Salman Rushdi renait de ses cendres

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On discute de l’arabe, on accuse les écoles coraniques d’être à l’origine de la dégradation du niveau scolaire et on engage le débat sur l’islam non pas dans un souci de réflexion dans ce qu’on appelle hypocritement “choc des civilisations” mais dans l’objectif d’une croisée qui ne dit pas son nom.

L’innovation de Madame la ministre présumée servir et l’élève et l’école algérienne n’étant au fait que l’arbre qui cache la forêt et dont les risques sont si grands qu’une telle initiative injustifiée et injustifiable déborderait irrémédiablement, dans une phase ultérieure, sur la religion elle-même si notre laxisme fait qu’elle ne soit pas conséquemment jugulée.

Des risques qu’il  appartient à tout un chacun de les situer dans leur vrai contexte, force est de constater qu’il est désormais clair que la tendance du débat va au-delà de la libre expression d’opinions et des séminaires que le ministère en charge de l’éducation est habitué à tenir chaque année.

Tant, il est inutile de spéculer sur les motifs qui ont présidé à la prise de cette décision qui ne peut être interprétée que comme une provocation non seulement aux Algériens, mais également à leur héritage historique et culturel et une insulte à la mémoire de nos chouhadas.

La politisation du débat est manifeste par le fait même de le situer en dehors du contexte académique qui aurait dû être en principe le sien.

Les supports de Benghebrit parmi les pseudo-penseurs qui s’accommodent très mal des vocables Islam et langue arabe, cachent mal aussi bien leur animosité que leur psychose d’une religion et d’une langue dont l’apport dans ce qu’est l’occident aujourd’hui, de l’aveu même des orientalistes, est certain et indiscutable.

Une religion et une langue qui ont cessé d’être le catalyseur de la société, pourtant fière de sa révolution, de son passé et de son histoire, depuis l’émergence d’une certaine culture assassine de la culture et de la vérité véhiculée au nom justement de la culture et de la vérité.

Une culture sans laquelle, la colonisation de l’Algérie n’aurait pas été possible et c’est justement sur les zouaves d’esprit et de la plume que les militaires français se sont appuyés lors de leur conquête du pays.

Une culture qui fait de notre indépendance une autre forme d’occupation.

Et si beaucoup d’algériens regrettent le départ des militaires français (et pas la cessation de la politique française en Algérie) ,ils le font à juste titre au regard non de la nécessité historique de l’émancipation de l’emprise coloniale mais au vu de l’incidence désastreuse de cette culture sur le pays et le citoyen qui continue à percevoir mal les conséquences de l’indépendance.

Il est évident que “l’algérianité” dont parle Abdou Semmar (1) est devenue ce torchon dont les pseudos intellectuels, acquis à la thèse du colonialisme, essuient leurs fadaises. C’est pourquoi, on parle de l’amour du pays sans pour autant aimer le pays, tout comme on parle de liberté alors qu’on se range du côté des dictatures. On parle de culture, alors qu’on fait dans la perversion de l’esprit.

Les dictateurs eux aussi parlent de sauver les pays de l’obscurantisme islamiste auquel ils substituent un obscurantisme plus raffiné et par voie de conséquence plus insinuant et dangereux, parce qu’ils savent tout simplement s’y prendre alors que les autres non.

Le problème n’est plus ce général qui perpétue les massacres à grande échelle ni ce ministre voleur ou ce responsable moralement pervers qui ne s’embarrasse pas d’harcèlement sexuel, mais plutôt une plume stipendiée et mercenaire dont le seul apport à la nation et à sa culture est cette exécrable apologie du despotisme au nom de la lutte contre l’extrémisme religieux et de la sauvegarde de la république; celle des chantres de l’éradication : Abdou Semmar, Kamel Daoud, Rachid Boujedra, etc. évidemment… mais pas celle de ces indigènes, crasseux et gueux qui dérangent…

Le fait que ceux sont toujours les médias français qui se font les relais de Kamel Daoud et Abou Semmar (comme si du côté de l’Hexagone on tarie de compétences et de talents au point de faire de ces deux individus réputés pour leur inimitié contre tout ce qui est arabe et islamique une référence) instruit sur tout l’intérêt qu’on leur accorde et en dit long sur la tendance du débat quand il s’agit de l’Algérie, de l’arabe et des musulmans.

Mahmoud Hammana
18 août 2015

Référence :

(1) http://rue89.nouvelobs.com/2015/08/02/polemique-lenseignement-algerie-ils-netoufferont-algerianite-260558

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