Nous les tuons deux fois !

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(Première partie)
Les raisons du renversement de l’échelle de valeurs:
Les causes, qui ont mis sens dessus dessous l’échelle de nos valeurs initiales résident principalement, à mon sens, dans notre esprit tendancieux qui ne reconnaît point à l’objectivité et à l’équité leur rang et leur importance.
En second lieu, l’intérêt général et les valeurs morales, jadis parties intégrantes de notre éducation, ne font plus légion, ne paient plus et surtout ne font plus vivre.
La déontologie qui régit, pourtant, l’intellectualisme dont nous vantons et l’appartenance et l’adhésion est courtisée puis soudoyée par le gain facile et la gloire éphémère qui motive nos faits et gestes d’aujourd’hui.
Depuis que les fondements moraux, l’honnêteté et toutes ces valeurs ancestrales héritées qui ont pourtant, toujours fait leurs preuves quand ils sont instaurées, sont reléguées aux calendes grecques, l’appât de la corruption et l’avènement de tous les vices ont succédé en lieu et place de ce qui faisait jadis les fondations de notre communauté.
Etre intellectuel, de nos jours, c’est d’abords se servir et, ensuite servir son cercle et sa corporation de prédilection qui la aidé à gravir toutes ces nombreuses marches du piédestal auquel il ne se serait jamais hissé seul, sans un coup de pouce des copains et du… destin.
Rendre l’ascenseur à ceux qui l’ont propulsé en haut de l’étage est la moindre des choses, vous en convenez.
Que choisir, le gain facile ou les principes et fondements de notre éducation ?
Des principes vieillots et périmés pour un appétit monstrueux:
En citant les principes, qui régissaient nos sociétés, je vois déjà le sourire narquois de certains qui me qualifieraient, à coup sur, d’arriéré si je n’arrête pas, instantanément, l’apologie des valeurs et de la morale qui a forgé notre instruction.
Je mettrai leurs moqueries, pour ne pas glisser vers les sentiers polémiques, sur le compte du conflit de génération que nous n’avons pas su gérer convenablement, il faut le reconnaître, en l’absence d’un dialogue franc et serein.
A quoi bon, donc, s’apparenter à tous ceux qui ont connu une fin de carrière des plus abominables, à ne pas envier, et qui sont morts dans la misère la plus totale.
Le sort final de la majorité des grands hommes, à travers l’histoire, n’est pas reluisant et à de quoi faire méditer ceux qui aspirent à l’entrée au club des damnés de la terre.
L’alternative unique qui s’offre aux utopistes, comme moi, qui rêve d’un monde meilleur, c’est de vivre soit une époque primitive et révolue, ou d’enfourcher la monture de l’opportunisme et de l’arrivisme machiavélique à outrance.
C’est toutes ces raisons qui transforment, à mon humble avis, l’intellectuel en bouffon et courtisan du roi.
Le prix Nobel décerné à l’auteur des versets sataniques et à l’auteur de Raja1 en Bengale peut éclairer ceux qui doutent encore du renversement des échelles de valeurs et des manigances politiques intra-muros et extra-muros.
Combien de nos illustres savants, dans différents domaines, ont étés traînés dans la boue par de vils  plumitifs.
Par contre, combien de médiocres ont étés plébiscités et propulsés jusqu’au podium?
Le pourquoi du différent sort réservé aux uns et aux autres ?
Il faut en chercher les causes dans nos esprits souillés par les différentes dérives causées par la perte de tous les repères qui nous guidaient et nous éclairaient la voie, hier encore.
Les raisons de la totale dérive morale sont si simples, que nous passons souvent à coté à force de vouloir trop se gratter les méninges.
Je dis toujours, à ceux qui se plaignent d’ingratitude et de la non reconnaissance de leurs valeurs intrinsèques, que c’est le temps des médiocres et que le règne des compétences ne saurait tarder.
Il suffit d’attendre et de ne pas s’impatienter.
La double mort de nos glorieux hommes!
Nous sommes coupables du double meurtre de nos grands hommes. De leur vivant, nous leur manifestons du mépris et de l’ingratitude. Nous les calomnions gratuitement le plus souvent.
Posthume, aucun hommage ne leur est rendu.
C’est à peine, si on nous permet d’insérer leur avis de décès et quelques maigres lignes, qu’il faut aller chercher, avec une loupe, au fin fond du journal.
Des circonstances atténuantes leur sont accordées en raison des protestations urgentes et humanitaires de Brigitte, en colère, contre les égorgeurs de ses moutons adulés, qui se sont accaparées toutes les unes de nos journaux.
Nous les tuons de leur vivant en les diffamant et nous les tuons une seconde fois en ne leur reconnaissant pas leurs mérites posthume.
Le virus de la sélectivité, à toutes épreuves, y contribue en nous aveuglant au point de n’en reconnaître de mérites qu’à ceux de notre tribut et de notre cercle d’appartenance.

