Après une interruption momentanée « SOCIALGERIE » de nouveau en ligne

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A mes ami(e)s, camarades et visiteurs du site,

Une raison majeure de santé, survenue à la fin mars, a interrompu les mises en ligne sur le site durant deux longs mois. Ainsi sont restés en suspens d’intéressants matériaux, échanges et commentaires déjà prêts à la publication.

L’essentiel aujourd’hui est qu’après deux mois et demi d’interventions chirurgicales, réadaptation cardiaque et soins complémentaires, ma convalescence se poursuit dans des conditions pratiques suffisantes.

Je suis donc heureux de vous annoncer la relance progressive du site « SOCIALGERIE » sur des bases consolidées.

Je veux d’abord exprimer mes regrets et mes excuses à la plupart d’entre vous, pour avoir longtemps tardé à vous donner directement de mes nouvelles.

Ce n’est pas faute d’avoir compris les attentes et les inquiétudes qui se sont exprimées dès l’annonce de mon hospitalisation. Mais des raisons objectives, liées à l’urgence de la décision ont perturbé sérieusement la préparation de mesures pratiques pour assurer l’information en mon absence.

L’intervention cardiaque a été parfaitement réussie, mais une phlébite inattendue a prolongé les hospitalisations et les soins prévus auparavant pour moins d’un mois.

L’épreuve a été lourde y compris pour la santé de mon épouse venue m’assister dans les conditions compliquées de son séjour parisien

Je remercie infiniment tous ceux qui durant cette période difficile pour moi et mes proches, m’ont assuré de leur affectueuse sympathie et parfois d’un appui matériel précieux qui a allégé nos problèmes.

Cher(e)s ami(e)s et visiteurs du site,

Depuis peu, j’ai pris connaissance, rapidement mais avec émotion, de centaines de messages accumulés dans ma boîte de réception « internet » ou sur des répondeurs téléphoniques. (Ces derniers en général n’ont pas fonctionné correctement)

Chacun de vos messages et salutations ont été et sont encore pour moi d’un réconfort profond. Vos vœux n’exprimaient pas seulement des sentiments personnels d’amitié et d’estime réciproques. Ils étaient aussi portés par les luttes, les souffrances, et les espoirs communs qui ont marqué nos vies et le parcours tumultueux et tragique d’un peuple aspirant à une vie digne à hauteur des sacrifices consentis. Ces sentiments chaleureux et solidaires ont renouvelé et raffermi mon regard rétrospectif sur le destin de notre peuple et le sens de ses luttes.

Ainsi, en émergeant de nouveau à la vie sociale et à la vie tout court, j’ai pris connaissance dans leurs grandes lignes des hauts et des bas qui ont marqué ces deux derniers mois la conjoncture internationale et nationale.

Quoi de nouveau aujourd’hui ?

Je me suis rendu compte que malgré la nouveauté et la diversité de ces évènements, certains plus sensationnels que d’autres, ils restent tous liés, comme par le passé, aux questionnements permanents et fondamentaux qui hantent nos compatriotes quant à leur devenir proche et lointain. Les réponses à ces questions restent contradictoires en fonction des divers milieux et surtout de la complexité où s’est retrouvée plongée l’Algérie avec le reste du monde.

D’un côté, partout des milieux dirigeants et leurs relais dans la société ourdissent des diversions « identitaires » et des artifices médiatiques, allument des passions pour les manipuler et tenter d’écarter la majorité des Algérien(ne)s de leurs besoins et préoccupations vitales et de la recherche en commun de solutions radicales. Alors que le système capitaliste a montré partout sa nature antihumaine et destructrice sous les dehors faussement attrayants des avancées technologiques, tout est fait par les maîtres actuels du monde pour enfoncer les gens opprimés, appauvris et désemparés dans des illusions stériles.

En même temps, il m’a semblé que si jusqu’ici les analyses des milieux honnêtes et sincèrement patriotiques s’arrêtaient le plus souvent à des constats évidents et largement partagés, incitant à un pessimisme souvent improductif, de plus en plus leurs réflexions prennent un tour aussi offensif que constructif, ils s’écartent des lieux communs, des tabous et des conformismes paralysants qui ont marqué le système politique algérien depuis l’indépendance jusque dans des milieux d’opposition.

Plus généralement, on passe de plus en plus des dénonciations verbales ou rebellions de façade à la quête sérieuse, en actes et en paroles, du « comment agir » pour faire avancer et imposer une alternative crédible de transition démocratique et d’édification nationale.

