Les élites ont peur du soulèvement insurrectionnel

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Une atmosphère très lourde s’est emparée de l’Algérie depuis la fuite de Benali, la chute du régime tunisien, et la débâcle de la famille régnante. L’immolation d’un jeune tunisien a provoqué un mouvement insurrectionnel surprenant pour ceux qui ne connaissaient pas les tréfonds de la rancœur populaire contre la dictature.

Une nouvelle tempête d’espoir a soufflé immédiatement dans le cœur des peuples opprimés de toute l’Afrique du Nord. En moins d’une semaine, les tentatives d’immolations se succèdent comme autant de signaux de déclenchement d’insurrection populaire en Algérie, Egypte, Mauritanie, …

Mais les élites tardent à réagir à ces messages désespérés. En Algérie une vraie panique s’est emparée de toutes les élites qui se sont embourgeoisées au contact du pouvoir corrompu et corrupteur.

Les élites savent bien ce que veut dire un soulèvement populaire insurrectionnel. La remise en cause des biens mal acquis, et des situations politiques, économiques et sociales usurpées.

Lorsque les islamistes avaient manifesté leur volonté de renverser le régime par la voie des urnes en 1990, sous la bannière du FIS, les élites s’étaient rangées derrière les chars de l’armée pour soutenir le pouvoir, quelque soit le prix à payer.

Aujourd’hui les islamistes et leur idéologie ne représentent plus une menace ni en Algérie, ni en Afrique du Nord. Mais les élites corrompues ont toujours peur pour leurs acquis. Ils appréhendent l’attitude de l’armée qui peut, comme en Tunisie, refuser de réprimer les manifestants.

Plus rien n’empêcherait alors les hordes d’affamés et de revanchards de s’attaquer aux quartiers résidentiels et aux commerces pour les piller et les brûler, comme ils l’ont fait dans les villas luxueuses de Hammamet.

Les clans d’Oujda et du DRS, des barons du FLN et de l’armée, usant et abusant de la corruption et du clientélisme, ont complètement dénaturé les rapports économiques et sociaux. La rapine, la tchipa et l’opportunisme sont devenus les règles de la réussite sociale au détriment des valeurs travail et entrepreneuriales.

Les syndicalistes de l’UGTA sont devenus des symboles d’apparatchiks corrompus, à l’image de Sidi Said.

Même une profession aussi noble que celle des avocats s’est odieusement embourgeoisée et oublie ses obligations morales, comme l’a déclaré récemment ce bâtonnier qui refuse de défendre gratuitement des émeutiers.

Le commun des algériens sait ce qui s’est passé dans ce pays et comment les uns et les autres se sont enrichis légalement ou illégalement.

Le régime algérien est à bout de souffle et a atteint sa limite d’âge.

Soit les élites politiques et sociales encore saines prennent le leadership responsable d’une insurrection populaire qui gronde, comme tente de le faire avec lucidité et courage Said Sadi.

Soit nous allons droit vers des actes d’agression, d’auto-défense et de chaos généralisé. C’est le but iconoclaste recherché par les forces visibles ou occultes qui ont verrouillé tous les champs politiques, économiques, sociaux et culturels.

Les actes désespérés d’immolation et les émeutiers somment les élites de choisir entre défendre leur retraite dorée et leurs villas, ou défendre une Nation et ses institutions.

Saâd Lounès
20 janvier 2011

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4 commentaires

  1. Avatar

    bonjour,
    votre analyse,monsieur,parait des plus correcte,mais
    franchement je ne comprend pas votre choix de S.S.
    en d’autres termes le diagnostique est bon,mais le remede des plus inaproprié,voire des plus pervers.

  2. Avatar

    Selon Wikileaks, Said Saidi s’en est allé se plaidre de corruption et de dictature à….Toufik.
    Si c’est ca la lucidité, alors bon courage les gars…

    Hier c’etait les ambitions presidentielles du general genocidaire Lamari, aujourd’hui c’est la lucidité et le courage de Sadi, le valet de Toufik…Ya si Lounés, arrete de nous prendre pour des c…

    Si Tchad

  3. Avatar

    “Soit les élites politiques et sociales encore saines prennent le leadership responsable d’une insurrection populaire qui gronde, comme tente de le faire avec lucidité et courage Said Sadi”. en un mot: Récupération . En vous lisant attentivement vous donnez plus a croire ” tous pourris ” plutôt tous corrompus et on apprend qu’il y a des élites ( je n’aime pas du tout ce mot d’élite c’est presque un pléonasme de corrompu dans le Maghreb).
    “Soit nous allons droit vers des actes d’agression, d’auto-défense et de chaos généralisé. C’est le but iconoclaste recherché par les forces visibles ou occultes qui ont verrouillé tous les champs politiques, économiques, sociaux et culturels”. Analyse simpliste et relation de cause a effet tirée par les poils de la barbe…
    Quand au but iconoclaste … Évitez nous ce genre de semonce car pourquoi pas iconoclaste ? Dans le sens que ces traditions bien ancrées de régime corrompu et d ‘apparatchik aux dents longues sont ceux que vous dénoncez .. ou je me trompe .Puisque vous donnez l ‘exemple de la Tunisie , c’est une révolution populaire alors les élites vous pouvez les sommer tant que vous voulez , vous parlez le même langage , vous agitez la bannière de la peur sur le tempo du catastrophisme . Dommage.