Le régime dans tous ses états policiers

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Manifestement, la police n’a pas à manifester dans un état de droit comme l’Algiré, et cela pour deux raisons au moins. D’abord, il est formellement interdit de manifester dans la capitale, et cela vaut pour tout le monde, que l’on soit simple citoyen ou bien citoyen simple. Ensuite quelles images allons-nous renvoyer au monde si, au lieu de faire son « travail » et aller tabasser les vieilles mères des disparus, notre police se mettait à battre le pavé comme un vulgaire syndicat estudiantin ?

Combien étaient-ils au rassemblement près de la Présidence ? Les chiffres varient comme d’habitude suivant les sources, mais on a quand même une estimation toute algérienne : ils étaient quelques 500 milles personnes selon la police, et 500 selon… la police. Quelques âmes charitables ont cru un moment que les manifestants allaient faire tomber les grilles du Palais, défoncer les portes des bureaux de Boutef et ses frères, et montrer au monde les montagnes de bijoux rares qui s’y trouvent et les tonnes d’argent qui y pourrissent, mais on s’est vite rendu à l’évidence : un Etat policier ne peut pas être renversé par sa police.

Que voulaient les policiers ? Certains voulaient plus d’argent, car malgré les apparences, les policiers ne tabassent pas des innocents pour le plaisir. Non, ils le font pour de l’argent, et lorsque le travail est bien fait, comme c’est le cas, il est naturel que les salaires s’en ressentent. D’autres voulaient des bâtons plus longs, arguant qu’ils ne peuvent plus supporter l’odeur populaire qui les envahit lorsqu’ils doivent bastonner les masses avec une courte matraque de 30 cm. D’autres encore voulaient qu’on débarque leur bien portant boss Hamel, mais ce dernier, comme son nom l’indique, s’est perdu quelque part et il faut d’abord que Boutef le retrouve avant de pouvoir le virer, c’est la moindre des politesses. Mais on croit savoir que si la pression policière devenait trop forte, Hamel pourrait est balancé du navire et servir ainsi de bouc commissaire.

Aux dernières nouvelles, le gouvernement se déclare d’accord avec l’ensemble des revendications policières. Par pure tautologie, on devrait donc s’attendre à ce que le gouvernement au complet descende dans la rue pour protester. Il lui reste juste à trouver contre qui manifester. Certains suggèrent qu’il le fasse contre ce peuple ingrat et déloyal. Inimaginable ? Peut-être, comme est inimaginable qu’un cercueil roulant puisse naturellement gouverner 40 millions d’âmes…

Mounir Sahraoui
20 octobre 2014

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