“Footbalisons” la politique en Algérie !

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“La différence entre l’homme politique et l’homme d’Etat est la suivante: le premier pense à la prochaine élection et le second à la prochaine génération.” James Freeman Clarke

Pauvre peuple ! Il marche dans la rue manifestant sa désapprobation afin de destituer le président d’un club de football, Hannachi en l’occurrence ! Alors qu’il reste “quasi-muet” devant un Chef d’Etat, qui a humilié toute la nation et fait courir le pays vers un désastre sans issue.

Faut-il rappeler, encore, à ces hordes passionnées, telles des bataillons dans une guerre, que Bouteflika a participé même à la mort de nos jeunes lors du dernier printemps Berbère. D’ailleurs nous avons fêté cette semaine le 14ème anniversaire de la grande manifestation du 14 juin 2001 à Alger.

Cela dit, Hannachi est une tumeur certes, mais cela reste strictement dans le cadre d’un football-business-spectacle, qui ne fait que divertir le peuple (l’opium de nos jours) et le “zombifier”, pour ne plus distinguer le frivole du sérieux.

Même si sa gestion des affaires du club est chaotique, à en croire ses détracteurs, néanmoins Hannachi ne peut faire, et au mieux, qu’enfoncer la sensibilité d’un “supporteur-fan”, suite aux échecs dudit club. Mais au-delà de cette question passionnelle, il y a la réalité du monde. Très difficile dans un pays comme le nôtre. Hannachi ne peut donner du travail à toute la jeunesse algérienne, ni lui donner des logements, ni, pour résumer, une vie descente. Mais cela relève des prérogatives d’un Chef d’Etat. Il faut savoir que c’est ce dernier, non pas Hannachi, qui peut être la cause d’un vrai changement et du développement économique de l’Algérie.

Pour ceux qui voient en la JSK un club qui représente un combat identitaire, alors je leur dis que cette époque où la JSK jouait en nom des kabyles est révolue. D’ailleurs, même le FC Barcelone, avec sa portée planétaire, n’a pas vraiment aidé les catalans dans leurs visées politiques et autonomistes. Car le sport reste du spectacle et personne ne le prend au sérieux une fois le rideau est tombé.

Il faut rappeler, au passage, que nous sommes, nous les kabyles, juste une composante du peuple berbère. Dire que les Kabyles sont l’avant-garde du combat identitaire berbère est une fumisterie, qui, au mieux, ridiculise ses tenants.

Par ailleurs, vous avez remarqué, sans doute, que cette année le championnat algérien de football était très serré et le titre était joué par les 16 clubs que compte ledit championnat. Cependant, en faisant un parallèle avec ce qui se passe en politique, on peut constater un contraste énorme. Dans les formations politiques, on n’observe aucune réelle compétition au sein des partis. “Le chef est toujours le chef” et la bataille se gagne toujours dans des coulisses plus ou moins dégradantes. Pas le moindre suspens comme c’était le cas au football algérien cette année.

Je tiens à préciser, quand-même, que le championnat algérien de football est loin d’être une fierté nationale, au contraire. Les clubs changent les entraîneurs à un rythme inédit dans les annales. Trois à cinq par an. Ceci ressemble plutôt à la politique du gouvernement algérien, où le Chef d’Etat change ses ministres comme il change ses chaises roulantes, mais pour ne rien apporter comme bien au final.

Bref, il serait plus commode de recommander à nos politiques de regarder ce qui se passe dans le domaine sportif et voir s’ils ne peuvent pas imiter, du moins, son côté incertain lors de leurs cours aux commandes des partis politiques.

Je ne parle pas du Chef d’Etat, car son cas, pas physiquement parlant, est très clair, sauf pour celui qui ne veut pas voir. Il faut aller directement et dire clair et net que gouverner un pays en restant sur une chaise roulante et parler avec un amplificateur de son, pour que sa parole soit à peine audible, relève d’une humiliation de tout un peuple.

Que ces gens, qui manifestent à Tizi ou ailleurs pour des raisons ridicules, par rapport aux enjeux actuels, comprennent une chose: regarder uniquement le bout de son nez n’a jamais fait avancer les causes d’un peuple qui aspire à se libérer du joug.

Pour simplifier les choses; il y a un ordre des priorités que le simple citoyen doit, oui je précise que c’est un devoir avant tout, concevoir dans son approche d’appartenance à un groupe, même si hétérogène, qu’on peut appeler nation.

Pour en finir, il faut que ces gens comprennent qu’ils ne peuvent être des citoyens actifs à travers le sport et ses querelles, Hannachi en est juste un exemple parmi tant d’autres. Mais cela passe par, entre autres, des canaux politiques et associatifs.

Cependant, si le football pousse les gens à agir et demander des changements, alors “footbalisons” la politique algérienne et réglons ainsi, une fois pour toute, nos problèmes avec nos politiques, Bouteflika à leur tête.

Nabil de S’Biha
23 juin 2015

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