(Deuxième partie)
Quand les opportunistes dament le pion aux doyens et aux pionniers !
Lui rendre hommage, de son vivant, m’était impossible.
Une fois, décédé, je pense que peut être, je ne m’attirerai pas les foudres de guerre et surtout, je ne passerai pas pour un notoire plébiscitaire, si j’ose apporter un témoignage des plus modestes, concernant un homme qui a toujours porté l’Algérie dans son cœur et dans son esprit.
Un homme qui a bravé, au plus fort de la tourmente qui a secoué notre pays, tous les dangers par des déclarations franches et téméraires au moment où le silence coupable était de mise. Toutes ces langues déliées, aujourd’hui, par cette sécurité revenue, n’étaient pas très loquaces, hier.
La concorde civile applaudie, la réconciliation plébiscitée  et le WIAM adulé étaient, étrangement des sujets tabous, il n’y a pas si longtemps.
Que de  fois j’ai entendu des orateurs disserter, à se couper le souffle, à propos de la réconciliation nationale et du WIÂM AL MADANI, sans jamais avoir le courage de citer le nom d’un des pionniers en la matière.
Ont-ils toujours peur qu’il leur fasse de l’ombre de l’au-delà?
Je trouve que l’étique et l’objectivité en prennent un cinglant camouflet en agissant de la sorte.
Les raisons de l’adhésion générale de tous ne sont, hélas, pas toujours celles que nous croyons et pour lesquelles une petite minorité a appelé et combattu quand le terrain était miné et quand chaque parole, allant dans le sens de la réconciliation, était prohibée. En ces temps là, il est vrai que les appels à la sagesse étaient peu écoutés.
La résonance des sabres et la tonalité des Kalachnikovs étaient plus entendu que tout autre son.
Eu égare à tout ce qu’ils ont fait pour l’Algérie, dans les moments cruciaux, où personne ou presque, n’osait chuchoter ce qu’il pensait tout haut, à propos du barbarisme qui sévissait en ces temps là, nous devons rendre hommage à cette frange d’hommes qui ont sacrifié leurs vies pour faire entendre la raison aux uns et aux autres.
Il fallait le faire et, ils l’ont fait dignement faisant fi de tous les dangers qui les guettaient à chaque pas réalisé dans le sens de la réconciliation des belligérants.
Un homme se distingue et sort du lot !
Un homme, parmi cette frange à qui je rends un vibrant hommage, a sacrifié une grande partie de sa vie entière au rétablissement du vrai visage de l’islam tant en Algérie et dans le monde arabe et musulman mérite, à mon humble avis, de l’associer tout particulièrement, non pas par esprit partisan et élitiste, mais pour sa position peu enviée.
Il faisait doublement face à ses détracteurs, chose tout à fait naturelle sur le plan politique mais aussi à ses semblables de la mouvance islamique qui lui reprochaient son adhésion à la démocratie et à son pragmatisme qui le particularisait.
Ils lui réprimandaient farouchement aussi son refus absolu de toutes thèses de Djihad en Algérie.
Il est passé aussi maître dans l’art de secouer la classe politique quand celle-ci s’adonne, à son sport favori, à savoir l’engourdissement et au repos du guerrier.
Accosté, dans une mosquée, par des citoyens curieux quant à son positionnement politique, et qui le questionnaient justement à propos de son parti, le Cheikh a vite fait de les déchanter en leur donnant rendez-vous à la maison de la culture Mouloud Mammeri, où il devait animer un meeting politique.
Il réfutait catégoriquement l’utilisation de la mosquée à des fins partisanes.
Jamais il n’a fait de la mosquée une tribune partisane comme il était d’usage à cette époque là.
Un homme qui a appelé toutes les tendances politiques à un minimum et au SMIG nationale comme il aimait l’appeler.
Un appel resté sans suite grâce à une FETWA dont l’auteur interdisait l’union des forces politiques sur un consensus national souverain mais qui s’est prononcé sur la validité et le DJAWAZ, par contre, d’une rencontre à Saint-Eugédio officiée par un évêque de cette église italienne..
 L’homme, en question, n’est autre que le cheikh MAHFOUD NAHNAH (Allah yerhamou) du parti du MSP (Algérie).
