De la détérioration des rapports entre enseignants et élèves et de la violence dans les établissements scolaires en général

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Les comportements répréhensibles dans nos écoles ne doivent plus être cherchés dans la conduite de cet élève à peine haut comme trois pommes qui se distingue par la consommation du tabac, un fait anodin aujourd’hui mais qui au temps où nous étions élèves relevait de l’irrationnel et de l’inimaginable.

Aujourd’hui, l’élève ne s’impose plus par son travail ni par sa bonne conduite mais fait dans toutes les dérives à l’idée que pour atteindre le progrès il doit nécessairement passer par-là. Une conception de l’avenir inspirée de l’environnement viciée dans lequel il vit que du comportement indigne de beaucoup de professeurs à l’intérieur même des salles de classe qui au lieu de se comporter dignement et sobrement emboîtent le pas à leurs élèves en versant dans leurs caprices. Des enseignants qui en plein cours demandent à leurs élèves s’ils n’ont pas dans leurs cartables de quoi manger ? Ou qui bousculent leurs élèves au point de bâcler leurs devoirs par ce que le match Barça vs Real Madrid par exemple commence dans une heure !

Au temps où nous évoluions, l’atmosphère était tellement saine et sereine que l’idée même que cela arrivera un jour nous semblait un blasphème.

Dans l’école algérienne telle que l’avait conçue Boubaker Benbouzid et actuellement son comparse Benghebrit, le mal n’est plus ce gamin qui s’adonne au tabagisme mais à la drogue tout court. Un comportement que son maître partage malheureusement dans beaucoup de cas avec lui ou cet autre qui au lieu de se comporter avec ses élèves en bon père de famille ne s’embarrasse point de commettre l’adultère, torpillant ainsi la sacralité de l’école. Et il n’y a qu’à se référer aux audiences des tribunaux pour saisir l’ampleur du désastre dans toute sa dimension.

Ce qui s’est produit ce matin, le 14 octobre 2014, dans le technicum Abdelkader El Yajouri à Guemar est une autre démonstration du déclin de nos écoles et où des étrangers ont pu s’introduire la veille pour faire, la nuit durant, des stores des salles de cours des banderoles aux slogans hostiles à l’administration, aux professeurs et au Directeur. Il s’agit d’un fait encore plus grave qui pose la question de la sécurité des établissements publics d’autant plus que des moyens énormes sont déployées pour pourvoir aux insuffisances dans ce cadre et que son siège jouxte le commissariat de police car il n’est pas exclu que complicité il y a.

Ces faits se sont conjugués ce matin avec la rage des élèves qui se sont pris violemment aux professeurs et au Directeur qui a reçu une pierre à la tête, le tout sur fond d’explosions de pétards, causant ainsi la panique des femmes professeurs qui se sont réfugiées dehors fuyant l’enfer qui s’y est brusquement installé et ou les toilettes ont été incendiées par des élèves surexcites.

Le problème n’est pas fondamentalement la délinquance perceptible en dehors des établissements scolaires, mais comment expliquer une telle perversion des mœurs dans des édifices faisant offices de temples du savoir et de la bonne éducation ?

Et c’est justement cet aspect de la délinquance qui nous intéresse et qui préconise plus que jamais qu’on en discute et que des solutions draconiennes soient prises pour juguler ce fléau. Mais il est évident que les innovations de Benbouzid et de l’actuelle ministre de l’éducation n’ont pas pour finalité de rehausser le niveau scolaire au bas de l’échelle des écoles dans le monde mais plutôt tend à combattre les composantes de la personnalité algérienne : l’Islam, la langue arabe et la morale puritaine.

Coïncidant avec les douloureux événements de Ghardaia et la grogne de la police probablement canalisée par un clan du pouvoir contre l’autre, une première en Algérie, cet incident nous incite à poser la question de savoir : Ou en veut arriver le pouvoir et aux profits de qui on alimente sciemment le climat social déjà délétère ? Règlement de compte entre les pans du système ? Ou est-ce une manœuvre de diversion pour détourner l’attention de l’opinion publique sur la vacance probable du pouvoir suite au malaise de Bouteflika et en prévision de sa disparition.

Ce qui se passe aujourd’hui dans nos écoles est la conséquence logique du choix des enseignants et du corps de l’éducation en général. Un choix entaché d’irrégularités et empreint de corruption et de népotisme au détriment de l’avenir de nos générations futures dont, il est évident, personne ne s’en soucie au vue de la réaction de la direction de l’éducation de la wilaya qui, curieusement, n’a pas bronché. Pas plus que le pouvoir convaincu plus que quiconque que la destruction du système éducatif caractérisé par l’instabilité de ses programmes, devenu le terrain de prédilection des luttes au niveau de la hiérarchie et un champ d’expérimentation des idéologies Importées, demeure le plus sûr moyen d’embrigader la société. Force est de constater que nos écoles, nos instituts et nos universités produisent des générations déracinées prédisposées en conséquence à l’asservissement et incapables de relever les défis.

Sinon comment expliquer ce laisser faire dans nos établissements scolaires qui non seulement est préjudiciable à l’avenir des élèves mais qui à long terme détermine un impact destructeur sur le devenir de la nation ?

Mahmoud Hammana
19 octobre 2014

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