algériens (pas seulement en Kabylie, où ils ont peut-être joué sur le sentiment berbériste), que nous allons condamner notre langue. Car si les berbéristes pro-français, comme on dit, ont existé, si les Pères Blancs ont continué d’agir après l’indépendance, c’est parce que l’Etat n’a pas fait son travail. Le péché originel consiste dans la décision prise par le régime de nuire à la seule radio kabyle qui émettait alors, et même de réduire ses temps d’émissions. Maintenant si vous confondez tous les kabyles avec le parti de la France, vous insultez l’histoire, car celle-ci prouve que le centre, le cœur même de la lutte de libération se trouvait en Kabylie et dans les Aurès.
    Alors cessez de grâce de confondre la revendication de la langue tamazight, comme celle d’une minorité plus ou moins considérable. Comprenez d’abord qu’en principe cette revendication aurait du être satisfaite par les régimes de leur propre initiative, sans attendre la revendication kabyle. Quel mal y avait-il à reconnaître à une population de parler, d’étudier, de travailler à refaire vivre une langue qui est encore celle de centaines de milliers de veuves de chouhada et de leurs enfants. Quant aux ”autonomistes” berbères j’aimerais bien qu’on les laisse participer à des élections, et on verra alors qu’ils ne seront suivis que par une minorité, car les kabyles ne se conçoivent pas autrement que comme des algériens.
    Par conséquent, je ne comprends pas pourquoi mon contradicteur essaie de dissimuler son ignorance à répondre aux questions d’Ywaali, en portant ses attaques ad hominem sur moi.
    Pour me résumer: la question de la sacralité n’existe nulle part dans le Coran, ou dans le hadith, mais est un sujet occidental importé dans notre culture. Je m’attendais donc plutôt à d’autres réactions, que celle de l’aigreur de quelqu’un qui cherche à avoir raison à tout prix.

  38. BENAISSA Omar on

    science et manipulation (4)
    Mon mea culpa : j’ai eu tort de poster mon texte qui n’était pas lisible sur toute la longueur. Il a besoin d’une formulation que je résume pour ne pas ennuyer le lecteur.
    Il y a ce que l’on a appelé la démagogie cognitive qui ne s’exprime que par des slogans, d’apparence tout à fait acceptable et inoffensive, mais à l’effet ruineux.
    Pour premier exemple, j’ai cité le cas de l’usage du verset: ” Le jugement appartient à Dieu” qui fut utilisé pour diviser les musulmans à la bataille de Siffin.
    Un autre exemple: ”l’islam est la solution”, al-islam huwa al-hall,
    Troisième exemple: celui que donne Bennabi dans la Vocation de l’islam: “« La plus grave [parmi les paralysies], celle qui détermine dans une certaine mesure les deux autres (sociale et intellectuelle), c’est la paralysie morale. Son origine est connue : ‘’L’islam est une religion parfaite’’. Voilà une vérité dont personne ne discute. Malheureusement, il en découle dans la conscience post-almohadienne une autre proposition : ‘’Nous sommes musulmans, donc nous sommes parfaits’’. Syllogisme funeste qui sape toute perfectibilité dans l’individu, en neutralisant en lui tout souci de perfectionnement. »
    Et enfin le dernier dans cette liste courte, celui qu’a voulu faire passer en catimini si j’ose dire mon interlocuteur: “la langue arabe est une langue sacrée!” (qui se comprend: nous sommes arabes donc nous sommes sacrés).
    C’est ainsi qu’un énoncé sensé glorifier l’arabe, se révèle une arme pour faire taire les berbères!!!!
    Je ne parle pas de l’entourloupe qui se fonde sur un complot des Pères Blancs. Ces derniers ont normalement profité du fait que la France était maîtresse du pays, pour se livrer à leurs manœuvres… Je ne vois pas ce que cela a à voir avec la défense du berbère, qui est un devoir de tout musulman. S’il était dans le plan de ces gens-là de pousser les kabyles à ”revendiquer leur langue”, comme une manœuvre insincère de leur part, cela ne doit pas sanctionner la langue des kabyles. C’est une attitude intégriste qui consiste à jeter l’enfant avec l’eau du bain. Ceci n’était pas notre sujet; du reste s’il y a complot, il revenait à l’état algérien de le dénoncer et d’agir.
    Après l’indépendance, les nouveaux maîtres du pays n’ont pas agi pour le protéger, récupérer en toute légalité des espaces qui revenaient de droit au peuple algérien… ils l’ont abandonné aux vautours du communisme international, puis du wahhabisme qui en ont fait leur pitance.
    Ces raisonnements tronqués et trompeurs, ne sont pas forcément faux, mais incomplets et ont toujours besoin d’être précisés dans leur application, leur contexte. Autrement, ils pourraient être utilisés à des mauvaises fins, comme l’a dit l’Imam Ali (R) avec sa célèbre parole que j’ai rappelée dans mon premier texte. En tout cas beaucoup de takfiris se nourrissent de cette sorte de slogans et commettent l’irréparable.
    Un autre exemple célèbre est celui qui, au 9ème/3ème siècle de l’hégire, a proclamé: ”le Coran est créé”. C’était une idée qui avait germé dans l’esprit d’un théologien, une idée qui aurait pu faire son bonhomme de chemin sans défrayer la chronique. Mais un roi abbasside est allé jusqu’à en faire un point de doctrine (‘aqida) qui devait être obligatoirement accepté par tous les musulmans. Cela a fort justement révolté un homme comme Ibn Hanbal (R), le fameux muhaddith et juriste du hanbalisme. Il a enduré beaucoup de persécutions de la part du pouvoir. Ibn Hanbal a vécu à une époque où la théologie musulmane que l’on a qualifié d’apologétique traversait une phase de contorsions, tout en bénéficiant de l’appui du pouvoir. La superficialité montrait son nez, et il me semble nécessaire d’apporter un éclairage aux lecteurs sur cette ambiance où sur des sujets scabreux, mal définis, incompréhensibles à l’homme de la rue, on pouvait risquer sa vie quand on n’avait pas la bonne réponse.
    Que Dieu nous guide tous!