Dieu soit loué, je n’ai pas connu cet homme à travers une certaine presse qui a tout fait pour ternir son image et déformer tout son très long parcours mais, contrairement à ses dénigreurs, j’ai eu la chance de le connaître et de l’approcher de près, à un moment crucial et déterminant de ma vie.
C’était un jour décisif car, sans cette rencontre salutaire, j’aurai peut-être pris le chemin du maquis une décennie après.
En ces temps-là, l’islam était aux mains des apprentis et autres aventuriers qui chérissaient la forme plus que le fond !
C’était le temps de la renaissance (SAHWA) et de l’effervescence religieuse des années 1980 ! Le fameux jour qui a fait complètement basculer ma modeste vie religieuse était un vendredi!
Quand la destinée bascule une vie :
J’avais décidé, ce vendredi-là, de fuir l’insipide prêche de la mosquée du quartier où j’habitais et habite toujours, en quête d’autre chose que des leçons et prêches à propos des questions de divergences, au moment où nous avions âprement besoin des dénominateurs communs pour réduire nos divisions.
Ma destination, ce jour là, m’était guidée et dictée.
J’ai finalement atterri, sans l’avoir choisi, sur l’esplanade de la mosquée d’El BIAR. Je ne connaissais pas encore le bonhomme et j’ignorais tout de son personnage.
Dans mon esprit, c’était un très vieil homme avec une canne.
Peut-être est-ce parce qu’il avait commencé très tôt la DÂAWA.
Après la prière du vendredi, qu’il avait officiée, je suis sorti transformé ! Son prêche a laissé beaucoup d’impacts sur moi ! Il avait, ce jour-là, parlé des religieux qui ont brandi le sabre de l’apostasie contre tous ceux qui ont eu … la malédiction d’installer la satanique parabole !
Ces malheureux étaient traités de tous les noms :
Satan, Démon et de… Lucifer etc.…
Cheikh Mahfoud, avec son sourire légendaire qui ne l’a même pas quitté sur son lit de mort, avait demandé à toutes les âmes charitables et tous ceux que la parabole, le magnétoscope ou la télévision gênaient et embarrassaient, de bien vouloir remettre ces accessoires maudits à son association (El IRCHAD WAL ISLAH) qui en avait grand besoin.
La subtile allusion visait plus le camp des opposants farouches à l’évolution que celui des paisibles croyants anodins dont je faisais partie.
L’après prêche lui a valu un tollé et beaucoup d’insultes de la part de ceux qui, quelques années après, ont adopté et la parabole et bien d’autres choses encore inimaginables. J’avais toujours de la sympathie pour cet homme qui a cette particularité de présenter les choses différemment et qui avait horreur du classique et monotone :
« MA YATLOUBOUHOU AL-MOUSTAMIÔUN2» ou, si vous voulez, cette manie qu’on a de se conformer à l’ordre établi de peur de susciter le courroux des conservateurs endurcis.
Il avait en horreur aussi tous ceux qui ne font pas travailler leurs cerveaux et qui avalent toutes les couleuvres indigestes qui leur sont servies au nom du sacré.
Devant la grande admiration que je vouais au défunt, maintes fois j’étais tenté d’écrire sur ce grand homme que nous avons perdu mais devant les préjugés, dont nous excellons, nous autres Algériens, et les tendances qui nous interdisaient toute objectivité envers nos antagonistes, j’ai dû reporter ce témoignage à plus tard.
Un homme à abattre à tout prix :
Devant toutes les accusations et ternissures qu’on lui collait, mon opinion, à son sujet, n’a pas bougé d’un iota.
J’ai su, dés lors, que pour abattre cet homme il faut recourir aux diffamations et autres mensonges car sur le terrain du franc dialogue, de la clairvoyance politique et de la persuasion il était difficile, voir impossible, à ses adversaires, de lui damer le pion.
En parlant justement de sa clairvoyance, je me rappellerai toujours les propos qu’il a tenu lors de son tout premier meeting à la salle HARCHA HASSEN en 1988 :
<< Je sens l’odeur de la FITNA 3 qui se propage à l’horizon >>
Il fut l’un des fondateurs principaux, si ce n’est le fondateur même, de la RABITA DE LA DÂAWA AL ISLAMIA.
Il savait, avant tout le monde, que le pluralisme politique n’allait pas se faire sans obstacles.
En fin politicien, qu’il était, il voulait par l’entremise de cette institution éviter l’irréparable à cette mouvance islamique qui faisait ses premiers pas dans la jungle politique où tout faux pas est interdit risque de la mener vers la calamité.
