Paris bombe le torse dans la défense du Kurdistan

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Tactique à courte vue: On agite les médias à l’unisson (cf. mon dernier mot) et en espérant que les Français vont tout gober pour oublier les Gilets jaunes, les déficits économiques, financiers, commerciaux, technologiques, sociaux, le chômage et l’inflation masqués par des statisticiens émérites…

Les ministres français des Affaires étrangères et des Armées se fendent d’un communiqué commun. A se rouler par terre de rire.

La Turquie d’Erdogan en tremble de terreur.

1.- Paris déclare : « Dans l’attente d’une cessation de cette offensive, la France a décidé de suspendre tout projet d’exportation vers la Turquie de matériels de guerre susceptibles d’être employés dans le cadre de l’offensive en Syrie. Cette décision est d’effet immédiat »

Il est difficile d’estimer avec l’usage d’une arme pour en préciser son exportabilité.

2.- Jean-Yves Le Drian et Florence Parly précise que le prochain conseil des Affaires étrangères de l’Union européenne, prévu lundi à Luxembourg, « sera l’occasion de coordonner une approche européenne en ce sens ».

Ce projet est vain dans la mesure où :

            2.1.- Il n’existe aucun consensus européen en matière d’exportations d’armes (en dehors d’accords secrets entre exportateurs, sous contrôle américain). C’est la loi du chacun pour soi. Seuls les intérêts comptent et il ne s’agit pas ici d’intérêts nationaux : c’est l’appareil militaro-industriel qui dicte ses priorités. Les gouvernements sont devenus des pions entre les mains des industriels cyniques de la mort.

            2.2.- Il n’existe aucune politique extérieure et de diplomatie communes. Comme espérer convenir d’une attitude commune en matière de guerre et de paix hors de la sphère européenne et, demain, à l’intérieur même de l’Union qui diverge dangereusement.

            Allemands et français ont du mal à boucler un projet militaire commun : celui d’un avion de prochaine génération Et ils ne parviennent pas à s’entendre précisément (entre autres) sur l’exportabilité de cet engin qui a du mal à décoller dans les cartons et les labo de simulation.

            Jusque-là c’est Washington (avec Israël dans les coulisses, pour ce qui est Proche-Orient -et pas seulement-, via ses lobbys en Amérique) qui met de l’ordre dans le bric-à-brac qui tient lieu d’Union Européenne. C’est pourquoi, par exemple, les Pays Baltes, la Hongrie ou la Pologne se gaussent grassement de tout ce qui se décide à Bruxelles en dehors du consensus atlantiste.

Les Français continuent leur papotage à défaut de moyens, de volonté et de stratégie.

Il n’y a que nos ploucs indigènes qui croient pouvoir s’appuyer dessus pour se débarrasser du « système ». Ils feront leur malheur sans égratigner un « système » qui négocie avec Paris et Washington dans leur dos et ils finiront comme d’habitude, le kopek dans l’eau et le reste à l’avenant.

C’est exactement ce qui se joue aujourd’hui en Algérie.

Au lieu de rester coincé dans des délires psychotiques de barricadés ânonnant des histoires à dormir debout écrites et réécrites rive-gauche, droite, à l’INALCO et dans les officines spécialisées dans les coups tordus, ces pieds-nickelés feraient mieux de rejoindre le reste de la communauté nationale qui manifeste pour la préservation de nos richesses nationales que le « système » est en train de négocier avec les transnationales justement pour se maintenir là où il est et là où le peuple algérien ne veut qu’il soit.

Je cite une dépêche du jour : « Traîtres, vous avez vendu le pays », « la loi sur les hydrocarbures à la poubelle », « le peuple refuse cette loi », ont scandé les manifestants aujourd’hui à Alger.

Si cette loi « passe, alors il faudra publier le nom de tous les députés qui l’auront votée pour les juger quand le pays aura retrouvé sa souveraineté », a estimé dimanche Mohamed, la cinquantaine, sous les applaudissements de la foule.

Les exemples catalan, basque, corse, écossais, flamand, ukrainien, arménien… et maintenant kurde ne servent-ils pas de leçon ?

On peut être c… Mais à ce point…

Un dernier mot. Les supplétifs de la Turquie.

Les médias (journaux, radios, TV…) à propos des soldats syriens qui accompagnent les troupes turques dans leur offensive contre les « combattants kurdes pour la liberté » (tu parles Charles !), utilisent tous le même vocabulaire en particulier le qualificatif de « supplétifs ».

Le mot le plus approprié aurait été celui de « harki ». C’est pourtant celui que les Français utilisaient à propos de la guerre d’Algérie. En 1945, c’est celui de « collabo » que la « France Libre » employait avant d’exécuter sans jugement ceux qui étaient accusés d’avoir servi le Reich.

Evidemment, ces « supplétifs » sont honorables d’un côté du Rhin et détestables au-delà. Chacun ses tares.

Il y a cependant une règle universelle : tous les supplétifs sous quelque vocables qu’on les présente, finissent par être trahis et jetés après usage.

Quand on songe à l’état déplorable dans lequel on les a laissé croupir pendant des décennies, avant de les utiliser à nouveau – en donnant l’impression de les honorer- pour réécrire l’histoire…

« Supplétifs » ils sont, supplétifs ils restent.

Ce faisant, les autorités françaises prennent un risque inconsidéré.

Lundi une partie de football décisive opposera à Paris les équipes française et turque.

L’animosité entretenu à propos de ce qui se passe à la frontière syrienne, le tamtam médiatique monocolore orchestré à ce sujet pourrait avoir des conséquences imprévisibles sur le déroulement de cette rencontre et qui devrait demeurer dans les limites du sport.

Dans quelle mesure, – naturellement, personne de sensé ne le souhaiterait- si des désordres devaient en résulter, les autorités françaises ne seraient pas tenues pour indirectement responsables ? Djeha, D. 13 octobre 2019

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