  39. urticaire
    Dans son commentaire Cognition démagogique, Omar Benaissa utilise à qui mieux mieux contradicteur et contradictions sans que nous puissions rien voir sauf ses manifestations d’urticaire où l’homme ne sait plus à quel « saint » se vouer.
    Examinons plutôt sa logorrhée :
    Il m’interpelle, se croyant spirituel, entre hauteur et taille des langues. Or mon propos était simple : un parler ne se décrète pas langue par décret mais nécessite des décennies voire des siècles pour obtenir ce statut grâce au travail de ses locuteurs. Les différents parlers berbères comme les différents parlers de l’arabe dialectal ne peuvent prétendre au statut de langue.
    Etre à la hauteur d’une langue veut dire avoir beaucoup travaillé pour y parvenir. Le travail des berbérisants européens est très loin de suffire.
    Se voulant sournois il écrit d’abord sur « la sacralité de l’Arabe sans l’islam ». Or ce mot Arabe, il le lance pour tromper son monde. Le lecteur peut comprendre que j’ai sacralisé des personnes revendiquant leur appartenance arabe. Puis mine de rien, pour feindre la surprise et esquisser une feinte, il assène qu’il m’a rappelé que « la sacralité de la langue arabe sans la lier à l’islam est une affirmation vaine ». Or mon affirmation que la sacralité de la langue arabe vient de Dieu ne veut dire que cela. Il ne l’a rappelé peut-être qu’à lui-même.
    Omar Benaissa est vraiment indécrottable et ne comprend toujours pas les nuances du français.
    J’ai écrit au sujet du sacré et du profane et de leur imbrication en islam que c’est « cela AUSSI qui rend la vie sacré »
    Ya Omar Benaissa le mot le plus important dans cette phrase est AUSSI. Cela veut dire que la sacralité de la vie provient d’abord d’ailleurs et en islam de la Parole de Dieu et plusieurs versets du Coran en témoignent.
    J’espère qu’il fera son miel de cette leçon gratuite d’apprentissage du raisonnement et des nuances d’une langue.
    Abderrahman Benamara

  40. Atomisme
    Dans son commentaire Science et Manipulation (2), je m’attendais à un docte discours d’O. Benaissa mais qui rapidement a fait pschitt !
    Il commence par nous affirmer que la sacralité de la langue arabe n’est qu’une simple formalité normative ce qui veut dire en bon français que c’est une affirmation gratuite avant de terminer son commentaire après moult contorsions que « la langue arabe en tant qu’elle a été accaparée par le Coran et le hadith, et de ce point de vue on peut affirmer qu’elle est effectivement sacrée ».
    Comprenne qui pourra !
    Bien sûr que Dieu a envoyé des messagers instruire leur peuple dans leur propre langue mais Il a réservé la langue arabe pour le Dernier Messager qui clôt toute la série. La langue arabe a eu l’insigne honneur d’être la seule qui a véhiculé la Parole de Dieu, les autres langues n’ont servi qu’à des prophètes inspirés par Dieu.
    D’un coup Benaissa incrimine les Arabes de la décadence de leur langue à cause de leur propre décadence, d’un coup, il affirme la vitalité de la langue arabe grâce à ceux qui aspirent à l’islam.
    Comprenne qui pourra !
    Il ne se rend même pas compte en voulant fossiliser la langue arabe en affirmant que « les gens ne recherchent pas la langue arabe pour ce monde, mais pour le Coran et le hadith » qu’il met la Parole de Dieu en dehors du monde et qu’en fin de compte c’es Elle qu’il veut fossiliser.
    Comprenne qui pourra ;
    Un dernier point de « science ». Le mot « atomisme » que Bennabi a employé en critiquant ce concept de l’orientaliste anglais Gibb ne veut pas dire concevoir les choses à moitié comme il le croit mais être incapable de synthèse, de voir les problèmes un à un sans être capable d’en avoir une vue d’ensemble. En un mot voir les atomes et ne pas voir la molécule qui les lie.
    Abderrahman Benamara