C’est pourquoi « SOCIALGERIE » poursuivra, comptant sur cette vague de prises de conscience et sur les contributions les plus larges possibles, sa vocation d’information et d’échanges à travers les documents historiques, les évènements et les témoignages d’un passé récent ou plus ancien.

Au-delà des différences normales d’appréciation entre courants de progrès, il s’agit d’éclairer pour l’action unie, massive et pacifique, les questions vitales toujours présentes.

Car seule l’action et la pression de plus en plus conscientes du peuple profond et des élites saines civiles et militaires créeront les conditions d’une alternative à l’impasse actuelle. Et quand on parle d’alternative radicale, il s’agit d’efforts de longue haleine et de luttes quotidiennes, à ne pas confondre avec les pseudo-solutions qui promettent des changements de fond en comble “ici et maintenant” par la seule vertu de renversements de personnels dirigeants ou de promesses démagogiques.

Sortir de l’impasse, avec les autres peuples du monde

L’impasse qui a frappé l’Algérie de sa malédiction a une raison fondamentale. Celle-ci remonte à loin dans le temps, depuis l’indépendance ou même avant. Elle n’est pas liée au seul poids, pourtant déterminant, des chaînes impérialistes qui ont enserré nos pays.

La raison de l’impasse réside, consciemment pour certains milieux nationaux, inconsciemment chez d’autres, dans les réticences ou les refus, de la plupart des groupes sociaux et politiques à agir ensemble autour d’objectifs concrets petits ou grands, alors que de toute évidence ces objectifs communs sont réalistes, rassembleurs et mobilisateurs. Mais la plupart des acteurs même de bonne foi, en prétextant des divergences doctrinales ou des contentieux secondaires, ont cru devoir ou pouvoir réaliser ces objectifs seuls, agrippés à des positions hégémonistes, à l’exclusion et au détriment des autres forces vives du pays partageant les mêmes besoins et aspirations concrètes et morales sous des habits idéologiques différents.

On en mesure les résultats.

Il ne faut pas aller chercher plus loin les causes de la désaffection de l’opinion envers tout ce qui est politique (converti en vulgaires mœurs politiciennes) et la perte de crédit ou la déstabilisation de partis nationaux qui jouissaient d’une forte crédibilité au départ.

La déception populaire a été immense et seule dans les faits une remise en cause et une revalorisation progressive des orientations et pratiques politiques seront en mesure de créer un élan salutaire.

Les objectifs communs existent

Les courants existent dans les formations et mouvements présents et à venir, qui sont capables, en appui sur les aspirations populaires, d’animer des centaines de comités d’action populaires à la base, formels ou informels, pour faire aboutir les objectifs légitimes communs et diversifiés des habitants de l’Algérie profonde. Ces courants sont ainsi capables à travers les actions multiformes et légitimes d’éclairer ensemble et d’opérer cette révolution dans les mœurs politiques et d’isoler les groupes aveuglés par une vision étriquée des problèmes de pouvoir et d’étroits intérêts financiers et claniques.

Sortir de cette myopie politique est pour les acteurs de bonne volonté la seule façon d’ouvrir la voie à une Algérie libre et prospère : celle où la justice sociale sera appuyée sur une économie productive, des pratiques démocratiques et un élan culturel pluraliste dignes des potentialités révélées dans le passé par l’Algérie.

A l’écoute des sensibilités nationales et idéologiques tournées vers l’unité d’action et les changements radicaux pacifiques, « SOCIALGERIE » continuera ses efforts pour faire connaître en particulier les expériences heureuses ou malheureuses du mouvement social et politique algérien, notamment ouvrier et communiste, la plupart du temps méconnues des jeunes générations.

L’histoire dément les visions fatalistes

Avec la détérioration croissante des problèmes posés à l’Algérie, le risque peut être grand de sombrer dans le pessimisme absolu, de douter de la possibilité d’opérer un tournant par les voies de luttes pacifiques et néanmoins radicales.

C’est le moment de rappeler qu’en dépit des apparences, mille exemples chez nous et dans le monde indiquent que le vrai moteur des évolutions n’est pas la force armée en elle-même ou les intrigues de palais, mais les facteurs politiques et de société sous-jacents y compris dans les cas où les armes et les manipulations de pouvoir ont pris de l’importance.

Fondamentalement et pour l’essentiel, même l’indépendance de l’Algérie n’a pas été, en dépit de la contribution héroïque et décisive des combattants algériens, le résultat d’une victoire militaire classique sur le colossal appareil militaire et policier colonialiste.