Il savait que la mouvance islamique était constituée par une mosaïque de tendances difficiles à gérer et qui ignorait jusqu’à l’abc de la politique.
Devant des groupes qui confondaient l’invariable et le variable et qui ne se sont, jusqu’à là, versées que dans les questions rudimentaires de l’islam, il fallait donc impérativement une institution forte et capable pour gérer tous les différents qui, inévitablement, ne manqueraient pas de surgir.
La RABITA DE LA DÂAWA AL ISLAMIA avait préconisé avant toute décision de création de parti d’en discuter en collégialité et de s’en remettre à ses institutions.
Malheureusement, le culte de l’irréflexion et le goût de l’aventurisme et de l’opportunisme avaient pris le dessus sur la raison et la lucidité.
Certains apprentis politiciens de la mouvance islamique ont, malicieusement, tablé sur une échappée tonitruante au départ afin de s’assurer une confortable place sur le podium.
Ils savaient que les masses leurs sont acquises grâce à un discours populiste très aguichant et irrésistible, à en charmer les foules les plus distraites, qu’il avaient affectionné.
Chose ruminée furtivement puis appliquée ouvertement et voilà le premier parti islamiste s’en vient s’emparer de l’écrasante majorité des algériens.
Il faut dire et c’était prévisible qu’en cette période, toute nouvelle, la palme est quasi assuré au premier parti islamiste qui sortirait la tête du tunnel.
L’opportunisme mêlé à l’inexpérience totale du parti ainsi  créé a fait rater à la mouvance islamiste la plus haute marche du podium qui devait lui revenir, de fait, compte tenu de la sociologie du peuple algérien et de son grand amour pour l’islam.
De faux calculs et une véritable tragédie :
Ayant tablé uniquement sur les masses et la majorité absolue, le parti défunt a entamé une précipitation qui allait coûter à l’Algérie des milliers de vies humaines.
Des stratèges occultes de tous bords y sont aussi pour beaucoup dans le drame qui a endeuillé moult familles algériennes.
Des mains obscures allaient tirer les ficelles de derrière les rideaux du théâtre funèbre où se joue la tragédie la plus dramatique de l’histoire contemporaine et dont les auteurs ne sont autres que les spectateurs et victimes à la fois d’une pièce aux rebondissement jamais effleurés par l’imagination humaine.
Cheikh Nahnah a tout tenté pour atténuer l’ardeur  des dirigeants du parti dissous mais malencontreusement la passion était plus forte que la sagesse et la raison.
Devant la sourde oreille des aventuriers de tout genre, il a préféré se démarquer et créer son parti.
Sous sa direction, le parti a réussi à privilégier le dialogue et la réconciliation nationale  qui étaient tabous mais devenus, par la grâce divine, le leitmotiv de tous, y compris de ses plus farouches opposants d’hier.
Conclusion:
Enfin, je ne pense pas avoir rendu l’hommage qu’il mérite au cheikh mais je compte, IN CHA ALLAH, revenir une autre fois sur le sujet avec plus de détails et surtout avec moins d’émotion.
Que ton âme repose en paix, Cheikh NAHNAH et que Dieu te récompense pour tout ce que tu as donnée à l’Algérie en particulier et au monde musulman et arabe en général.

Je souhaite aussi, pour conclure, nous accaparer, ne serait ce qu’en quelques lignes, un espace qui nous permettrait de réhabiliter d’autres personnalités et, pas des moindres, que nous avons bafoué qui, par ignorance ou par partialité nous avons calomnié étant parmi nous.
C’est un précèdent, que nous créerons afin de donner une meilleure image à la démocratie, à la liberté d’expression et qui permettrait, enfin, de redonner à l’objectivité ses lettres de noblesse.

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Un commentaire

  1. Avatar
    Bachir Abderrahmane on

    Si on est conscient nous les respections et les rendre hommage mille et mille fois , mais dans notre continent Algérie , n’oubliez pas de rendre compte de ce qui valeurs individus et valeurs sociales. et attention n’oubliez pas, la solution n’existerait jamais auprès de nos rois et èmirs soifs de valeurs humaines et de droits .

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