  41. Langue religieuse
    Dans son commentaire Science et Manipulation(3), Omar Benaissa se lâche totalement et voue la langue arabe à n’être qu’une langue religieuse au mépris de l’identité de ce pays dont la langue arabe a été la langue de communication depuis la chevauchée de Sidi Okba et avec l’assentiment enthousiaste de tout le peuple maghrébin.
    Il s’attaque à ce qu’il appelle « l’arabisation baathiste » croyant ainsi lier l’arabe au baathisme qui n’est plus que l’ombre de lui-même et disqualifier ainsi la langue arabe.
    Il revendique droit de cité à une langue qui n’existe que dans l’esprit fiévreux de quelques excités et s’attaque à une langue établie depuis quatorze siècles avec un patrimoine culturel des plus importants de l’humanité.
    Je lui ai cité l’article de Bennabi fustigeant ceux qui voulaient ne voir dans la langue arabe qu’une langue religieuse mais il n’en a tenu cure.
    Benaissa est un homme que le berbérisme a rendu malade et aveugle qui est prêt à jeter aux orties tout ce qui l’a façonné.
    Que Dieu lui vienne en aide !
    Abderrahman Benamara

  42. Mauvaise foi
    Ne sachant quoi dire, tarabusté par son berbérisme et par l’islam deux attitudes antinomiques, Omar Benaissa tombe dans la mauvaise foi dans son commentaire Science et Manipulation (4). Se servant cette fois de Bennabi qu’il a ignoré sur son rejet de la langue arabe comme uniquement une langue religieuse, il veut me faire dire que je veux sacraliser les Arabes.
    Mais à ce piètre procès qu’il a déjà maladroitement avancé dans son commentaire Cognition démagogique une réponse cinglante en a montré le ridicule.
    Il pense que mon rappel de la sacralité de la langue arabe se voulait comme une attaque contre les berbéristes alors qu’il n’en était que la réponse pour confondre leur ignorance et les obliger à avancer à visage découvert ce qui aurait pour résultat de leur aliéner la majorité de la population de la région de Tizi-Ouzou. Il a inversé complètement le problème.
    Il nous fait le rappel inutile et sans objet dans ce débat de tout un galimatias sur l’histoire du calife al-Mamoun (qu’il pense rabaisser au rang de roi, pour quelle arrière-pensée ?), des mutazilites et de leur kalam rationalisant, de la Mihna subie par ceux qui ne les suivaient pas, de la superficialité de tous (pour quelle arrière-pensée ici aussi ?)
    Benaissa a intérêt à mieux structurer son esprit avant de lancer combat.

    Abderrahman Benamara

  43. Anti-berbérisme
    le texte de MR CHARIF parle de l’anti-arabisme alors que nous lisons des discours anti-berbéristes. ce discours vient toujours des défenseurs de l’arabe et de l’islam. de quoi s’inspire ce “racisme” ou “culturalisme”? de l’arabité? de l’islam? d’une idéologie non identifié? voila un sujet qui mérite bien une réflexion.

  44. Fausse naïveté
    Pratiquant la fausse naïveté, Adzayri, se pose quelques questions. Mais il connait fort bien la réponse: l’anti-arabisme, vecteur de l’anti-islam, provient des berbéristes, enfants adultérins du colonialisme et des Pères blancs.
    Il emploie des mots dont apparemment il ne connait pas la signification comme racisme (les berbéristes seraient-ils une race? et qu’est-ce qu’une race?)ou culturalisme (voilà un mot qui se veut savant et qui ne veut rien dire et est-ce que les berbéristes ont une culture?).
    Au lieu de poser des questions inutiles, il ferait mieux de nous éclairer par sa réflexion, s’il en a!

    L. Dib