Cette victoire historique, incluant la composante importante des fronts de guérilla, a été le fruit d’un déploiement politique et moral d’un peuple entier, qui a mis le colonialisme français à genoux au plan stratégique dans son propre pays et sur la scène internationale.

Des décennies de luttes pacifiques diversifiées (économiques, sociales, démocratiques et culturelles) avaient préparé l’assaut frontal multiforme des années cinquante, qui, face à l’intransigeance coloniale, a dû s’exprimer aussi par les armes.

C’est un autre enseignement précieux que celui qui nous est venu dernièrement des « Flotilles de la Paix » contre le blocus de Gaza. Elles aussi ont été le résultat de longs et patients efforts politiques palestiniens et internationaux depuis des années. L’initiative pacifique mais courageuse et résolue a précipité l’isolement politique et moral mondial des colonialistes d’Israël et d’une stratégie fondée sur l’arrogance armée et policière qui s’était longtemps crue intouchable. La voie est de plus en plus ouverte à ce genre d’initiatives multiformes, populaires et étatiques, que les citoyens renforceront en appuyant les mouvements de pétitions qui appellent à l’intervention directe de l’ONU.

Si l’on voulait conclure par une note anecdotique, l’Algérie n’est-elle pas à l’image de son équipe nationale de foot ? Capable de se faire humilier par une équipe de moyenne envergure mais aussi de mettre en échec l’une des meilleures formations mondiales. Le fond de l’affaire n’est pas si anecdotique. Les artisans de cet exploit dans une minime partie des effectifs sportifs algériens, ne se sont pas contentés comme beaucoup d’implorer un miracle « inch’allah ou b’rabbi n’djibouha » ! Ils ont travaillé dur et avec intelligence pour construire une équipe cohérente et motivée. Alors se pose la question redoutable à laquelle aucun(e) Algérien(ne) conscient(e) ne peut échapper : Pourquoi tant d’efforts justifiés, concentrés sur une équipe footballistique, ne seraient-ils pas déployés sur tous les fronts et chantiers en friche du pays, économiques, politiques, sociaux et culturels ?

Par delà les limites et le sort de chaque individu ou groupe isolé, les cœurs du peuple algérien dans son ensemble ainsi que ceux des peuples du monde entier, continuent à battre pour la liberté, la justice et le mieux être.

Il suffit seulement qu’ils battent aux rythmes de la raison, de l’unité et de la solidarité entre ceux qui aspirent à la paix, la sécurité, l’Etat de droit, les droits de l’Homme, la justice et la prospérité partagées.

Sadek Hadjerès
15 juin 2010

Source : www.socialgerie.net

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Un commentaire

  1. pessimisme ou réalisme
    L’exemple de l’équipe national illustre parfaitement les déboires que nous connaissons.Le Onze National a su tenir en échec un “favori N°1” lorsque les onze,ont décidé de se battre,volontairement soudés et unis. Cela c’est le peuple lorsqu’il veut. Le problème du manque de réussite est dû à la direction qui n’a pas su canaliser cette volonté farouche de se battre. Cela c’est notre Pouvoir.

    Individuellement nos joueurs sont magnifiques;leur niveau est au top.Ils sont comme nos cadres, nos travailleurs,nos jeunes, nos chercheurs, capables tous de prouesses.

    Désemparés par l’absence de volonté politique, le manque d’imagination et le mépris affiché à leur encontre, ils deviennent des pantins désarticulés gaspillant leur énergie comme des électrons libres excités.

    Un peuple jeune, riche de plus de 1 200 000 étudiants en Université,probablement presque autant formés, avec plus de 150 milliards de dollars de réserve de change vit dans la misère et assiste impassible à la dilapidation de ses richesses,muselé et tenu en laisse par la terreur semée par un appareil militaro- policier sur- dimensionné.

    Un programme quinquennal de 286 Milliards de dollars qui se résume à un programme de construction d’infrastructure qui permettra de faire profiter seulement les entreprises de réalisation mais qui coutera aux générations à venir en couts d’entretien. En somme réaliser des coquilles vides.

    Une Université de deux million de place pédagogiques et le chômage en fin de cursus: où est le développement.

    Le développement n’est pas une collection d’écoles, de lycées, d’universités, d’autoroutes. C’est la capacité de produire des richesses et d’accumuler du capital pour les générations à venir envers lesquelles nous sommes redevables.

    Dans dix quinze années que restera-t-il des réserves de pétrole, de change? Rien! Au contraire nous leur laisserons des infrastructures qui ne serviront à rien. Bien au contraire elles seront lourdes à entretenir