L’abus de pouvoir : une marque de fabrique du régime algérien

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La fête de l’indépendance nationale est marquée cette année par un incident grave. En effet, lors de la célébration du 52eme anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale, le wali de Bordj Bou Arreridj s’en prend violemment au député du FFS, Abdelhamid Abbas. Pour rappel, lors de cette rencontre, ce dernier interpelle le commis de l’Etat –dont la mission est de servir l’intérêt du peuple et d’apporter des réponses aux préoccupations des citoyens –sur les blocages inhérents à la rénovation du centre culturel de la ville de Bordj Bou Arreridj. Au lieu de rassurer son interlocuteur et des citoyens, qui lui ont donné un mandat électif pour les représenter, sur les causes ayant engendré ce retard, le wali réagit violemment.

De toute évidence, bien que l’invective ne déshonore que son auteur, cette attitude du wali nous renseigne aussi sur la nature violente du régime. En fait, à chaque fois que le citoyen tente de s’immiscer dans la conduite des affaires de son pays, il est vite remis à sa place. De quelle manière ? Généralement, de la façon la plus brutale et la plus humiliante. Ainsi, depuis l’accession du pays à l’indépendance –le peuple algérien mérite des responsables respectueux et issus de sa volonté pour avoir payé un lourd tribut pour sa libération –, le régime ne rend de compte à personne. Dans ces conditions, chaque interpellation de citoyens ou d’élus est tout bonnement rabrouée. Donnent-ils un exemple pour que les citoyens craignent les agissements des responsables inamovibles ? Tout porte à croire que c’est la procédure prisée des dirigeants.

Quoi qu’il en soit, ce comportement ne date pas d’aujourd’hui. De son côté, le FFS a toujours dénoncé ces excès de zèle. D’ailleurs, aussitôt l’information est parvenue à la direction du FFS, le premier secrétaire par intérim, Youcef Aouchiche, publie, sur le site du parti, une déclaration dans laquelle il condamne sans ambages la brutalité du wali de Bordj Bou Arreridj. En outre, selon lui, « ces comportement inacceptables fragilisent davantage les institutions élues et éloignent de plus en plus les représentants de l’Etat de la population qu’ils sont sensés servir. »

En guise de conclusion, il est évident que ces comportements abusifs nuisent à l’image du pays et augmentent, par la même occasion, le fossé déjà très grand séparant les gouvernants des gouvernés. Faut-il pour autant se décourager ? Au contraire, c’est en présence de ces agissements qu’il faut davantage se mobiliser. Et c’est aussi dans cette campagne de mobilisation que le FFS doit être soutenu par les forces vives de la nation pour l’instauration d’une  République irréprochable, digne des promesses de novembre 1954.

Boubekeur Ait Benali
11 juillet 2014

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