Hoggar Institute

Lettre à celle que j'aime

Tribune Libre - Kahil Abdelaziz


Comme disait Victor Hugo, vous n'êtes pas jolie, vous êtes pire. Je demeure persuadé que vous êtes la plus belle, la plus forte, la plus grande. Tous les dénigrements mesquins aussi acharnés soient-ils n'altèreront en rien votre majestueuse stature. Vous êtes sublime et vous me sublimez. Tous les maquillages sophistiqués ne vaudront jamais votre naturel. Vous ne représentez pas seulement la poésie, les fleurs, le rêve mais la vie, toute la vie. J'avoue être un peu jaloux car les prétendants sont légion mais je n'attends rien en retour de mon amour : vous aimer me suffit. Le comble du bonheur est d'être à votre service jour et nuit, vous obéir, me soumettre à vos exigences – et Dieu sait que vous en avez – C'est le prix à payer pour vous aimer, vous approcher, espérer vos faveurs. Je vous dois l'inspiration depuis mon adolescence. Toute ma vie vous avez subjugué mon cœur, façonné mon esprit et influé sur mon langage. Je vous serai d'une fidélité sans faille. D'aucuns souriront de mon propos et se moqueront de cette déclaration de flamme alors que la vieillesse frappe à ma porte; je les excuse ; il ne savent pas que celle que j'aime le vaut bien : c'est la langue arabe.
 
Abdelaziz Kahil
13 novembre 2016