Le peuple accuse et refuse toute liberté tronquée ou troquée par un pouvoir qui s’amuse et abuse (III et fin)

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3 – Rendre à la liberté la place qui lui revient !
Il n’y a pas opposition armée – peuple ! Cette confrontation est une confection du pouvoir despotique. Les soldats sont nos fils et les corps d’armée composent notre institution. L’indisposition dont souffre le civil touche le militaire. Ceux qui exploitent la fonction
et l’institution sont partout dans le civil et dans le militaire. Seul l’Etat de droit pourra défendre l’homme et l’institution du jeu des opportunistes.
Les volontaires pour cela ne se comptent pas. Ils ont besoin de la protection de la loi et ses hommes pour empêcher les
dérives probables.
Les oligarques, aux commandes de l’État, fétiche impotent mais conjuratoire, le prennent en otage. Bien qu’il ne soit plus qu’un radeau ballotté par les eaux, avec la complicité de l’opposition, ses pirates font croire qu’ils le maîtrisent, alors qu’en réalité ils le mènent lentement à son agonie imminente.
Nous sommes à la veille d’une période à haut risque. Si les choses vont selon les manèges du pouvoir, elle s’ouvrira, mais alors, avec un fracas de cascades. L’énorme malaise qui mine le pays tout entier, l’autorité ignore et son ampleur et sa complexité. Il est à l’origine des convulsions qui forment la toile de l’actualité. Cependant, il n’est peut-être pas, seulement, le résultat du mécontentement, de l’envie et de la détérioration des conditions socio-économiques
qu’on y dénonce, il n’est pas à écarter qu’il revient aussi au sentiment de frustration morale sur fond politique.
La lâcheté des hommes est à la base de tout amour de la servitude apaisante. De toute soumission volontaire. Celui qui préfère l’oppression est responsable de sa minorité.
Une myriade d’experts et d’analystes, sans complexes, fondaient leurs analyses sur les statistiques truquées livrées par le système, s’évertuaient à dessiner la carte politique dont le régime dresse l’esquisse et où l’opposition n’apparait que bégayante mais absolument contente de sa place au parlement, auprès de la haute sphère. Ils n’ont cessé de présenter, dans la logique du putsch, le peuple comme en dessous de la maturité, déchu, incapable de faire un quelconque choix, ne pouvant épouser ses intérêts allant même jusqu’à les compromettre parfois, … Pas la peine de le prendre en considération : l’opposition officielle a marché dans la combine et tablait sa démarche, non sur sa base, mais sur le quota que le régime lui assignait. Elle savait les résultats pipés à l’avance, mais jouait le jeu et participait au suffrage – j’allais dire le « naufrage ».Leur allégeance renforce leur manque d’expérience et leur pénurie en capital politique et manifeste à tous les niveaux leur handicap politique. Que d’encre coulée et de papier noirci pour tirer sur tout ce qui bouge dans la société. Matin et soir le champ politique est tourné et retourné, mais le Harak n’a pas été décelé. La tension de l’attention n’est pas pérenne.
Si le public tourne davantage le dos aux gens de l’opposition et à ses politiques, c’est aussi à cause de la médiocrité de son personnel politique. Les partis verrouillent la parole une fois l’agrément en main. Seule « la voix de son maître » compte. Le militant doit batailler pour que ses idées arrivent à la bonne oreille. Ceux qui tentent de se faire entendre hors des partis
officiels peinent à émerger. Le Harak a besoin d’acteurs libres, capables de s’ôter des considérations politiciennes. Il est préférable, pour nous, de convaincre, d’aimer le débat et la pluralité des opinions. Du sérieux et de la sérénité. Il s’agit pour nous d’agir en harmonie avec notre nature pour améliorer notre monde. Depuis le 22/02/ 2019, le peuple veut joindre la liberté à l’indépendance. Il veut en jouir ensemble. La force de cette revendication croit et reste aujourd’hui la mieux perçue et la mieux partagée. Elle semble en effet toucher et pénétrer toutes les couches de la société. Par son aptitude à agir en même temps qu’elle réunit, elle n’a concentré toute son énergie qu’en se libérant de tout ce qui est officiel.
Elle a crée dynamiquement un front pacifié, sans menace et sans ombre, qui engage, au-delà de la perception politique locale et régionale, son particularisme dans un dialogue avec l’universalisme. Comme toute révolution, le Harak sera soumis aux aléas de l’histoire : il sera ou
dilué, ou détourné, ou même déplacé, mais il aura amorcé, dans le réel comme dans l’imaginaire, les prémices d’une référence identitaire qui se bâtit, d’elle-même, en permanence, sans Etat, sans Nation, sans expansionnisme d’une quelconque entité sociale, en symbiose avec son héritage. C’est une expérience qui pourrait bien inspirer les sociétés modernes et les langues sauraient lui donner la couleur qui leurs revient.
L’incandescence politique et morale sur fond religieux de ce temps, annonce l’affirmation d’une libération à la fois existentielle et politique. La dimension religieuse qui définit notre identité est
inscrite dans la chair de notre société, c’est ce qui l’élève au rang de sacrée. Nous sommes tous responsables de la beauté de nos croyances et de ceux qui les portent et les vivent au quotidien. Il faut consolider ces passerelles entre le politique vécu et l’ouverture à l’humain universel. La force de l’ensemble de ce rassemblement – le Harak – s’atteste dans son aptitude à rendre compte des apparences les plus variés de la personnalité algérienne sans les réduire.
