L’agression du pouvoir par les chiffres

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La manifestation pacifique organisée par la coordination nationale pour le changement et la démocratie a mobilisé, selon la presse près de 2000 personnes. Toujours, selon les moyens de communication, le pouvoir a mobilisé, au moins, 25000 policiers.

Selon ces données chiffrées, il y a une grande disproportion entre les manifestants et les forces mobilisées par le pouvoir. Selon ces chiffres, il y a, au moins, 12 policiers pour un manifestant. Ceci constitue une agression en règle contre des Algériens paisibles, car ils n’étaient pas armés, contrairement aux policiers qui étaient armés de matraques.

Cette réalité des faits prouve que le pouvoir est prêt à mobiliser tous les moyens disponibles pour réprimer les Algériens paisibles et pacifiques, au lieu de les mobiliser pour lutter contre la criminalité. Contre les criminels, en cols blancs, le pouvoir est tolérant. Les procès les anciens dirigeants de Sonatrach et autres crimes financiers, y compris l’assassinat de l’ancien DG de la police, Tounsi, suivent des chemins tortueux ou sont encore gelés dans les tiroirs. C’est dire que ce système de pouvoir est plus rapide pour réprimer des Algériens paisibles et pacifiques que de juger les criminels.

Le pouvoir, pour légitimer son agression contre les Algériens paisibles et pacifiques, a fait savoir par ses portes parole que la manifestation pacifique et paisible est interdite sans préciser l’article de loi sur lequel il se base pour prononcer l’interdiction.

Selon les comptes rendus de la presse, c’est le DRAG ou le DRAL de la wilaya d’Alger qui a notifié l’interdiction, alors que la loi ne lui donne aucun pouvoir pour cela. De ce fait, l’interdiction notifiée est illégale, car le GRAG a usurpé un pouvoir qui n’est pas le sien. Qui lui a ordonné de signer une telle décision d’interdiction ?

Bien plus, la coordination nationale aurait dû saisir, en référé, le Conseil d’état pour l’illégalité de la décision et donc l’annuler. Mais les responsables de la coordination semblent être non aguerris encore pour les luttes pacifiques et légales.

En troisième lieu, il y a lieu, de connaître le responsable de toute cette mobilisation des forces de police. Selon le code de la wilaya, c’est le wali d’Alger qui a le pouvoir d’appeler au renfort, en cas de graves perturbations de l’ordre et la sécurité publique. Or, il n’y avait pas cela. D’où la précision de la fonction de celui qui a mobilisé toute cette force contre des Algériens paisibles et pacifiques. Le pouvoir, par cette agression, en violation des lois écrites édictées par ce même pouvoir, a violé ses propres lois pour agresser des Algériens et porter atteinte leur dignité, comme si ils étaient des délinquants ou des criminels pris en flagrant.

Des députés, jouissant de l’immunité parlementaire garantie par la constitution ont été agressés et leur liberté réduite, etc.…Tout cela indique, que le pouvoir, pris de panique, vivant la peur jusqu’à ses entrailles, après la chute de deux dictateurs, veut prendre des mesures préventives. Mais il s’est trompé et a pris des mesures agressives et illégales.

Des poursuites judiciaires doivent être entreprises contre tous ceux qui ont violé les lois et agressé des Algériens paisibles et pacifiques. Comme le précise bien les articles 41, 42 et 43 du code pénal, c’est-à-dire les commanditaires, les exécutants et les complices de tels actes.

Le combat pacifique pour le changement démocratique doit être mené sur tous les fronts. Après la grande victoire du 12 février 2011 qui a mis à nu le pouvoir, qui a montré sa véritable nature, souvent cachée et inconnu du grand public et de l’opinion internationale, il faut changer le champ de bataille et quitter la place publique pour assiéger les tribunaux par le dépôt de plaintes contre les commanditaires, les exécutants et les complices d’une telle agression et ceux qui ont violé les lois pour interdire une manifestation pacifique, car c’est la décision illégale d’interdire la marche qui a servi d’alibi au pouvoir pour agresser des Algériens paisibles et pacifiques.

Comme la coordination nationale est composée de personnes morales ayant une existence juridique légale, il est du droit et du devoir de chaque organisation de déposer des plaintes contre les commanditaires, les exécutants et les complices de telles violations et agressions et de se constituer partie civile et demander les dommages et les réparations.

Cette nouvelle bataille sur un autre champ doit être menée avec finesse pour mettre à nu le pouvoir et sa justice aux ordres.

D’autres champs de batailles doivent être ouverts pour que l’initiative reste entre les mains du peuple algérien et contrecarrer les agressions futures du pouvoir et ses acolytes ou “baltagyaa”, comme les appellent les Egyptiens, qui ont su garder l’initiative et contraint le pouvoir à battre en retraite, car il était acculé à ses derniers retranchements.

Le pouvoir est du passé. L’avenir appartient aux Algériens qui vont se battre et refusent de se résigner ou devenir des délinquants, la culture préférée du pouvoir qui a interdit aux Algériens l’initiation à l’action civique et les pousse à l’action criminelle.

Le pouvoir est nu en agressant des manifestants paisibles et pacifiques. Il a montré toute son hypocrisie enrobée dans la charte de la paix et de la réconciliation nationale. Le pouvoir a montré qu’il est toujours agressif et qu’il ne veut pas se réconcilier avec le peuple algérien, son ennemi de toujours.

L’assemblée nationale sera le prochain champ de bataille, où le ministre de l’intérieur doit être interpellé sur ces violations de la loi et sur cette agression injustifiée d’Algériens paisibles et pacifiques. La demande de sa démission doit être exigée. Il faut sortir des méthodes infantiles, qui n’ont donné de résultats à ce jour, pour opter pour de véritables méthodes révolutionnaires inédites, donc neuves et créatrices. Elles seront plus efficaces et efficientes.

Maamar Boudersa
12 février 2011

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