A l’insu de bon nombre d’observateurs – ceux, surtout, qui fondaient leurs analyses sur les données fournies par le pouvoir illicite – les assises des logiques du statuquo ont connu un bouleversement manifeste et total. Or le chamboulement des logiques initiales est, sans appel,
l’instauration d’une révolution. Si, au moment de sa réalisation, elle est difficilement identifiable- compte tenu de sa contemporanéité-, il s’avère nécessaire de donner du temps pour la décantation des faits dans le but d’une juste appréciation du changement de paradigme dans
toute l’ampleur de sa réalité et de son effectivité. Le Harak est un cumul de peines et de patience, de rêves et d’expérience. Pour ceux qui minimisent le Harak, ils doivent s’attendre à admettre que, pour ce pays, ce rien, c’est plus que tout.Allah nous a crées libres. Renoncer à la liberté, c’est faire le choix de la soumission ! S’IL nous a doté de la raison c’est pour nous affranchir de toute nécessité et tout déterminisme relatif à la
création et pour être maîtres de nos actions. Il nous a créés responsables. Responsables de nos choix. Responsables de nos actes. La liberté est fille de la raison. Plus la raison est saine, droite,
solide, ferme et sage, plus, la liberté exprime l’autonomie, C’est la mort du tuteur, l’anéantissement de la peur – ce don du peuple à son tyran- et la fin de la « minorité ». La liberté nous ouvre de fait sur l’inconnu ; mais face à cet inconnu s’affirme une peur que le lâche
fuit et le courageux affronte.
C’est la liberté qui ôte le souci de survivre. En politique, c’est la liberté qui est mise en jeu, et partant l’exercice de la liberté se fait toujours sur un fond solide
de courage. Les répercussions de l’effort, du risque de l’échec, de la responsabilité en vue de la liberté sont effacées par son premier souffle.
Il ne s’agit nullement de cette liberté destructive et antisociale que le bon sens désavoue et à laquelle personne ne fait allusion ; mais de la liberté responsable capable de rétablir l’indispensable équilibre : arranger la meilleure entente possible entre l’autorité d’une part et
la liberté de l’autre. Le citoyen est à la fois dirigeant et dirigé ; c’est toujours « la dignité de notre nature en face de la puissance dirigeante »… La moindre erreur dans l’évaluation du rapport des deux forces en présence est une fenêtre ouverte sur le chaos.
Il faut bien se donner les moyens de faire entendre la voix de la raison. Nous sommes à l’origine d’un bon nombre de nos maux. Le vécu post indépendance de l’Algérie a laissé notre mental en hyperactivité soutenue, notre esprit harassé, nos émotions dans le trouble et notre corps sans réflexes, fourbu par les excès de fatigue subie au quotidien. Les propos, concernant la politique, les analyses de presse algérienne et étrangères, les dépêches venant de tous les points
d’Algérie et du monde à travers les réseaux sociaux et autres, ont délibérément transformé, ce qui aurait dû être un débat de fond, en polémique sur l’intérêt général du Hirak. Au lieu d’une confrontation libre d’idées et d’orientations, ont assiste à une série rapide et continue d’assauts furieux, sans politesse ni générosité, en règle, contre X, Y et Z. Les instigateurs, dans le cas où ils ne voulaient pas porter préjudice au Harak, espéraient, sans doute, en bénéficier
de quelque avantage populiste.
Toute la jeunesse de l’aube de l’indépendance jusqu’au Harak du moment n’a cessé, au risque de l’instabilité, de questionner la légitimité du pouvoir et de ceux qui l’exercent. La déstabilisation est partie intégrante de la démocratie. N’est-ce pas le peuple qui désigne et qui limoge ? Dans le cadre de la loi, la déstabilisation est émancipation ! Il n’y a pas opposition naturelle entre peuple et Etat. Tout doit être fait pour que la volonté populaire ne soit pas étouffée. Pas de solution pérenne, mais obstinément nouvelle, répondant à l’exigence de la conjoncture. Le peuple est une force essentielle de correction de toute politique sociale. Il faut l’émanciper et en faire un
réservoir de vertus politiques qui garantissent la vraie stabilité.
Les hommes libres, ces têtus d’algériens, que les différentes pressions n’arrivent pas à les ranger et mettre au pas, hostiles au statuquo sont conscients que le système politiquo-économique en place est à l’origine de la mise en péril du tissu social. La société a donc toute la latitude et toute la légitimité pour renverser l’ordre établi, alors injuste, et le remplacer par un autre ordre faisant
prévaloir l’intérêt public à commencer par la promotion des droits sociaux : la liberté, la fraternité, l’égalité, la justice sociale, l’émancipation de la personne, la protection sociale… Cohésion
nationale oblige !
Bien qu’exploitée par le nationalisme pervers, brimée par l’individualisme galopant, éreintée par le duel conservatisme-modernité et assaillie par la mondialisation agressive, cette cohésion nationale, à laquelle le citoyen nature reste attaché, a su réunir, malgré les méandres de l’histoire, les diverses composantes de ce peuple autour de ce qui le préserve. C’est un pari assez rude à tenir, certes, mais bon à méditer car le peuple reste malgré tout l’unique garantie d’un pays mieux géré.
Le passé nous a suffisamment boudés, le présent nous sourit rarement et le futur à l’air inquiétant. Le doute qui ronge la population est au-delà des capacités des autorités actuelles à pouvoir élaborer une feuille de route capable d’asseoir l’Etat de droit tant rêvé. Jamais
le peuple et l’armée ne furent si proches, et, jamais, ils ne furent si éloignés ; la vérité a souvent été ailleurs. Le mensonge est, quant à lui, devenu, chez-nous, une réalité telle que le mirage actuel
de la vérité ne peut combattre. La liberté, la justice, l’égalité et la solidarité alimentent la détermination du Harak à ouvrir le chemin de la vie décente de l’Homme Libre. O ! La superbe dynamique ! Même si toute alternative se trouve diabolisée et bien que tout espoir se
trouve chétivé, sa lueur perce la nuit qui veut le tuer !

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